Entretien avec le Pasteur Paulin Bédard

Le Bon Combat : M. Bédard, pouvez-vous nous parler un peu de vous et de votre parcours? Qu’est-ce qui fut déterminant pour vous pour que vous vous consacriez au service pastoral jusqu’à aujourd’hui?

 Paulin Bédard : Je suis né dans une famille catholique romaine nombreuse et, en grandissant, j’ai appris de belles choses comme le Notre Père, le Symbole des apôtres ainsi que la confiance dans la providence de Dieu au quotidien, mais j’ai également appris plusieurs faussetés et superstitions.

Je croyais qu’il me fallait faire de bonnes œuvres pour gagner mon salut et je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait après la mort. Durant mon adolescence, un étudiant de mon âge a ouvert la Bible devant moi et s’est mis à m’expliquer des versets bibliques d’une manière que je n’avais jamais entendue auparavant.

Ce contact direct avec la Parole de Dieu fut saisissant. Je me suis mis à lire la Bible intensément pour m’apercevoir que son contenu contredisait de nombreux enseignements que j’avais reçus jusqu’alors. “C’est par la grâce en effet que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie.” (Éphésiens 2:8-9). Découverte bouleversante! À l’âge de 18 ans, cette grâce de Dieu en Jésus-Christ est venue illuminer mon cœur et ma vie d’une joie profonde.

Paulin BedardÀ partir de là, mon désir de connaître et d’étudier la Bible n’a cessé de croître.

Puis le désir de l’enseigner à d’autres a rapidement germé en moi. Au début, je m’étais joint à une assemblée de frères, mais la rencontre d’un pasteur réformé et la participation à ses cours de dogmatique et d’histoire de l’Église m’ont beaucoup marqué.

Au contact de cet enseignement, la grandeur de Dieu et de sa grâce merveilleuse en Jésus-Christ m’a bouleversé encore davantage. J’ai tout de même lutté encore pendant quelque temps avec la doctrine du baptême des enfants des croyants, pour finalement reconnaître la beauté de l’alliance de grâce et la fidélité de Dieu à son alliance de génération en génération, signifiée et scellée par le baptême.

Ces quelques cours de théologie que j’ai suivis le soir et pendant l’été, en même temps que mes études en science, m’ont permis de confirmer mon intérêt pour la théologie et de discerner le début de l’appel du Seigneur à le servir soit comme pasteur ou comme enseignant.

Un jour, en allant chez un ami, j’ai vu “par hasard” sur sa table de salon un dépliant explicatif de la Faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence (aujourd’hui la Faculté Jean Calvin). Je me suis mis à lire et à relire ce dépliant avec beaucoup d’intérêt, pour ne pas dire avec un attrait irrésistible qui s’est plus tard transformé en un séjour de trois ans à Aix. C’est là que j’ai acquis ma formation théologique, pour laquelle je suis encore très reconnaissant.

De retour au Québec en 1985, le Seigneur m’a guidé vers celle qui est devenue mon épouse, Claire, et il nous a par la suite bénis de deux beaux enfants, Daniel et Pascale. Comme il n’y avait pas de poste pastoral qui s’ouvrait à ce moment-là, je suis allé travailler pendant un an aux États-Unis avec le ministère de Perspectives Réformées.

J’ai été fasciné par l’ampleur de cette œuvre missionnaire et par la correspondance que j’ai pu entretenir avec de nombreux Africains qui écoutaient les émissions radiophoniques du pasteur Aaron Kayayan et qui avaient une grande soif de la Parole de Dieu. J’ai ensuite reçu un premier appel à devenir pasteur d’une petite Église réformée au Québec, ce qui m’a aussi permis de continuer à travailler à distance et à temps partiel pour Perspectives Réformées pendant une dizaine d’années. Je suis maintenant pasteur de l’Église chrétienne réformée de Beauce depuis près de quinze ans avec un autre collègue pasteur. Le partage des responsabilités pastorales me permet de consacrer une bonne partie de mon temps à l’enseignement et à la préparation de matériel éducatif qui peut être utile à d’autres Églises et chrétiens dans le monde.

 

Pour nos lecteurs qui veulent servir le Seigneur dans le pastorat, quels seraient les 3 conseils que vous donneriez pour se préparer à cette vocation?

Premièrement, je dirais qu’il nous faut cultiver l’humilité. Je ne dis pas cela parce que j’y suis arrivé, au contraire! mais plutôt parce que je sais dans mon cœur que c’est la chose à faire (Michée 6:8).
L’humilité est l’une des premières qualités qu’une Église devrait rechercher chez un candidat potentiel au pastorat. Cette humilité prendra sa source dans une vie de prière, où nous cherchons constamment la direction de Dieu pour notre vie et l’implorons afin qu’il nous donne ses forces nouvelles pour notre travail. Les responsabilités et les exigences du ministère pastoral sont grandes, il nous faut apprendre à compter sur les forces du Seigneur et non sur les nôtres.

