G. K. Beale – 7 critères pour reconnaitre l’intertextualité

Qu’est-ce que l’intertextualité dans la Bible?

Pour faire simple, on parle d’intertextualité quand un auteur cite (plus ou moins clairement) un autre auteur biblique l’ayant précédé.

Dans notre travail d’interprétation, nous devons identifier et déterminer dans quel sens l’auteur inspiré cite un autre auteur inspiré

L’intertextualité est très importante en matière de théologie biblique. Elle nous permet de comprendre comment les auteurs inspirés comprenaient et utilisaient eux-mêmes les Ecritures et quelles trajectoires ils donnaient à la révélation de de Dieu dans le temps.

“Pourquoi le cite-t-il ?” “A-t-on affaire à une transposition typologique ?” “Un accomplissement prophétique ?” “La citation d’un principe ?”

Voici le type de questions que nous pouvons nous poser devant une citation d’Esaïe faite par Paul ou Pierre.

Il y a des cas simple. Quand l’auteur cite clairement un texte antérieur, il est parfois facile de l’identifier.
Souvent, l’auteur introduit son propos par une clause du type “il est écrit…”

Mais parfois, l’auteur ne donne pas d’indication, et semble même paraphraser. Il faut alors s’assurer qu’il y a bien citation ou allusion.

 

Utiliser l’intertextualité est important pour la prédication

Si Paul, Jean ou Jésus citent intentionnellement un texte de l’Ancien Testament, c’est qu’ils veulent faire comprendre quelque chose d’important à leurs auditeurs ou lecteurs à propos de la Parole de Dieu.

Ils l’utilisent comme argument, comme explication d’accomplissement, comme illustration…

S’ils ont choisit de citer les Ecritures, c’est que cela leur paraissait judicieux et important.
Cela implique que le Saint-Esprit a choisi de citer plusieurs fois ce qu’il a inspiré dans des périodes différentes de la révélation.

Si nous voulons prêcher en respectant l’intention de l’auteur et en l’utilisant pour faire comprendre comment le texte s’applique à nos auditeurs à nous, nous ne pouvons ignorer l’existence de ces citations et les enseigner comme se elles faisaient simplement partie du texte du NT.

Si nous voulons être convainquant dans nos applications, nous devons être pertinents dans nos explications.

Moi qui suis un étudiant ne maitrisant pas les langues bibliques, je me suis souvent posé la question : Comment être sûr que l’auteur cite intentionnellement un autre texte ?

Dans son excellent livre de théologie biblique sur l’idolâtrie, On ressemble à ce qu’on adore, G. K. Beale expose sept critères qui nous permettrons de déterminer si l’auteur fait bien une allusion à un texte plus ancien

7 critères pour déterminer s’il y a allusion à un texte plus ancien

 

1. Le fait que le texte plus ancien ait été aisément accessible à l’auteur du texte le plus récent

2. L’ampleur du rapprochement

3. La récurrence du procédé

4. La cohérence thématique
La référence vétérotestamentaire concernée convient-elle au raisonnement d’ensemble du second auteur ?

5. La compréhension
Est-ce que l’allusion aide à la compréhension du raisonnement d’ensemble de l’auteur ?

6. La plausibilité historique
Est-ce que les lecteurs du second auteur étaient en mesure de saisir la citation ?

7. L’histoire de l’interprétation
D’autres interprètes ont-ils repéré la même allusion vétérotestamentaire dans ce texte ?

 

Pour celles et ceux qui veulent creuser le sujet

Il existe en anglais un ouvrage très utile sur le sujet : Commentary on the New Testament use of the Old Testament.

Ce commentaire est écrit justement sous la direction de Beale et de Carson. Je vous le recommande vivement !
Personnellement, je me sers beaucoup dans la préparation de mes prédications. C’est une mine d’or.

 

 

RC 

 

 

 

Raphaël est marié à Marion avec qui il a 2 enfants. Ancien Educateur Spécialisé, il est étudiant en dernière année à l’Institut Biblique de Genève et pasteur stagiaire à l’ECE Grenoble. Il est aussi évangéliste associé à France Evangélisation.