Foi et Science

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Ce billet est une réponse à un article paru sur le site Science et Foi : La science et la Bible sont elles conciliables ? 

 

Si nous louons le fait que l’article en question et l’ensemble du site Science et Foi essaient de réhabiliter la science aux yeux de certains chrétiens qui pourraient la dénigrer, nous pensons toutefois qu’ils font fausse route.

Nous apprécions aussi la présupposition que Dieu ne se contredise pas entre ce qu’il dit dans la nature et ce qu’il dit dans l’Écriture.

Mais nous ne pouvons que remarquer que l’article se trompe sur la nature de la création et sur la nature de la Bible. Ses conclusions sur le rapport entre les deux sont donc malheureusement erronées.

Il n’est pas anodin que le site s’appelle “Science et Foi” et que je nomme ma réponse “Foi et Science”.
En pensant que la science parle plus clairement sur les origines de la création que la Bible, le site se trompe et sur la nature de la création et sur la nature de la Bible.

Mon but est donc de rétablir une compréhension plus juste des Ecritures et de la création, afin de mieux comprendre comment les deux se complètent.

Dans cette perspective, nous allons évaluer l’une des présuppositions énoncée dans l’article, qui constitue de fait l’un de points cruciaux de son argumentation :

Puisque les deux [science et Ecritures] sont des révélations qui nous viennent de Dieu, les deux portent l’autorité de Dieu et ne peuvent être ignorées.
Le but premier d’une révélation est de nous en apprendre plus sur Dieu, mais elle peut aussi nous dire comment et pourquoi Dieu a créé le monde.
Parfois les révélations semblent être en conflit, mais puisque Dieu ne dit que la vérité, les deux révélations ne peuvent pas nous enseigner des choses contradictoires.

Encore une fois, nous apprécions grandement ce qui est dit sur la non-conflictualité des deux modes de révélation,  et nous y adhérons de tout cœur.

Mais l’auteur énonce qu’il existe une probabilité qu’au travers de ces deux moyens de révélation, Dieu puisse nous apprendre le comment et le pourquoi le monde fut créé.
Tout l’article se base sur cette assertion, qui n’est jamais démontrée et qui est considérée comme évidente.

Pour l’auteur, le fait que Dieu ait inscrit dans la nature et dans l’Écriture les réponses aux questions les plus existentielles de l’homme (pourquoi l’origine) est l’évidence même.

Cependant, en ce qui nous concerne, il nous parait évident que ce présupposé est faux.
Dieu a utilisé, dès le commencement, la Parole, et non la nature, pour communiquer à l’homme la signification de la création.

Adam n’a pas connu son rôle en contemplant la création mais en entendant Dieu le lui expliquer : il devait se multiplier et dominer la terre.

Bien plus, c’est la Parole qui a créé tout ce qui existe (Jean 1:3). Dieu a littéralement ordonné l’existence de la création par Sa Parole, et par cette même Parole il lui a donné un sens.

La Parole et la création sont toutes les deux indispensables à l’homme.
Sans la création, la Parole ne serait une révélation pour personne. Cependant c’est la Parole qui donne le sens; la création a un autre but.

L’auteur de l’article développe son raisonnement à partir du Psaume 19 et de l’illustration des “deux livres” (livre de la création, livre de la révélation Scripturaire) que ce Psaume a inspiré aux rédacteurs de la Confessio Belgicae (1561).

Prenons comme point de départ l’article 2 de cette confession de foi :

Nous connaissons Dieu de deux façons : d’abord par la création, la préservation et le gouvernement de l’univers, puisque cet univers se présente à nos regards comme un livre magnifique dans lequel toutes les créatures, grandes et petites, sont comme des lettres qui nous apprennent les merveilles des choses invisibles de Dieu : le pouvoir éternel de Dieu et sa divinité, comme le dit l’apôtre Paul dans Romains 1:20.
Toutes ces choses suffisent pour convaincre les hommes et les laisser sans excuse. Ensuite, Dieu se fait connaître plus clairement par sa sainte et divine Parole, autant que nous en avons besoin dans cette vie, pour la gloire de Dieu et notre salut.

En s’inspirant du Psaume 19 et de Romains 1:20, les rédacteurs de la Confession de Foi Belge indiquent que le but de la création est de nous révéler Dieu.
Mais les auteurs sont très spécifiques quant aux éléments révélés par le “livre de la nature” : il s’agit de certains attributs spécifiques de Dieu, comme son pouvoir et sa divinité. En aucun cas la Confession n’envisage que la nature révèle le sens, le moyen, ou le but de la création.

La Bible déclare effectivement que les cieux proclament la gloire de Dieu (Ps. 19:1-7). De la même manière, Jésus indique que les oiseaux et les lys des champs apprennent la providence de Dieu à ceux qui les observent.
Paul est tout à fait en accord lorsqu’il dit que l’existence de Dieu est manifeste au point tel qu’elle se voit à l’œil nu (Ro 1:18-20).

Paul ne se contente pas de dire que la nature révèle simplement la gloire de Dieu : il dit qu’elle la révèle de manière à ce que tout homme sache que Dieu existe et par conséquent soit inexcusable.
Le “livre de la nature” établit la responsabilité de l’homme. Celui-ci a connu Dieu mais n’a pas voulu lui rendre la gloire qui lui est due (Ro 1:21).