Deuxièmement, je dirais qu’il nous faut apprendre à vaincre la timidité afin d’utiliser avec courage la Parole de Dieu qui est l’épée de l’Esprit (voir l’exhortation de l’apôtre Paul en 2 Timothée 4:1-2). Pour prêcher avec conviction et d’une manière qui nourrit le peuple de Dieu, il faut d’abord prendre le temps nécessaire de bien se préparer.
L’acquisition d’une bonne formation théologique est essentielle, en particulier la connaissance suffisante des langues bibliques et des outils nécessaires à l’exégèse. Quand il nous faut préparer des prédications chaque semaine, le dimanche vient rapidement et, dès le lundi suivant, tout est à recommencer pour le prochain dimanche.

Un pasteur, par ailleurs très occupé à bien d’autres tâches, sera facilement tenté de préparer en vitesse ses sermons ou de dépendre des commentaires bibliques. Il est important d’apprendre à devenir soi-même un commentateur compétent de la Bible et un étudiant assidu de la Parole de Dieu, afin d’être en mesure de nourrir adéquatement les brebis du Seigneur pendant de nombreuses années.

Troisièmement, je dirais qu’il nous faut apprendre à nous servir des richesses de notre héritage, et je pense en particulier aux Credo des premiers siècles et aux Confessions de foi de la Réforme.
Apprendre à enseigner régulièrement les jeunes et les adultes au moyen de ces excellents outils pédagogiques (pourquoi chercher ailleurs et essayer de réinventer la roue?) permettra à tout jeune pasteur de solidifier progressivement sa théologie tout en nourrissant solidement le peuple de Dieu.

Quelle belle façon de transmettre notre riche héritage à la génération suivante! De plus, il est bien connu que tout pasteur répète souvent ses sujets de prédilection et préfère éviter d’autres sujets avec lesquels il se sent moins à l’aise. L’usage des Confessions lui donnera un bon plan de travail déjà tout tracé et lui permettra de se discipliner à annoncer à l’Église “tout le dessein de Dieu” (Actes 20:27), assurant ainsi au peuple de Dieu un menu riche et équilibré! J’encourage donc les jeunes qui se préparent à devenir pasteurs à étudier en profondeur le Catéchisme de Heidelberg, à voir comment d’autres pasteurs l’utilisent et même à commencer à préparer une stratégie d’enseignement basé sur le plan et le contenu du Catéchisme.

 

Parlons un peu d’un sujet que nous aimons beaucoup sur Le Bon Combat : l’herméneutique. Vous avez récemment écrit un livre qui se veut être une critique de l’hypothèse du cadre/littéraire des premiers chapitres de la Genèse (In Six Days God Created, Xulon Press, 2013). Un condensé de ce qui est développé dans ce livre peut être lu en français dans un article que vous avez écrit dans la Revue Réformée en novembre 2009. Pouvez-vous nous résumer en quelques lignes en quoi consiste cette approche herméneutique littéraire de la Genèse?

In Six Days God Created

L’hypothèse du cadre littéraire est probablement l’interprétation la plus complexe des jours de la création qui existe en ce moment, mais peut-être aussi l’une des plus séduisantes — du moins pour ceux qui ont de grandes capacités de gymnastique intellectuelle.

Cette interprétation consiste à dire que les jours de la création ne sont pas à prendre au sens littéral. En d’autres mots, ces six jours n’auraient rien à voir avec une quelconque période de temps. De plus, l’ordre dans lequel les événements sont relatés en Genèse 1 n’aurait pas pour but de nous révéler une séquence particulière des actes créateurs de Dieu.

Les jours de la création devraient être compris de façon figurative ou métaphorique, car ils raconteraient les œuvres créatrices de Dieu dans un ordre thématique et non pas chronologique. La Bible ne nous révélerait donc pas en combien de temps ni de quelle manière Dieu a créé le monde, mais se limiterait à nous révéler que Dieu a créé le monde.

Les promoteurs de la théorie du cadre littéraire affirment se fonder strictement sur des considérations exégétiques pour appuyer leur interprétation. Ils détectent dans le texte quatre ou cinq caractéristiques principales qu’ils disent être favorables à leur interprétation : une structure des jours en deux triades parallèles (correspondance apparente entre les jours 1 et 4, 2 et 5, 3 et 6), une récapitulation temporelle des jours 1 et 4, la signification de Genèse 2:5-6, la nature éternelle du septième jour et, pour certains, la “cosmologie à deux étages” du récit de la création.

Tout en étant complexe et difficile à saisir pour le profane, cette approche offre un grand “avantage”, si je puis dire.

