Le Baptême en Questions – #1 Définition des positions débattues

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Il est temps d’ouvrir le débat ! 🙂

Pédobaptisme… Crédobaptisme…  Mais qu’entend t-on exactement par là ? Quelques précisions s’imposent.

 

Présentation du pédobaptisme (Alexandre Sarran)

Un point commun entre Jean Calvin, Jonathan Edwards, C.S. Lewis et Tim Keller ? Ce sont tous des théologiens profondément attachés à l’autorité et à l’infaillibilité de la Bible. Mais ce sont aussi des pédobaptistes : pour eux, le baptême n’est pas réservé exclusivement aux personnes ayant au préalable professé volontairement la foi chrétienne, mais il est destiné aussi, en certains cas, aux enfants, y compris aux nourrissons.

C’est une position très mal comprise dans le monde évangélique français, où le baptême des nourrissons est assimilé au catholicisme romain et au protestantisme libéral.

La réalité, c’est que d’immenses branches du protestantisme évangélique, dans l’histoire et dans le monde, ont eu (et continuent d’avoir) pour conviction qu’il faut administrer le baptême à tous ceux qui appartiennent au peuple visible de Dieu, qu’ils y entrent en tant qu’adultes ou en tant qu’enfants.

Les pédobaptistes évangéliques croient que les enfants font partie de l’Église visible, dans la mesure où ils appartiennent à un foyer authentiquement chrétien et ne rejettent pas les promesses de Dieu adressées à son peuple. Le baptême d’eau ne sauve personne, ni ne présume le salut de quiconque, mais il est simplement le signe qui accompagne et atteste ces promesses.

 

Présentation du crédobaptisme (Guillaume Bourin)

Les églises évangéliques francophones sont, dans leur écrasante majorité, des églises professantes : le baptême y est pratiqué par immersion, et est précédé de la profession de foi du baptisé. En théologie de l’église (ecclésiologie), on nomme cette position crédobaptisme.

Je ne vais pas m’étendre sur la longue liste de héros de la foi qui ont adhéré et adhèrent encore à cette approche, et je ne serai donc pas exhaustif en citant :

  • Charles Spurgeon et John Bunyan pour les pasteurs, William Carey (le “père des missions modernes“) et Adoniram Judson pour les missionnaires, qui représenteront les éminents chrétiens du passé
  • John Piper et John MacArthur pour les pasteurs, Don Carson et Wayne Grudem pour les théologiens, et pléthore de missionnaires (tel que Ying Kai, à l’origine du plus grand mouvement d’implantation d’église de l’histoire moderne), qui seront les dignes représentants des chrétiens contemporains attachés au crédobaptisme.

Le crédobaptisme enseigne que l’église visible, dans son expression locale, doit être composée de ceux qui connaissent Dieu personnellement en Jésus-Christ, qui ont l’assurance d’être au bénéfice de Ses promesses, et qui sont par conséquent sauvés de la colère à venir.

Bien entendu, le baptême d’eau ne sauve personne en lui-même, mais il est le signe qui atteste que celui qui le reçoit est au bénéfice des promesses de Dieu. Il présuppose donc que la profession de foi qui précède le baptême est véritable, et présume du salut de celui qui est baptisé.

 

 



Réflexions et ressources d'édification centrées sur Dieu


  • N’est-ce pas un peu marrant de voir CS Lewis dans la liste des gens « profondément attachés à l’autorité et à l’infaillibilité de la Bible »?

    • Je partage à 200%, ce n’est pas le meilleur représentant du pédobaptisme, vu sous cet angle.
      Il niait l’historicité d’Adam, par exemple….