Si l’ homme rejette Dieu,  c’est parce qu’il a un cœur mauvais qui ne se soucie pas de connaître Dieu (Ro 1:28).  (1)

Mais Paul ne se s’arrête pas là. Non seulement la création est efficace pour révéler Dieu et sa gloire, mais la conscience de l’homme, une part de la création, l’est aussi : elle lui révèle la loi de Dieu et le fait qu’il est coupable devant son créateur (Ro 1:32 ; 2:1-8 ; 2:25-27).

Ce que la création révèle, c’est la colère du créateur (Ro 1:18), la colère du juste juge qui a révélé son existence et sa bonté à sa créature qui pourtant a choisi de se rebeller.

Rien dans la Parole de Dieu ne nous permet de penser que que la nature ait été créé pour révéler le comment et le quand de la création

Après avoir décrit la fonction révélatrice de la création, l’efficacité de cette révélation et la conséquence de cette révélation, les auteurs de la confession de foi poursuivent en disant :

Ensuite, Dieu se fait connaître plus clairement par sa sainte et divine Parole, autant que nous en avons besoin dans cette vie, pour la gloire de Dieu et notre salut.

Dieu se révèle donc ensuite dans la Parole, mais il s’y révèle de manière différente.
Il y a une différence de clarté dans les révélations et une différence de contenu.

Dieu se fait connaître plus clairement par l’Écriture et ce qu’il nous fait connaître ne nous révèle plus la colère de Dieu, mais le salut de Dieu. Tout ce qui est du domaine de la foi est révélé par l’Écriture.

Si par la nature je connais la colère de Dieu, par l’Écriture c’est l’Évangile qui m’est révélé.
L’Écriture m’apprend comment obtenir la justice que Dieu donne par la foi à la place de la colère que je mérite par mes œuvres.

Il convient également de soulever une carence importante de l’article de Science et Foi.

La création n’y est présentée que sous un seul angle : celui d’une révélation de Dieu. Mais c’est oublier un autre élément important de la création, élément qui influe sur notre façon de comprendre le lien entre la foi et la science.

La création n’est pas qu’une révélation, elle est aussi un monde qui a été confié à l’homme et qui a été placé sous son autorité (Genèse 1:27-31).

Cet oubli est d’autant plus important que c’est sous cet aspect que le concept de science, tel qu’il est entendu par le site Science et Foi, a un sens.

C’est quand nous considérons la création sous cet aspect, celui d’un monde sur lequel l’homme a une responsabilité, qu’il y a de la place pour examiner, réfléchir, faire preuve de créativité.

Lorsque la création est vue sous l’angle de la révélation, l’homme est un récepteur qui perçoit bien le message de la création mais qui le brouille. Il n’a rien à découvrir, à inventer, la création lui dit que Dieu existe, qu’il est un juste juge et qu’il est sous la juste condamnation de ce juge.

La réponse qu’il devrait donner, mais qu’il refuse, devrait avoir la forme de la reconnaissance envers le créateur.

Par contre, quand la création est vue sous l’angle du monde à dominer, l’homme peut utiliser toutes les facultés que Dieu lui a données pour comprendre comment fonctionne ce monde et comment il peut mieux l’utiliser à la gloire de son créateur.

Le chrétien peut avoir confiance en la science. Cette confiance, il est vrai, doit être pondérée. L’effet du péché qui interfère entre la création et l’homme et qui donne à l’homme une tendance à utiliser ses découvertes à mauvais escient ne doit pas être sous estimé.

Le chrétien croit que Dieu a donné à l’homme les facultés mentales et physiques nécessaires à conquérir cette création. Il a donc toutes les raisons d’aborder avec confiance le domaine scientifique, dont le but est de découvrir comment le monde fonctionne et comment il peut être utilisé.

Par contre le chrétien ne peut pas utiliser la science pour découvrir le comment et le pourquoi de la création.

Cela reviendrait à utiliser un thermomètre en espérant qu’il nous permette de comprendre le sens d’un livre en chinois que nous serions incapables de lire.
Connaître la température du livre ne nous permettra pas de comprendre ce que l’auteur du livre voulait nous dire. Ce n’est pas le bon outil.

Par contre, le chrétien dispose d’un outil beaucoup plus clair et parlant que la création pour découvrir son but et son pourquoi : la Parole de Dieu.
En effet, ce n’est pas par la science que nous comprenons que tout a été créé à partir de rien, mais c’est par la foi. Et la foi s’appuie sur la Parole écrite de Dieu et non pas sur la création (Héb 11:1-3).

En ce qui concerne le pourquoi et le comment de la création, l’homme doit donc se tourner, non pas vers la création elle-même, mais vers la Parole de Dieu dans laquelle Dieu nous révèle le comment et le pourquoi de son oeuvre créatrice.

Cette Parole nous apprend que Dieu a fait toute sa création en sept jours par Sa propre Parole, que cette création a été offerte à l’homme pour qu’il fasse de cette terre un temple pour son créateur.

Elle nous apprend que l’homme a échoué à cette tâche mais que Dieu a envoyé un deuxième homme, Jésus-Christ, le Fils incarné, pour conquérir de nouveau ce monde pour son créateur.