Elle permet de laisser la porte grande ouverte aux théories scientifiques actuelles concernant les origines, puisque la Bible ne révélerait absolument rien concernant la durée et les étapes de l’œuvre créatrice. Il devient donc très tentant d’écouter “la science” nous dire comment Dieu a créé le monde et en combien de temps il l’a fait…

 

Quels sont les principaux reproches qui peuvent être faits vis-à-vis de cette démarche herméneutique?

Tout d’abord, il est surprenant d’apprendre qu’après dix-neuf siècles d’histoire de l’Église (au moment où cette interprétation est apparue), on aurait enfin compris la véritable signification de la première page de la Bible!
Il est certes possible que l’un ou l’autre passage des Écritures reçoive aujourd’hui un éclairage nouveau, mais il est tout de même audacieux de proposer une interprétation radicalement nouvelle de l’ensemble du récit de la création.

Ensuite, on ne peut pas s’empêcher de noter que la popularité actuelle de cette interprétation coïncide avec un désir grandissant chez de nombreux chrétiens de se conformer aux théories scientifiques modernes sur les origines.
On aura beau nous assurer que la théorie du cadre se base strictement sur l’exégèse du texte, il n’en demeure pas moins que la “boussole” de l’exégète semble bien avoir subi les houleuses perturbations du “champ magnétique” de la science ambiante.

Ce phénomène est très perceptible lorsqu’on lit attentivement les ouvrages des principaux théologiens en faveur de la théorie du cadre. Bruce Waltke, par exemple, admettra candidement que cette théorie “est promue pour réconcilier le récit de la création de la Genèse avec l’évolution”. Si tel est le cas, il est légitime de se demander si nous sommes encore sur le socle immuable du Sola Scriptura ou si sommes en train de poser nos assises sur du sable mouvant.

Pour ce qui est de la validité des caractéristiques prétendument favorables à cette interprétation, tout d’abord, il faut reconnaître que cette approche est affligée d’une logique fort étrange.
On prétend que, plus un texte contiendrait d’éléments dénotant une composition littéraire raffinée, moins on devrait s’en tenir au sens premier du texte. L’auteur ayant habilement construit son récit, nous dit-on, il doit sûrement avoir voulu nous communiquer une signification métaphorique plus subtile, au-delà du sens immédiat du texte.

Par exemple, la prétendue structure en deux triades parallèles (“prétendue”, car on doit forcer le texte pour y voir un véritable parallélisme) indiquerait que l’auteur de la Genèse n’avait pas pour but de nous parler de temps ni de chronologie lorsqu’il a utilisé à répétition les mots “jour”, “soir” et “matin”.

Mais d’où vient cette étrange logique? De combien d’indices littéraires avons-nous besoin pour qu’il soit plus probable que nous ayons affaire à une métaphore? Si l’on appliquait ce raisonnement aux autres récits narratifs de la Genèse ou encore aux Évangiles, souvent écrits avec beaucoup d’art, il serait facile d’évacuer toute référence temporelle ou chronologique de ces récits, sous prétexte qu’ils ont été savamment composés.

Comme si le raffinement littéraire ne pouvait pas être au service de l’histoire racontée selon une chronologie précise.

Une telle approche essaie de discerner la signification d’un passage à partir de sa structure ou de sa forme littéraire, accordant ainsi une grande importance à l’esthétique et à la stimulation artistique. La signification du texte biblique est alors reconstruite à partir d’une appréciation subjective du lecteur, au détriment de l’information sémantique communiquée par les mots et les phrases employés par l’auteur.

C’est l’appréciation artistique du lecteur qui devient déterminante, et non plus le contenu des mots utilisés par l’auteur, rendant la signification du texte relative et non plus absolue. Il semble bien que nous plongions ici en plein post-modernisme épistémologique!

universePar ailleurs, une fois que les tenants de la théorie du cadre littéraire ont affirmé que les jours de la création ne sont pas de véritables jours de durée normale, mais seulement une métaphore, ils ont beaucoup de difficulté à nous expliquer la signification de cette métaphore.

Il semble plus facile de dire ce que les jours ne sont pas que de déterminer ce qu’ils sont réellement. Pourtant, dans la Bible, le langage figuratif a généralement un sens clair et précis, accessible au lecteur.

La marmite bouillonnante signifie la colère de Dieu; la graine semée dans différents sols, c’est la Parole de Dieu qui reçoit des accueils différents; l’image du bon Berger et des brebis nous permet de mieux comprendre de belles vérités sur notre Sauveur, sur son Église et sur la relation qui existe entre les deux, etc. Pour ce qui est des jours de Genèse 1, que peut bien vouloir dire cette “figure”?