      • J’accepte la critique ! Ceci dit, j’ai bien parlé d’autorité et d’infaillibilité, et pas d’inerrance. Je sais que C.S. Lewis est critiqué sur ce point, surtout dans les milieux fondamentalistes, mais pour lui, les Écritures étaient en tout cas suprêmes en termes d’autorité, « saintes », parfaitement dignes de confiance dans ce qu’elles enseignent. Le terme que je n’aurais peut-être pas dû employer pour C.S. Lewis, c’est celui de « théologien ». Quant à l’historicité d’Adam, je ne savais pas qu’il la niait. Une source ? Ici, une excellente synthèse de ce que pensait C.S. Lewis de la Bible, à écouter en entier (et c’est tout chaud, ça vient de sortir) : http://www.desiringgod.org/resource-library/conference-messages/inerrancy-and-the-patron-saint-of-evangelicalism-c-s-lewis-on-holy-scripture

  • Non il ne croyait pas en un Adam littéral. L’un de ses plus grands fans actuels, Tim Keller, le reconnait d’ailleurs dans cet article : http://thegospelcoalition.org/blogs/tgc/2011/06/06/sinned-in-a-literal-adam-raised-in-a-literal-christ/

    Denis Alexander, dans l’ouvrage « Adam, qui es-tu ? », publié sous la direction de Lydia Jaeger, invoque CS Lewis comme un précurseur de la théorie de « l’homo divinus » en faisant référence au ch. 5 de son ouvrage, « Le problème de la souffrance ».

    Ce n’était pas une critique. Je crois que Stéphane, comme moi, respecte beaucoup l’héritage que nous a laissé C.S Lewis. Ceci étant, comme tu le dis toi-même, ce n’était vraiment pas un théologien.
    – Guillaume

    • Tout a fait, je suis un fan de C.S. Lewis, malgré les nombreux points où il était zarbi.

    • Merci pour la référence à The Problem of Pain. J’ai relu le chapitre 5, et effectivement, C.S. Lewis, même s’il est relativement prudent, semble admettre qu’Adam ne soit qu’une personnification de l’humanité primitive, elle-même l’aboutissement d’une forme d’évolution guidée par Dieu.

      • Ce dont tu te démarques, n’est-ce pas ? (comme tu ne le précises pas, je me permets de te le demander afin qu’aucun lecteur n’ait de doute, frère !)

        • Bien sûr. Pour ce qui me concerne, j’affirme l’historicité d’Adam !

  • Jean-Philippe

    Ayant personnellement adhéré à la tradition pédobaptiste après plusieurs années à cheminer dans le crédobaptisme, je pense qu’il manque un point important. J’ai été, comme beaucoup, baptisé petit enfant, à l’âge de un an. Plus tard, lorsque j’étais adolescent, j’ai été saisi par Christ et j’ai décidé de lui consacrer ma vie. Je me suis alors posé la question : est-ce que mon baptême d’enfant est valable ou non ? A la lumière des écritures, j’en étais venu à la conclusion que non : n’ayant professé ma foi, ce baptême n’avait aucune valeur. Alors j’ai commencé à m’interroger sur les conditions d’un baptême authentique.

    Cependant, la lecture de certains textes a commencé à me poser problème, notamment Romains 6. J’ai commencé à me poser la question suivante : quelle est exactement l’action de Dieu dans le baptême ? En relisant les textes bibliques à cette lumière nouvelle, il m’a semblé qu’en réalité, le baptême était aussi un lieu où Dieu agissait pour son enfant, qui nous fait rentrer dans une nouvelle réalité, où nous sommes morts avec Jésus-Christ, et vivants pour Dieu. Il me semble que l’Ecriture témoigne du fait que le baptême au nom de Jésus-Christ est plus qu’un simple symbole (au contraire du baptême de Jean).

    C’est à cette lumière que j’ai commencé à revoir ma position sur le baptême. Mon questionnement n’était plus en soi sur la question de « faut-il ou non baptiser un enfant ? », mais « qu’est-ce que le baptême ? ». Il me semble du coup que les positions sur le baptême ne sont pas séparées par la participation ou non des enfants au baptême. C’est, en définitive, un problème secondaire, pour moi. La question qui se pose vraiment est celle de la définition du baptême. C’est ainsi que j’ai réalisé que d’un côté, le baptême semblait être avant tout un symbole, qui marque l’entrée officielle dans la communauté par le témoignage public ; de l’autre, le baptême semblait être une réalité mystérieuse, où Dieu manifeste sa Grâce à ses enfants et leur promet de faire d’eux une nouvelle créature par la participation à sa mort et sa résurrection.