Elle nous apprend que par sa mort et sa résurrection, le Messie de Dieu a rétabli l’autorité dont l’homme bénéficiait sur cette création. Tout pouvoir lui a été donné sur la terre comme au ciel et il se recrée maintenant un peuple d’adorateurs au travers de la foi.

C’est aussi pour cela que l’homme chrétien n’a qu’une confiance limitée dans la science. Dans le domaine même où elle aurait dû être utile, elle se retrouve frappée d’inefficacité par les conséquences de la chute.

Au final, c’est par la foi, par la Parole de Dieu, que le monde sera dominé, et non pas par la science.

 

EH

 

 

Pour aller plus loin :

Nature and Scripture, Van Til, Cornelius in The infaillible Word: A Symposium, Westminster Theological Seminary, 1946, p. 225-293, consultable ici.

The Idea of Biblical Theology as a Science, Vos, Geerhardus, in Redemptive History and Biblical Interpretation, The Shorter Writings of Geerhardus Vos, Richard B. Gaffin Jr (éditeur), P&R Publishing, 1980, consultable ici.

Biblical Theology and the Covenants of Work, Lane Tipton, conférence disposable ici.

 

 

Notes et références :

(1) Phrase modifiée le 5/4/2014. Benoit Hébert, de Science et Foi,  pensait que la formulation initialle pouvait induire en erreur les lecteurs de ce blog sur les objectifs du Site Science et foi.

 

 

 

  • Bonsoir,

    Je me suis permis de proposer une réponse à cet article que j’ai découvert très récemment. Je l’exprime à cette adresse

    http://www.scienceetfoi.com/foi-et-science-reponse-a-un-article-du-site-le-bon-combat/

  • Bonjour,
    Il y a là un probléme epistémologique que le Site « Science et foi » n’a pas l’air de saisir. En effet la révélation « naturelle » et la révélation » spéciale ne sont pas au même niveau; et ces deux types de révélations possédent une herméneutique différentes. La révélation naturelle est toujours soummise à la révélation spéciale. C’est une erreur de mettre les deux au même niveau. De plus c’est une autre erreur de croire que la science est neutre. Ceci n’est pas vraie, ni même possible. Je ne peux que conseiller la lecture de l’excellent livre de Vern Poythress « Redeeming science » qui traite de ce sujet. La position evolutionniste théiste entraine des abérrations exegétiques (j’ai écrit un peu sur cel à propos du péché originel : http://evangelion116.fr/feu_pelage/), et le Dr Lamoureux en est un triste exemple. De plus, la position evolutionniste théise est irréconciliable avec la vision biblique alliancielle de l’histoire de la rédemption. Le Dr Gaffin a récemment parlé à ce sujet à la 10th (http://www.tenth.org/resource-library/lectures/inerrancy-adam-amp-the-gospel). Sa rigueur exegétique est exemplaire !
    En Christ,
    daniel Saglietto

    • Merci pour ton commentaire Daniel. Je partage.

      Je crois qu’Emmanuel a d’autres articles en réserve et que cela l’objet d’autres discussions.

      En tout cas, ce que j’apprécie, c’est que les gens de Science et Foi sont ouverts à la discussion, et c’est appréciable.

      gb

    • Emmanuel Hechon

      Bonjour,

      Je suis en total accord avec votre commentaire.

      C’est bien le problème épistémologique que mon article veut mettre en avant et je m’inscrit totalement dans la ligne des sources que vous citez. Comme le montre mon encouragement à lire Vos, Van Til et Tipton.

      Je ne peux donc que sur enchérir sur la valeur des sources que vous proposez pour les anglophones d’entre nous. Richard B. Gaffin est, comme toujours, très pertinent dans ces analyses et la conférence dont vous faîtes référence en est un exemple.

      Une doctrine de l’Ecriture déficiente ne pourra qu’engendrer des déviances dans notre foi. Celle que vous soulevez sur le péché originelle étant la plus problématique puisque, si nous nions que nous recevons l’imputation du péché d’Adam selon Romains 5, il devient difficile d’expliquer que nous recevons la justice de Christ selon le même principe dans ce même chapitre.

      Je n’ai jamais vu, sur tout le site Science et Foi, une seule référence à l’imputation de la justice de Christ pour le chrétien. Cette négligence d’une des doctrines cardinales de la réformation appauvrit, à mon sens, la foi chrétienne.