On commence par nous dire qu’il ne s’agirait que d’un artifice littéraire sans véritable signification (comme les pages vides d’un album photo servant seulement à classer les photos par thème). Puis, insatisfaits de cette idée de jours figuratifs ne référant à aucune réalité objective, certains nous disent que les jours seraient réels pour nous, mais figuratifs pour Dieu (concept énigmatique que j’ai bien de la peine à saisir) — il s’agirait d’un modèle à suivre pour nous durant notre semaine de travail et de repos, mais pas d’un calendrier suivi par Dieu au commencement.

D’autres affirment au contraire que les jours désigneraient un temps céleste et seraient des jours divins, réels pour Dieu, mais pas pour nous, sans aucun lien avec la chronologie des événements terrestres. Dieu aurait créé le monde en “six jours réels divins”, mais sans aucune correspondance avec notre temps terrestre. Par conséquent, ces jours célestes seraient totalement inaccessibles à toute compréhension humaine. Mais pourquoi donc le Saint-Esprit se serait-il donné la peine d’utiliser un tel langage figuratif si la réalité objective à laquelle il renvoie nous est totalement incompréhensible?

Nous devons revenir à la clarté et à la simplicité des Écritures qui nous commandent de travailler six jours et de nous reposer le septième pour le sanctifier, “car en six jours l’Éternel a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve, et il s’est reposé le septième jour” (Exode 20:11). Les six jours pendant lesquels Dieu a fait le monde sont aussi réels que le monde qu’il a créé pendant cette période, et ces jours sont aussi terrestres que les six jours pendant lesquels nous faisons tout notre ouvrage, à l’image de l’œuvre créatrice de Dieu.

Un autre problème de cette approche est de savoir où s’arrête notre lecture figurative de Genèse 1. Si les jours sont figuratifs, qu’est-ce qui nous empêche de comprendre figurativement d’autres éléments du même récit?

Que penser de l’eau, de la lumière, des oiseaux et des poissons de Genèse 1, ou encore de l’arbre de vie, de la création d’Ève à partir de la côte d’Adam, du serpent, de la tentation, etc.? Ne pourraient-ils pas tous être figuratifs?

Si par exemple nous croyons que les astres ont été créés dans le but indiqué par Dieu, “pour dominer sur le jour et sur la nuit” (Genèse 1:18), il faut bien que ces jours et ces nuits soient des réalités terrestres sur lesquelles les astres se sont mis à dominer à partir du quatrième jour. Si, à l’inverse, les jours sont figuratifs, les astres qui se sont mis à dominer sur eux ne devraient-ils pas l’être tout autant?

En fait, quand on examine attentivement la théorie du cadre et si l’on veut maintenir sa cohérence interne, on ne peut pas faire autrement que de conclure que plusieurs événements relatés en Genèse 1 ne peuvent pas s’être produits comme la Bible nous le relate.
Par exemple, cette théorie postule (à partir d’une étrange interprétation de Genèse 2:5-6) qu’une fois que Dieu a créé quelque chose de façon surnaturelle, il ne maintiendrait ensuite cette chose que par sa providence normale, sans intervention surnaturelle sur cette chose. Or, en Genèse 1, plusieurs actes surnaturels de Dieu ont été accomplis sur des réalités déjà existantes.

Par exemple, la séparation des eaux en deux pour créer l’étendue céleste, la séparation des eaux d’en bas pour faire apparaître les continents, la création des astres dans l’étendue céleste, et même la création d’Ève à partir d’une côte d’Adam — tous des actes créateurs modifiant des réalités déjà créées de façon surnaturelle.

Ainsi, on nous assure d’une part que tous les événements de Genèse 1 sont véritablement historiques, mais d’autre part, si la théorie du cadre est vraie, on est bien obligé de conclure que plusieurs de ces événements ne sont pas réels. En d’autres mots, il est impossible de faire disparaître la chronologie des événements avec l’acide de l’approche figurative sans éroder au passage un bon nombre d’événements relatés dans cette chronologie. La réalité des jours de la création et de leur séquence chronologique est indissociablement liée aux événements qui se déroulent pendant ces six jours. Le temps et l’histoire sont indissociables!

Enfin, je noterai un élément particulièrement troublant de cette approche qui encourage la croyance en une création étalée sur des milliards d’années (que ce soit par évolution ou par actes créateurs progressifs).
Cela signifie que la maladie, les souffrances, la mort des animaux et les catastrophes naturelles dans le monde auraient existé très longtemps avant la chute de nos premiers parents, un monde que Dieu a pourtant déclaré être “très bon” au commencement (Genèse 1:31).

Les “souffrances du temps présent”, dans la création soumise à la vanité et à la corruption (Romain 8:18-22), ne viendraient pas du jugement de Dieu contre le péché de l’homme, mais seraient inhérentes à la manière dont Dieu a créé le monde au commencement. Si Dieu a créé un monde rempli de souffrances, de maladies et de mort, c’est la bonté même de Dieu qui est remise en cause. Une erreur très sérieuse qui attaque la perfection de Dieu!