    C’est sur cette question de l’action de Dieu que j’ai fini par revoir mon jugement sur la question. Si le baptême est essentiellement un don de Dieu, qui fait de moi une nouvelle créature, alors Dieu est capable d’agir peu importe mon âge et ma foi. Ou alors, ce don serait conditionné, et du coup ce n’est pas un don. Ma foi n’a pas besoin d’être un préalable à mon baptême.

    Néanmoins, si le baptême est une réalité concrète, il ne me sauve pas pour autant. Comme lorsque je lis et que j’entend sa Parole, Dieu me manifeste sa Grâce dans le baptême (d’une façon matérielle et mystérieuse). Mais tout comme je ne suis pas sauvé par ma lecture de la Bible ou l’écoute de la prédication, je ne suis pas sauvé par mon baptême. C’est en plaçant ma confiance en Dieu, après avoir compris l’oeuvre de Jésus mort et ressuscité pour moi, que je trouve la vie éternelle. Même si j’ai adopté une position pédobaptiste, je pense qu’il est fondamental de conserver un témoignage public de sa foi devant la communauté, que ce soit au moment du baptême, ou à un autre. Parce que c’est cette foi qui sauve.

    • Bonjour Jean-Philippe,

      Merci pour votre commentaire.
      Vous dites bcp de choses qui mériteraient une réponse approfondie, je pense.

      Je pense que votre commentaire sera mieux traité lorsque nous aborderons la question : “ Quelle est la nature du baptême d’eau, que représente t-il, et quels sont ses effets ?“
      En effet, nous allons forcément examiner et répondre à certains des éléments que vous mentionnez ici lors de la rédaction de nos réponses.

      Nous le ferons dans quelques semaines. J’espère que vous pourrez patienter d’ici là !!

      Amicalement,
      Guillaume

  • ahlouche

    sans le baptême pas de salut.il ne sauve pas, mais nous permet d’entrer dans les desseins de DIEU en nous soustrayant de notre nature pervertis nous faisant mourir a ce monde il nous libère des main du diable a qui appartiens cette nature la deuxième pâque. les hébreux fut extirpé des main de pharaon par le sang de l’agneau sur les linteaux.nous part le sang de JÉSUS CHRIST . la 1er résurrection dont parle l’apocalypse.voir la lettre de Paul au colossiens chp. 2 et 3

  • Bonjour,
    Quand, pourquoi et comment dans l’histoire, le pédo-baptième a-t-il été instauré ? Tant pour les raisons ‘doctrinales’ (il a existé aussi pour ‘de mêmes bonnes raisons’, le recul du baptême à la presque mort de la personne). et pour d’éventuelles autres raisons.

    Pour l’aspersion, la didachè en parle déjà lorsqu’il y a un manque d’eau ‘salubre’ évident. Par contre, cette même didachè parle d’instruire auparavant le baptisé.

    Est-ce que le baptême produit en lui-même quelque chose et si oui, quoi ? Car Paul nous parle de la mort et de la résurrection avec Christ. Est-ce que le baptême d’un bébé produit en lui le fruit de cette mort et résurrection ?

    Paul indique que l’enfant d’un parent chrétien est saint comme lui-même est saint (sauvés, chrétiens, justifiés). Par contre, dans les Actes, tous ce font baptisés pour Jésus-Christ après avoir compris qui est Jésus-Christ.

    Se baser sur la Bible ou sur l’histoire me semble être la première question à se poser (ou sur les commentateurs de la Bible). L’avis de Jésus et des apotres devant me semble-t-il primer sur tout autre commentateur ? Non ?

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