      Que la grâce vous accompagne,

      Emmanuel

      • Merci,
        J’ai laissé un petit commentaire sur le site « Science et foi ». En voici le contenu :
        Il y a ici un véritable epistemologique à propos de laquelle la démarche apologétique de science et foi n’est pas acceptable. La révélation générale et la révélation biblique ne sont pas au même niveau. Elles sont asymétriques. La révélation générale est toujours soummise à la révélation spéciale. Jean calvin parlait en ce sens des « lunettes » de l’écriture. C’est pour cette raison que la démarche évolutionniste théiste améne souvent son lot d’aberrations exegetiques (http://evangelion116.fr/feu_pelage/). De plus, croire, comme le laisserait entendre la démarche de ce site, que la raison est quasi « autonome » et neutre dans sa démarche inductive n’est pas biblique. La dépravation du coeur de l’homme touche aussi son intelligence (effet noétique du péché). Ainsi, dans le cas d’une démarche interprétative de données scientifique il est peu judicieux de croire que la démarche sera nécessairement neutre. Ceci n’empêche pas de pouvoir donner des ennocés vrais qui décrivent droitement la réalité physique qui nous entoure (l’acquisition de notre conaissance est toujours une démarche réinterpretative et dérivative de la conaissance de Dieu sur cette chose dont il est souverain le créateur (l’epistémologie de Cornelius Van Til est excellente pourvous montrer cela)). Mais les postulats et les théorie qui en découlent pour parler de la période prélapsaire doivent tenir compte du fait qu’une vision uniforme des lois naturelles n’est pas légitime. Dieu a parlé/créé d’une manière unique et qu’il n’a depuis plus repétée. Le repos du septième jour en est la preuve. Vern Poythress le soulignement de façon trés pertinente dans son livre « Redeeming Science ». De plus, dans la logique de Romains 1:18-20, toute conclusion scientifique qui décrirait un dieu incohérent et contradictoire avec le Dieu biblique sont nécessairement fausses ou erronées. Par exemple, dire que la mort humaine était présent avant la chute fait de la mort et de la corruption des ingrédients présents dans la création prélapsaire : Dieu a créé toutes choses bonne et décrire un dieu qui a inclue la mort dans sa création revient à faire une idole qui n’est pas le Dieu trinitaire de la Bible (http://evangelion116.fr/mort-ingredient-originel-creation/). Une saine compréhension de la doctrine biblique de l’innérance des écritures ne permet en aucun cas de faire une dichotomie foi/science, ou foi/histoire. Sinon comment comprendre le témoignage biblique qui parle l’implication providentielle de Dieu au sein de la nature. Il y a bien un déclaration « scientifique » : Dieu est la cause première de toute chose dans l’univers. Sinon, comment pouvoir affirmer l’historicité de Noé, Abraham, Moïse, David et Jésus. Nous devons approcher la Parole de Dieu avec humilité, dans une attitude cannonique et une démarche herméneutique conduite dans l’analogie de la foi. Pour Paul , Adam était clairement un personnage historique et le père de l’humanité entière. Ensuite, pour définir l’innérance biblique, il faudrait faire mieux que d’aller sur wikipedia (voir : http://larevuereformee.net/articlerr/n197). L’innérance biblique souligne clairement que Dieu est vraie dans tout ce qu’il dit : Sa parole posséde ainsi les attributs de Sa seigneurie (je ne peux que conseiller que le trés bon livre de John Frame à ce sujet « The doctrine of The word of God »). Le modéle de Peter Enns s’éloigne complétement de la vision biblique (voir les critique de Poythress (http://www.frame-poythress.org/review-of-enns-inspiration-and-incarnation/) et Beale (http://www.etsjets.org/files/JETS-PDFs/49/49-2/JETS_49-2_287-312_Beale.pdf). De plus, la vision evolutionniste théiste ne peut se réconcilier avec la vision biblique alliancielle de l’histoire de la rédemption (le Dr Gaffin le souligne trés bien ( (http://www.tenth.org/resource-library/lectures/inerrancy-adam-amp-the-gospel)). Pour finir je ne peux que conseiller les excellents articles de Paulin Bedard (http://larevuereformee.net/articlerr/n252/critique-de-l%e2%80%99interpretation-%c2%abcadre%c2%bb-ou-%c2%ablitteraire%c2%bb-de-genese-1) et Jean Paul Dunand (http://larevuereformee.net/articlerr/n245/apologie-de-la-creation ; http://larevuereformee.net/articlerr/n261/genese-et-evolution).
        En Christ,
        daniel Saglietto

  • Bonsoir, Emmanuel, Daniel et Guillaume,

    Encore merci à Emmanuel d’avoir accepté de participer à la discussion sur notre blog. Comme le dit bien Guillaume, nous sommes tout à fait ouvert à une discussion qui permet à chacun d’exprimer ses convictions avec franchise et respect.

    Je veux rassurer Emmanuel, nous croyons tous à l’imputation de la justice du Christ. Notre blog n’est pas un blog de théologie systématique, mais traite plus particulièrement des rapports science/foi…En ce qui concerne nos convictions, elle figure dans notre rubrique http://www.scienceetfoi.com/croyance/
    Nous avons simplement repris la déclaration de foi du CNEF.

    fraternellement
    Benoit

    • Bonjour Benoit,

      Mais crois-tu à l’existence d’un personnage historique appelé Adam ?

      gb

  • Bonsoir Guillaume,

    Nous avons décidé au sein de science et foi de laisser cette question volontairement ouverte à la discussion, et de ne pas prendre de position « officielle » en tant qu’association.

    Tout comme BioLogos, nous laissons la porte ouverte à plusieurs interprétations.

    Ceci dit, je ne crois pas que l’humanité descende d’un couple humain unique créé directement par Dieu. Nous savons aujourd’hui que l’humanité est biologiquement issue d’un processus évolutif, et que la population n’a jamais été plus petite que plusieurs milliers d’individus. En ce sens, je rejoins l’avis d’Henri Blocher, Lydia Jaegger et bien d’autres.