 

Dans le même registre, que pensez-vous des personnes qui prônent la notion “d’inerrance limitée” pour justifier la présence d’erreur dans la bible? Plus spécifiquement, ceux parmi les évolutionnistes théistes, qui affirment que les auteurs bibliques écrivirent le canon biblique en étant influencés par les erreurs “scientifiques” de leur temps?

Me demander ce que je pense de la notion “d’inerrance limitée”, c’est un peu comme si l’on me demandait ce que je pense de la notion de “sainteté limitée” de Jésus. Quelle contradiction dans les termes!

Le Fils de Dieu, Parole faite chair, a-t-il déjà péché, oui ou non? Les Écritures, Parole soufflée de Dieu, contiennent-elles réellement des erreurs, oui ou non? Ce n’est pas parce que le Fils de Dieu s’est fait homme, vrai Dieu et vrai homme, qu’il est devenu pécheur comme nous. De même, ce n’est pas parce que la Parole de Dieu a été mise par écrit en langage humain — avec toutes les caractéristiques d’un discours véritablement humain tout en étant en même temps l’authentique Parole de Dieu — que cette Parole contiendrait des erreurs.

“Ta parole est la vérité.” (Jean 17:17).

“La loi de l’Éternel est parfaite, elle restaure l’âme. Le témoignage de l’Éternel est véridique, il rend sage le simple […] Les ordonnances de l’Éternel sont vraies, elles sont toutes justes.” (Psaume 19:8-10).

“Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile…” (2 Timothée 3:16).

Il n’existe aucune restriction, aucune portion des Écritures qui soit “moins vraie” que d’autres. Sinon, qui prétendra pouvoir s’ériger en juge au-dessus des Écritures pour faire le tri?
Et quels critères humains contingents devraient être utilisés pour déterminer quels passages de la Bible sont vraiment vrais et lesquels sont douteux ou influencés par des notions “préscientifiques” dépassées?

Toute “nouvelle herméneutique” qui prétend aller au-delà du message même des Écritures, au moyen d’un éclairage provenant de notre culture ou de nos connaissances plus “avancées”, est au fond remplie d’orgueil et d’arrogance.

 

Pourquoi la doctrine de l’inerrance biblique est-elle importante pour l’Église de Jésus-Christ?

La doctrine de l’inerrance biblique n’est pas seulement importante pour l’Église de Jésus-Christ.
Cette doctrine est essentielle, vitale, fondamentale. Ou bien la Parole de Dieu est vraie, solide, fiable, entièrement digne de confiance dans tout ce qu’elle affirme, ou bien n’importe laquelle de ses affirmations peut être mise en doute et susceptible d’être renversée par tout raisonnement humain.

À partir du moment où la digue est ouverte, où va-t-on s’arrêter? Quand la raison humaine, l’expérience humaine ou la culture humaine s’érige en juge au-dessus de la Parole de Dieu, l’autorité suprême de cette Parole est invariablement contestée et renversée. Qu’elle le soit en tout ou en partie, la différence se mesure en degré seulement, et non pas en essence.

Jésus-Christ est le Chef de son Église et il règne sur elle au moyen de sa Parole. Si son Église conteste sa Parole, que ce soit en tout ou en partie, elle se rebelle contre la seigneurie même de son Maître. “Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre de l’angle.” (Éphésiens 2:19).

Le fondement de la révélation biblique sur lequel repose la construction de l’Église constitue un tout indivisible. L’Église demeurera solidement ancrée sur l’ensemble de ce fondement ou sinon elle tombera tôt ou tard.

 

Vous avez récemment mis en ligne un site de ressources théologiques gratuites francophones. Pouvez-vous nous donner quelques informations sur ce site et la vision qui en est à l’origine?

Je suis vraiment très heureux et reconnaissant de l’existence de ce nouveau site.
Ce projet n’est pas le résultat d’un plan longuement mûri, mais plutôt le fruit d’événements providentiels inattendus. Depuis plusieurs années déjà, je mets en ligne un bon nombre d’articles d’édification et d’enseignement sur le site de notre Église.

Nous recevons parfois des demandes d’utilisation ou des réponses encourageantes venant du Québec, de la France, de l’Afrique et d’Haïti. Au printemps 2013, un pasteur d’une Église en Ontario qui nous apporte leur soutien fidèle m’a parlé du pasteur Jopie vander Linden en Afrique du Sud, dont le ministère consiste à développer une bibliothèque en ligne en anglais et une autre en afrikaans, principalement au service des Églises et des chrétiens d’Afrique.