    De façon encore plus précise, l’essentiel pour moi est de préserver le contenu du message théologique de la Genèse: l’homme est pécheur, il est responsable de son péché, donc le péché ne fait pas partie de l’ordre créationnel, ce qui donne tout son sens au salut et à l’évangile. Pourtant, je ne crois qu’il soit nécessaire de maintenir l’historicité d’Adam, personnage historique, pour croire à l’historicité de l’entrée du péché dans le monde par l’homme.

    • Et comment comprends tu Romains 5:12ss alors ?
      Quelle est ton exégèse de ce passage ?

  • Je serais curieux de savoir, à partir de quel endroit des généalogies de la Genèse, on doit, selon Monsieur Hebert, considérer que les noms propres correspondent à des personnages historiques.

    Car si Adam n’a pas été un individu, il serait difficilement admissible qu’Eve, Caïn, Abel et Seth, l’aient été pour leur part.

    Et, si Eve n’a pas non plus été un personnage historique, quel sens donne-t-il aux paroles de Paul dans la première épître à Timothée : Car Adam a été formé le premier, Eve ensuite ?

    N’y avait-il pas dès le départ une moitié de femelles dans la horde des quelques milliers dont il fait descendre l’homme ?

  • Bonjour Claude,

    Très bonne question! Et il y a encore plus troublant chez Paul, actes 17:26
    « A partir d’un seul, il a créé tous les peuples… »
    Nous n’avons plus que deux possibilités ou bien croire que Paul parle d’Adam et révèle une vérité scientifique divinement inspirée, ce qui est l’option la plus répandue chez les évangéliques, ou bien accepter que Paul, dont le but n’est pas de faire un cours d’anthropologie, s’exprime avec ses connaissances et celles qui étaient admise à son époque pour évoquer l’unité de la race humaine. En ce qui concerne les patriarches, il ne m’appartient pas de dire qui est historique ou pas. Je traduis en ce moment le cours de Denis Lamoureux qui est le théologien qui m’a le plus éclairé sur ces questions. Il traite du symbolisme des généalogies de l’AT comme du NT dans Evolutionary Creation et ici (épisodes 175, 178)
    http://www.ualberta.ca/~dlamoure/350audioslides.html

    en ce qui concerne les croyances de Paul à propos d’Adam
    nous avons publié
    ça
    http://www.scienceetfoi.com/ressources/adam-eve-histoire-paul/

    • Bonjour Benoît,

      Merci de trouver très bonne ma question. Par contre, sans vouloir vous vexer, je trouve plutôt médiocre votre réponse :

      1) Si Paul parle d’Adam, il ne révèle pas une vérité scientifique, comme vous l’écrivez. Car la création directe, spéciale, d’un être aussi complexe et fait à l’image de Dieu, si elle a réellement eu lieu dans l’histoire, se situe évidemment en dehors du champ de la science ! Elle n’est ni reproductible, ni réductible à des principes élémentaires de la physique.

      2) Si Paul ne parle pas d’Adam, alors nous ne devons pas le considérer comme un orateur chrétien bien intentionné, en train de plaider l’unité de la race humaine, en faisant appel aux connaissances erronées de son époque, mais plutôt comme un casuiste artificieux et séducteur.

      En effet, pour justifier une Rédemption qui s’étendrait à toute la race humaine, Paul établit un parallèle entre un « premier Adam » (qui en fait n’a jamais existé) et un « dernier Adam » (titre qui n’a donc plus beaucoup de sens). Il explique que comme le péché est entré dans l’humanité par un seul homme (Adam), le salut nous est également acquis par un seul (Jésus-Christ). Toute son argumentation tombe donc avec le préjugé d’un ancêtre unique à la race humaine.

      3) Parler d’Adam ne résout en rien le problème posée par Eve. Si elle aussi descend du troupeau d’hominidés primitifs, sa création postérieure à celle d’Adam selon le récit biblique (cautionné par Paul) n’a strictement aussi sens, ni matériel, ni symbolique. Quant à se servir de ce dogme pour justifier que la femme ne doit pas prendre de l’autorité sur l’homme, ce n’est plus une concession faite par Paul aux coutumes de son temps, mais le comble d’un machisme obscurantiste. Vous n’avez rien répondu sur Eve.

      4) Henri Blocher, Lydia Jaeger, Denis Lamoureux sont certainement des grandes pointures dans le microcosme des facs évangéliques… Mais leurs noms sont ignorés de la Science : ils n’ont rien découvert. Leur autorité dans un débat relatif à la foi chrétienne, s’ils en ont une, ne peut donc pas s’évaluer par des connaissances scientifiques, ou des diplômes scientifiques, devenus aujourd’hui très accessibles et très communs. C’est plutôt la qualité de leur exégèse biblique qui doit être considérée.

      La science n’est pas ici le problème : la science fait tout simplement son boulot sans se préoccuper de la Bible. Si elle se trompe, ce n’est pas grave, elle s’en apercevra et corrigera dans la mesure de ses moyens, comme elle a toujours fait ; c’est ainsi qu’elle progresse.

      Par contre, si celui qui prêche et explique les Ecritures se trompe. Ça peut être très grave ; catastrophique même, s’il détruit la foi des faibles. Et c’est bien là qu’est le problème.

      Cordiales salutations.

    • Benoit,

      je manque de temps pour répondre en ce moment, mais il me semble que Daniel Saglietto a déjà indiqué un certain nombre de ressources où la démarche herméneutique de M. Lamoureux est examinée en détail.

      Afin d’être le plus ouvert possible, je pense qu’il est bon de lire cet ouvrage dans la collection Counterpoint, dans lequel D. Lamoureux écrit :
      http://www.amazon.com/Four-Views-Historical-Adam-Counterpoints/dp/0310499275

  • Rebonsoir Claude,

    Qd on réfléchit à l’aspect théologique de ces questions qui sont également pour moi l’aspect le plus essentiel, on ne peut éluder les interrogations que vous mentionnez. On pourrait en écrire des livres entiers…je vais essayer d’aller à l’essentiel.

    1) Je crois au miracle, comme je l’ai déjà expliqué à propos de la résurrection ou de la naissance virginale du Christ…donc là n’est pas le « problème ». C’est plutôt un pb méthodologique quant au rôles respectifs de la science et de la Bible. Comme bcp, nous proposons de faire dialoguer la révélation des œuvres de Dieu dans la nature, révélée par la science, et la révélation biblique. Toutes les lignes de preuves matérielles convergent ( la génétique en particulier) vers une origine évolutive de l’humanité, au même titre que les autres espèces. Ce qui n’enlève au passage rien au caractère unique et spirituel de cette humanité, et de sa création à l' »image de Dieu », notion qui mériterait qu’on la définisse. Refuser ces découvertes au « nom de la Bible », c’est mettre en contradiction les œuvres de Dieu avec sa Parole, ou plutôt des préjugés d’interprétation de cette Parole, en particulier le « concordisme », c’est à dire la supposition légitime a priori que le Saint Esprit » a révélé la méthode de création de l’humanité. L’erreur est du même type que celle qui a motivé ceux qui se sont opposés à Copernic ou Galilée, y compris Luther ou Calvin.

    2) Le parallèle entre Jésus et Adam est en effet très significatif. Pourtant, on peut conserver la signification spirituelle de ce texte qui pointe avant tout vers le Christ sans maintenir le « dogme » d’un ancêtre unique de l’humanité. C’est sans doute une manière « anti intuitive » de lire le texte, mais Paul a à plusieurs reprises écrit des choses « difficiles » à comprendre et rien ne nous garantit qu’interpréter la Bible soit toujours facile, même si je rejoints l’avis des réformateurs concernant la clarté des Ecritures sur l’essentiel. Georges Daras traite de cette question dans cet article. http://www.scienceetfoi.com/adam-et-eve-ont-ils-existe-reponse-aux-arguments-evangeliques-2-par-daras/

    3) Je ne prétends pas avoir une réponse définitive concernant Eve, et surtout l’application « théologico-pratique » faite par Paul. Une chose est sûre, ne pas croire dans la nécessité d’un « Adam historique », c’est aussi ne pas croire dans la nécessité » d’une Eve historique ». Ce passage est-il à mettre sur le même plan que la nécessité pour la femme de se voiler « à cause des anges »? Je doute que malgré la justification très « spirituelle » et apparemment intemporelle de cet ordre de Paul, toutes le mettent aujourd’hui en application dans l’église…

    4) Vous parlez comme si les connaissances extra bibliques n’avaient aucun rôle à jouer dans l’exégèse, ce que je conteste évidemment, et nous rejoignons le point 1) de notre discussion.

    Au fond, le seul vrai pb est celui-ci: devons-nous nous attendre à ce que la science confirme les « révélations scientifiques » de la Bible, au nom de son inspiration? Comme plusieurs, je constate aujourd’hui que cette position est devenue intenable, et que cela n’a rien à voir avec la foi.

    J’ai tout autant que vous le souci de ne pas « troubler les faibles », mais j’ai aussi le souci de présenter à nos contemporains une foi, qui certes « est une folie » spirituelle mais pas un suicide intellectuel, car Dieu ne nous trompe pas quand nous découvrons comment il s’y est pris pour créer.

    • Benoît,

      1) A partir du moment où vous croyez de bonne foi au miracle, la difficulté de concilier les données de la science et celles de la Bible est virtuellement surmontée.

      Vous croyez en particulier à la réalité du premier miracle accompli par Jésus-Christ : la transmutation de l’eau en vin aux noces de Cana. D’un point de vue scientifique ce fait (il s’agit d’un fait puisque le miracle est réel) reste absolument inexplicable : la quantité d’énergie mise en jeu dans les changements d’atomes impliqués de ces hectolitres de liquide est phénoménale, sans parler de l’aspect qualitatif plus sidérant encore. Jamais aucune théorie de la matière ne pourra rendre compte de ce qui a pourtant eu lieu. Toujours de bonne foi vous admettez aussi que ce breuvage, était absolument semblable au vin fabriqué en beaucoup plus de temps par les procédés ordinaires des vignerons, excepté qu’il était bien meilleur.

      Dès lors, dites-moi en quoi la création d’Adam et Eve, au corps assez voisin de celui des grands singes, vous pose problème. Un Dieu qui se plaît à faire par miracle du vin plus excellent que l’ordinaire, n’est-il pas libre de susciter la plus remarquable des créatures de la poussière de la terre, sans passer par un long processus évolutif ? Admettre un miracle tiré de l’Evangile, un seul, revient à les admettre tous.