C’est alors que j’ai commencé à correspondre avec le pasteur vander Linden, responsable du Reformational Study Centre à Pretoria. J’ai été étonné et très encouragé de voir l’ampleur que prend ce ministère, fondé depuis seulement 2008 [1].

chateau-frontenac-hiver-ville-de-quebecCe pasteur a estimé très valable le contenu du site de notre Église et m’a encouragé à l’augmenter de manière significative, car, disait-il, les demandes sont nombreuses et les besoins sont grands, en particulier en Afrique francophone.

Après quelques échanges et consultations auprès de mon conseil et de son comité directeur, nous avons finalement conclu une entente de collaboration en vue de créer ensemble le nouveau site “Ressources chrétiennes”.

Le Reformational Study Centre nous offre leur expertise et leur soutien technique et administratif. De notre côté, nous sommes en charge de veiller à la qualité de son contenu et j’ai la responsabilité d’augmenter progressivement le nombre de ressources rendues disponibles sur le site.

J’ai su par la suite que l’équipe de ce centre priait depuis déjà quelque temps pour qu’un ministère de ce genre puisse voir le jour en français. C’est vraiment par la merveilleuse providence de Dieu que nos chemins se sont croisés!

Cette bibliothèque en ligne vise à offrir gratuitement des documents de qualité en français sur le plus large éventail possible de sujets bibliques, théologiques et pastoraux. Par ce moyen, nous souhaitons contribuer à la propagation de l’Évangile, à l’édification des membres du peuple de Dieu ainsi qu’à la formation de ceux qui sont appelés à exercer divers ministères dans l’Église.

Parmi les articles que nous publions, quelques-uns sont un peu plus techniques, mais la plupart sont des articles courts et accessibles à l’ensemble du peuple de Dieu. Nous avons pour but l’édification de l’Église en général dans la francophonie, mais nous gardons particulièrement à l’esprit une aide que nous espérons pouvoir apporter à la formation d’ouvriers et d’enseignants dans les pays moins favorisés, qui ont souvent peu de ressources à leur disposition.

Il y a déjà plus de 500 articles qui sont disponibles pour consultation ou téléchargement. Dieu voulant, beaucoup d’autres documents s’ajouteront dans les mois et les années à venir. Il est possible d’effectuer des recherches très précises au moyen de l’outil de recherche, ou en consultant notre classement par catégorie, ou encore au moyen des mots-clés dans les résumés de chaque article.
Les sections “À propos de nous” et “Vous pouvez nous aider” donnent des informations plus détaillées sur ce ministère.

Nous espérons que beaucoup de gens iront visiter Ressources chrétiennes et qu’ils feront connaître ce site à d’autres autour d’eux — individus, Églises, institutions d’enseignement, œuvres missionnaires ou autres ministères susceptibles de s’y intéresser.

Comme nous sommes toujours à la recherche de nouvelle documentation de qualité, nous accueillons également avec reconnaissance les suggestions qui nous sont faites et qui correspondent à nos buts.

 

Il y a quelque temps, vous aviez lancé un autre site très important sur lequel se trouve le Catéchisme de Heidelberg. Pouvez-vous nous parler un peu de ce Catéchisme et de la raison pour laquelle ce site a été créé?

catechisme-de-heidelbergLe Catéchisme de Heidelberg, écrit au seizième siècle principalement par Gaspard Olevianus et Zacharius Ursinus, est un véritable bijou. Il résume admirablement les doctrines essentielles de la foi chrétienne, avec chaleur et profondeur tout à la fois.

Il a été mûrement réfléchi et conçu pour être un outil pédagogie incomparable pour l’enseignement des jeunes et des adultes dans la foi. Ce Catéchisme a résisté à l’usure du temps et est encore utilisé chaque semaine par des centaines de milliers de chrétiens partout dans le monde. Je peux vous assurer que le pasteur ou l’enseignant qui commence à l’utiliser sur une base régulière en deviendra vraiment “accro”.

Ce nouveau site est entièrement consacré au contenu, à l’histoire et aux diverses formes d’utilisation du Catéchisme de Heidelberg.

Ce magnifique site a été créé par le Séminaire de théologie des Églises réformées canadiennes à Hamilton, en Ontario (Canadian Reformed Theological Seminary). La section en anglais est la plus fournie, mais on y retrouve aussi des sections en français, en italien, en coréen et en portugais.

D’autres langues pourront être ajoutées à l’avenir. Le texte même du Catéchisme s’y retrouve déjà en pas moins de 35 langues! Le professeur Jason Van Vliet, responsable de la supervision de ce site, m’a demandé si je voulais m’occuper de la section en français, ce que j’ai accepté avec plaisir. Cette section contient :

1) une explication de la raison d’être d’un catéchisme;

2) l’histoire du Catéchisme de Heidelberg, son origine, ses auteurs, son contexte;

3) les raisons pour lesquelles il a été écrit;

4) les diverses façons dont il est utilisé;

5) le texte du Catéchisme, avec références bibliques et un outil de recherche par sujet;

6) des articles basés sur le contenu du Catéchisme, pour la réflexion personnelle, la discussion en groupe ou l’enseignement des jeunes et des adultes;

7) un outil de recherche puissant et convivial;

8) quelques mots d’explication sur l’utilisation de ce site.