      2) Chercher à sauver le parallèle entre le premier et le dernier Adam, après avoir décidé l’irréalité d’un premier Adam, c’est regarder du mauvais côté du télescope, c’est confondre l’objectif avec l’oculaire. Dieu ne s’accommode pas d’un univers physique en y trouvant par hasard des allégories sur le salut, mais plutôt il « accommode » l’univers matériel à ses volontés spirituelles. Autrement dit il avait déjà en vue l’œuvre du dernier Adam, en créant le premier.

      3) Q’une habitude vestimentaire ait changé de signification entre l’époque de Paul et la nôtre, le voilement de la chevelure féminine, n’affecte en rien les rôles respectifs de l’homme et de la femme occupés dans la pensée du Créateur : les cheveux de la femme demeurent sa parure naturelle, aucune mode n’empêche qu’ils soient d’eux-mêmes plus abondants et plus soyeux que ceux de l’homme. Vous ne pouvez donc pas mettre sur le même plan le signe de la coiffure, avec ce que représente le signe, à savoir l’altérité créationnelle de l’homme et de la femme.

      4) Je crois comme vous que l’étude du monde physique modifie notre interprétation de certains passages de l’Ecriture, notamment bien sûr notre lecture des premières pages de la Genèse, mais de manière beaucoup moins importante que ce que vous imaginez. Car l’Ecriture nous communique la vision d’un Créateur qui seul possède l’existence absolue ; la matière, les lois de la matière ne sont rien en elles-mêmes, elles sont seulement ce que Dieu décide. De la verge de Moïse l’Eternel fait un serpent, d’un serpent il fait un bâton. La science peut savamment étudier les serpents et les bâtons, en dire des choses très doctes, mais quant à elle-même, elle n’a jamais créé aucun serpent ni aucun bâton. A moment donné il lui faut s’incliner et comme Job mettre sa main sur la bouche, et comme les magiciens dire : c’est ici le doigt de Dieu.

      Ainsi la science nous suggère fortement que l’univers existe depuis 15 milliards d’années ; pour ma part, je crois comme une majorité de chrétiens que la Genèse ne s’oppose pas à cette vision des choses. Mais comme une, majorité de chrétiens je crois aussi que Jésus-Christ reviendra du ciel d’ici non pas des ères géologiques, mais une durée à échelle humaine, la mesure des millénaires de l’histoire. Selon sa promesse, il créera de nouveaux cieux, une nouvelle terre : vision totalement différente des milliards d’années nécessaires pour que les étoiles meurent de leur mort naturelle. On peut donc faire un bout de chemin avec la science, mais lui fausser compagnie dès que le Seigneur bouge le petit doigt. L’un n’empêche pas l’autre ; ce n’est pas de l’opportunisme, mais du bon sens chrétien.

      Petits enfants, disait Jean, méfiez-vous des idoles. La science en devient une si l’on y prend pas garde.

      Bonne soirée,
      Claude.

  • rebonsoir Claude,

    Les choses ne sont pas aussi simples!

    1) Vous n’êtes pas aux courants de la nature des preuves génétiques qui montrent que le chimpanzée est notre cousin biologique le plus proche (pas notre ancêtre!). Ce n’est pas une question de ressemblance des génomes, mais le code génétique tout entier raconte notre histoire évolutive, ainsi que tous les liens de parentés entre les espèces. Croire que Dieu a créé l’homme directement n’est absolument pas la même chose que croire qu’il a changé l’eau en vin. Ce serait la même chose concernant la terre (puisque vous acceptez son grand âge), que de croire que toute l’histoire géologique de la terre n’est qu’une illusion, et d’affirmer sur la base de la Bible que l’univers a quelques milliers d’années, comme les créationnistes jeune terre. Il y a une incohérence profonde dans votre position.

    2) Ce n’est pas Dieu qui parle, mais Paul…mais si la Bible est inspirée, je ne crois pas que ce soit la même chose.

    3) le voile des corinthiens n’est pas simplement la chevelure, mais un voile porté par dessus la chevelure. Donc ma remarque est la suivante, si Paul, pour justifier que la femme doive porter un tel voile utilise un argument spirituel et non culturel, pourquoi ne devrions-nous pas nous y soumettre aujourd’hui? Certains mouvements évangéliques ont renoncé à cette pratique depuis pas si longtemps que ça, mais l’argumentation théologique sous-jacente est loin d’être cohérente.

    4) Vous vous servez des apport de la science pour interpréter le texte qd cela vous arrange, car rien dans le texte lui même vous dit qd vous avez le droit de le faire ou pas. De ce point de vue là, les créationnistes de la jeune terre sont plus cohérents que vous.

    coradialement

    • Benoît,

      1) Le vin de Cana, porté au labo, aurait lui aussi montré une histoire du vieillissement de ses tanins, une signature du sol où ses ceps de vigne auraient puisé leur sève… s’ils avaient existé.

      « Croire que Dieu a créé l’homme directement n’est absolument pas la même chose que croire qu’il a changé l’eau en vin. »

      C’est une simple affirmation de votre part, vous ne la justifiez par aucun argument (n’oubliez pas que vous croyez au miracle, et que par définition le miracle ne s’explique pas).

      2) Ce n’est pas Dieu qui parle, mais Paul… Jésus lui même a corroboré le récit de la Genèse sur la création de l’homme et la femme, lorsqu’il a répondu à la question des pharisiens sur la question du divorce. Irez-vous jusqu’à dire : « ce n’est pas Dieu qui parle, c’est Jésus » ?

      3) En refusant de mettre un voile sur leur chevelure certaines femmes de l’église de Corinthe signifiaient par là une révolte contre l’ordre établi et l’intention d’occuper une position d’autorité égale à celles des hommes ; c’est cette intention que Paul combat, et non la question vestimentaire en elle-même qui peut varier au fil du temps. Preuve en est que les hommes juifs portent aujourd’hui une kippa pour prier tandis que Paul dit exactement l’inverse.

      4) Vous appelez position incohérente ce qui ne rentre pas dans votre cadre habituel d’argumentation : il vous faut soit des jeunesterristes soit des vieux. Or la vérité se trouve en général être ce à quoi on n’a pas pensé, de sorte qu’on est toujours surpris en la voyant. Vous avez décidé dans votre for intérieur qu’Adam n’était pas un personnage historique ; peu importe donc que Dieu ait pu le créer par un miracle, il aurait pu mais il ne l’a pas fait, vous ne sortirez pas de là.

      La prochaine fois que fois que vous corrigerez des copies, ayez de l’indulgence pour ce type d’élèves un peu scolaires qui s’embrouillent toujours dans des calculs épouvantables, pour aboutir à une formule invraisemblable, alors qu’une simple analyse aux dimensions leur aurait montré que leur résultat ne pouvait être que faux. Vous croyez que Dieu est le Créateur de l’univers, et en même temps vous prétendez rendre compte de l’existence de l’homme par le processus mécanique de l’évolution ; aucune argutie philosophique ne pourra empêcher que votre formule soit dimensionnellement fausse dès le départ : il y manque l’action de Dieu.

      Sur ce, et malgré mon ton un peu leste, je vous remercie sincèrement de cet échange, désormais clos pour ma part.

  • Merci Claude pour cet échange sincère.

    Quelques dernières remarques pour clore cette discussion de mon côté.

    1) Si vous étiez au courant des millions de preuves indépendantes issues de la répartition géographique des espèces, de l’anatomie comparée, de l’étude des fossiles, de l’embryologie, et de la génétique, et ceci pas seulement pour l’homme, mais pour toute les espèces vivantes, vous comprendriez pourquoi il n’est pas là question de croire au miracle ou pas, mais de croire en un Dieu qui nous aurait littéralement berné en nous faisant croire à une histoire évolutive qui n’a pas eu lieu. Vous ne pouvez pas accepter les preuves de l’âge de la terre et rejeter celles de l’évolution, elles sont épistémologiquement de même nature, et elles ne concerne pas que l’humanité.

    2) Jésus parle de l’institution du mariage par Dieu, mais à aucun moment il ne mentionne explicitement Adam et Eve. Et qu’en est-il quand il mentionne le grain de sénevé comme « la plus petite graine de toute la terre », alors qu’il en existe de plus petites; comme celle de l’orchidée, par exemple…Nous ment-il? Ou bien peut-être que dans son contexte historique et culturel, c’était effectivement la plus petite graine connue…Et peut-être même que le Christ, dans son humiliation, ne savait pas tout sur tout quand il était sur la terre? Il ne connaissait d’ailleurs pas l’heure, ni le jour de son retour…

    4) J’ignore ce à quoi vous faite allusion. Avez-vous une autre option que celle d’une terre ancienne telle que nous le dit la géologie (4.5 milliards d’années), ou la jeune terre des créationnistes (6000 ans). L’apparence d’âge. La gap theory?

    Ne faite pas de procès d’idolâtrie ou d’intention aux autres, c’est dangereux. Contentez-vous d’argumenter sur le fond. Pour ma part, je ne mets pas en doute ni votre foi, ni la sincérité de vos motivations.

    Il ne manque en rien l’action de Dieu si on considère que la méthode divine de création est précisément l’évolution, et j’aime bcp l’analyse dimensionnelle
    ;-)…

  • Cher Benoit, je pense qu’outre les arguments théologiques qui rendent inconciliables la théorie de l’évolution et la doctrine de la Chute/ Rédemption, la vraie racine de votre problème avec la Genèse se trouve dans votre affirmation « j’ai le souci de présenter à nos contemporains une foi qui ne soit pas… un suicide intellectuel ».
    Quand la motivation est fausse, les conclusions le sont aussi. Certes vous éviterez le rejet et la persécution, serez applaudis et acceptés par le monde, mais en trompant et en étant trompés.
    L’évolution est une pseudo-science basée sur tout un tas de supercheries intentionnelles. Je vous renvoie à l’article:
    http://www.info-bible.org/science/evolution.htm

    Par ailleurs la (vraie) science ne nie pas l’existence d’Adam.
    Cf: http://www.info-bible.org/science/adam-eve-monogenese.htm

    La génétique confirme la mono-genèse.
    Demain défendrez-vous la « théorie du Genre » qui sera « scientifiquement » démontrée par les mêmes fumistes?

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