Le but de ce site est donc de nous permettre de découvrir ce bijou qui nous a été légué par nos pères dans la foi, de nous aider à approfondir notre foi personnelle par son utilisation variée et de donner accès à des ressources qui pourront aider les enseignants à mieux communiquer au peuple de Dieu les merveilleuses vérités de la Parole de Dieu.

 

Quelle est, d’après vous, la doctrine biblique qui est le plus en péril de nos jours vis-à-vis de notre culture occidentale?

Voilà une bien grande question pour le simple pasteur que je suis! La liste des doctrines bibliques les plus en péril aujourd’hui me semble longue. Par où commencer? Par la doctrine de la révélation, de l’inspiration et de l’autorité des Écritures qui est la cible des attaques les plus virulentes?

Par la doctrine de la création qui est durement ébranlée depuis plus d’un siècle et demi?
Par les doctrines du péché, du jugement et de l’enfer, si repoussantes et si peu prêchées de nos jours?
Par les merveilleuses doctrines de la grâce souveraine de Dieu si souvent méconnues ou carrément abandonnées?
Par la doctrine du Saint-Esprit et de l’expérience chrétienne, si confuse et source de division?
Par l’ecclésiologie et les sacrements, doctrines trop souvent mises au rancart?

Derrière tous ces périls, c’est peut-être la doctrine de Dieu qui est, en fin de compte, la plus malmenée. Au fond, le problème humain n’est-il pas spirituel, dans sa relation avec Dieu lui-même?

Lorsqu’on se met à douter de la véracité des Écritures, n’est-ce pas le Dieu de vérité que l’on a de la difficulté à croire? Lorsqu’on remet même en question l’existence d’une vérité absolue qui peut être exprimée sous forme propositionnelle, n’est-ce pas là le reflet de notre refus de croire au Dieu transcendant au-dessus de toute culture, pleinement capable de se faire connaître au moyen du langage humain?

Lorsqu’on enseigne que Dieu aurait créé le monde sur des milliards d’années et que la maladie, la mort et les catastrophes naturelles auraient existé avant la création et la chute d’Adam, n’est-ce pas parce qu’on ne prend pas au sérieux la bonté parfaite de Dieu? Lorsqu’on néglige de prêcher la gravité du péché ou la réalité du jugement et de l’enfer, n’est-ce pas parce qu’on a oublié la sainteté de Dieu et sa justice parfaite? Lorsqu’on rejette les doctrines de la grâce souveraine, n’est-ce pas la grâce et la souveraineté mêmes de Dieu que l’on méprise? Lorsqu’on sépare l’œuvre du Saint-Esprit de l’œuvre du Christ au profit d’une expérience subjective séparée de la Parole, n’est-ce pas l’unité du Dieu trinitaire qui est en cause? Lorsqu’on crée une coupure entre l’Ancien et le Nouveau Testament, n’est-ce pas la fidélité de Dieu à son alliance qui est remise en question?

Notre analyse peut varier selon le lieu, la culture ou la génération dans laquelle nous vivons. Une chose cependant demeure. Dieu est le commencement, le milieu et la fin de toutes choses. “Tout est de lui, par lui et pour lui!” (Romains 11:35).

Dès que nous cessons de commencer avec lui, de continuer par lui ou de vivre pour lui, nous allons forcément dévier quelque part sur la route. La doctrine de Dieu, de son être et de ses attributs m’apparaît donc celle qui a le plus besoin aujourd’hui d’être étudiée, méditée, enseignée, approfondie, chérie! Nous revenons au premier grand commandement. “Tu aimerais le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée.” (Luc 10:27).

Qu’est-ce qu’aimer Dieu de toute sa pensée, sinon avoir une doctrine de Dieu solide, bien articulée, bien réfléchie et bien méditée, dans l’adoration et l’émerveillement? Reviens à l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces, mais aussi de toute ta pensée!

 

Quels sont vos trois livres préférés (en dehors de la bible)?  

D’abord, je ne peux pas passer à côté de l’Institution de la religion chrétienne de Jean Calvin (Éditions Kerygma et Excelsis, 2009). Quand j’ai commencé à lire cette nouvelle version en français herman-bavinckmoderne, je me suis aperçu que cet ouvrage exceptionnel avait été écrit pour le peuple de Dieu et non pour les “experts” en théologie (ce qui était moins apparent dans la version en vieux français que je m’étais habitué à lire péniblement).

J’ai été à la fois encouragé et impressionné de redécouvrir la fraîchir, la vivacité et la profondeur de la pensée de cet homme que Dieu a utilisé puissamment à travers les générations.

Il y a aussi le livre The Doctrine of God écrit par Herman Bavinck, théologien néerlandais du 19e siècle (The Banner of Truth Trust, 1996) que j’aime beaucoup et qui répond en partie au besoin indiqué précédemment.

C’est un livre magnifique sur l’être et les attributs de Dieu que l’on peut toujours consulter avec profit (il contient un grand nombre de références bibliques à l’appui, fort utiles pour approfondir notre étude) et qui nous permet de nous émerveiller devant la grandeur de notre Dieu.

Enfin, le troisième n’est pas un grand classique, contrairement aux deux premiers. Il nous arrive parfois de mettre la main sur un petit livre peu connu, mais plein de fraîcheur qui nous réjouit beaucoup. C’est le cas du livre de 128 pages de H. Westerink, A Sign of Faithfulness. Covenant and Baptism (Inheritance Publications, Neerlandia, Alberta, Canada, 1997).

La simplicité et la profondeur de ce livre mettent en évidence l’unité de la Bible et permettent d’éclairer la question de l’alliance et du baptême. L’auteur affirme avec force et vivacité la fidélité indéfectible de Dieu à son alliance à travers les générations, signifiée et scellée d’abord par la circoncision, puis par le baptême. Oui, le baptême est un signe de la fidélité de notre Dieu à son alliance! Un vrai bijou!

 

Quels sont les trois livres que vous conseilleriez à une jeune personne qui veut s’investir dans son Église et croître dans sa connaissance biblique?

Je recommande bien sûr les ouvrages que je viens de mentionner. Pour le reste, j’encourage nos jeunes serviteurs de Dieu à se prémunir d’outils qui leur permettront de faire leurs propres recherches directement dans la Bible, en particulier une concordance grecque du Nouveau Testament, une concordance hébraïque de l’Ancien Testament, ainsi qu’une concordance grecque de la Septante pour faire le pont entre l’AT et le NT. Pour ceux qui ne connaissent pas les langues bibliques, une bonne concordance en français est indispensable.

Ce sera un investissement pour la vie! Il existe aujourd’hui des logiciels simples et d’autres plus sophistiqués qui intègrent ces outils et bien d’autres encore. Je pense par exemple à Online Bible, Logos ou Accordance qui semble offrir beaucoup de possibilités. Rien ne peut remplacer la joie de faire par soi-même de belles découvertes dans la Parole de Dieu!

 

Je vous laisse le mot de la fin en vous posant cette dernière question : Quelle exhortation finale donneriez-vous à nos lecteurs francophones qui ont soif de voir un réveil authentique de l’Église dans notre francophonie?

Un réveil authentique de l’Église ne se planifie pas et ne s’organise pas par des programmes ou des plans d’action concertés. Au seizième siècle, les réformateurs ne se sont pas un jour réunis pour se dire qu’il faudrait bien commencer à réformer l’Église.

Ils ont bien sûr travaillé diligemment à cette réforme alors qu’elle était déjà amorcée dans divers lieux par diverses personnes, mais ils n’ont pas constitué une commission ou un comité responsable d’effectuer cette réforme.

Ce que le Seigneur demande à ses serviteurs, c’est d’être trouvés fidèles. Nous devons veiller sur nous-mêmes, sur notre conduite et sur notre enseignement. Nous sommes appelés à semer, à arroser et à nous attendre au Seigneur qui fera croître comme et quand il voudra, selon son bon plaisir.

Nous sommes souvent pressés de voir des résultats immédiats. Parfois, le Seigneur peut agir rapidement, mais bien des fois, son action s’effectue petit à petit, d’une génération à l’autre, en profondeur et sans toujours beaucoup d’éclat, nécessitant patience et persévérance. Nous devons certes nous attendre à de grandes choses, mais nous devons avant tout nous purifier afin d’être un vase d’honneur, sanctifié, utile à son maître, propre à toute œuvre bonne (1 Timothée 2:21).

En d’autres mots, nous sommes seulement des instruments entre les mains du Maître, mais nous devons demeurer disponibles et disposés à le servir fidèlement.

 

 

Merci beaucoup à M. Bedard qui a accepté de faire cet entretien écrit.

 

 

(1) Pour plus d’information sur ce ministère, voir le site RessourcesChrétiennes.com.

 

 

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Je suis marié, et le Seigneur nous a fait la grâce d’avoir trois enfants. Je suis actuellement Pasteur Stagiaire sur Montréal. Je suis passionné par le Nouveau Testament, la théologie systématique et l’herméneutique. J’affectionne particulièrement les écrits des réformateurs, de Cornelius Van Til, Vern Poythress, John Frame, Greg Beale et John Piper.