Le rôle pastoral ou celui d’enseignant est-il ouvert aux femmes dans l’Église ?

En photo, Emmanuelle Seyboldt, présidente de l’Eglise Protestante Unie de France (EPUdF)

Question difficile… et controversée : que penser des femmes pasteures ? Ou plutôt devrait-on la poser ainsi : qu’est-ce que Dieu pense de l’idée d’une femme dans le ministère pastoral ?

Difficile de se positionner, les passages clés sont souvent âprement débattus et controversés. L’étendue des discussions entre “égalitariens”, “complémentariens”, et ceux qui se positionnent à mi-chemin est si important que nous ne pouvons pas parler d’un survol, dans cet épisode.

>> Pour une définition du complémentatisme et de l’égalitarisme, rendez-vous ici.

 

Néanmoins, certains passages régulièrement invoqués par les égalitariens sont abordés :

  • 1 Timothée 2:9-5
  • 1 Cor. 11:2-16; 14:33-36
  • Le rôle de Déborah dans le livre des juges, etc…

 

Alors, une femme peut-elle accéder au rôle pastoral ? Ou bien peut-elle simplement enseigner dans l’église ? Prenez le temps d’écouter cet épisode : quel est votre position ?

 

>> Musique : Village People, Macho Man
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Coram Deo est l'émission hebdomadaire de Pascal Denault et Guillaume Bourin pour CFOI-FM, dont les podcasts sont retransmis sur Le Bon Combat tous les mardis.

  • Caillou

    Bonjour,

    Si une responsabilité de direction n’est pas possible pour une femme dans l’Église pour des raisons créationnelles, que penser des femmes qui ont des rôles de direction en dehors de l’Église, cheffe d’entreprise, cadre, enseignantes dans l’université (qui enseignent, entre autre, à des hommes) etc. ? Si c’est pour des raisons créationnelles, l’interdiction ne devrait-elle pas être valable dans toutes les sphères de la création, de la société ? Qu’en pensez-vous ?

    • Francine

      Au contraire, tout ce qui augmente le contraste entre l’Église et le monde fait ressortir la beauté de la pensée divine sur l’homme et la femme. En elle-même la création n’attribue aucune supériorité de rôle au mâle ; c’est plutôt souvent l’inverse : voyez la ruche ou la fourmilière, avec sa reine-mère au centre, ses armées de techniciennes, ses éléments masculins utiles seulement à la reproduction. Aussi serait-il plus pertinent de parler d’ordre surnaturel que d’ordre créationnel au sujet des raisons invoquées pour justifier la mise à l’écart des femmes d’une position d’autorité dans l’Église ; si la première femelle humaine a réellement été tirée d’une côte d’homme, c’est là un miracle sans exemple dans toute la création, et dont la signification ne peut être surestimée.

      L’image de Dieu dans l’homme définitivement niée, le modèle de la fourmilière semble le plus approprié au développement d’une société hautement organisée : les femmes sont bien meilleures en termes de relation, d’efficacité, de prévoyance. De fait on assiste à leur accès progressif aux postes de direction, ou même s’il ne s’agit pas de position officielle, à leur pouvoir prépondérant (voyez notre nouveau couple présidentiel, par exemple). Dans la grande ville, deux invocations opposées doivent se faire entendre ici-bas, avec une intensité et une fréquence croissantes, jusqu’au retour de Christ, qui donnera à chacun la place et le caillou personnel, blanc ou noir, qui lui conviennent.

      Grande est la Diane des Éphésiens !

      Tu es le plus beau des fils de l’homme… Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui !

      • Caillou

        Peut-être qu’il me faut élaborer un peu plus ma question. L’ordre créationnel, c’est ce dont parle Paul dans 1 T 2, c’est le fait que lors de la création de l’humanité, « Adam a été créé en premier puis Ève », il y a donc eu un ordre chronologique de création de l’homme et de la femme. L’ordre créationnel, ici, c’est ce cas précis de la création de l’homme et de la femme et pas l’ordre général dont la création est régie. Et c’est sur cette base que Paul interdit aux femmes d’Éphèse d’enseigner en dominant sur l’homme.

        • Francine

          Effectivement, je ne vois pas où est votre question. Prenons un exemple : une femme peut-elle devenir une autorité en biologie, et l’enseigner à un niveau universitaire ? Il n’existe à l’heure actuelle aucune théorie scientifique qui fasse descendre l’humanité d’un couple unique, dont la femelle serait apparue postérieurement au mâle. En quoi donc l’argument utilisé pour expliquer que les femmes ne devraient pas être pasteur s’appliquerait-il à l’enseignement de biologie ?

          Vous me direz : « Oui, mais si cette professeur de biologie est chrétienne ? » Je vous réponds : Si cette professeur est chrétienne, qu’enseigne-t-elle sur l’origine de l’homme et de la femme ? Jésus a déclaré : N’avez-vous pas lu que le Créateur, au commencement, fit l’homme-mâle, et la femme-femelle ? Etre chrétien, c’est croire que Jésus est le Fils de Dieu venu en chair ; et il se tromperait sur un sujet aussi important, en affirmant la création directe de l’homme et de la femme, et dans l’ordre indiqué, le mâle puis la femelle ! Ou accorde-t-il ici une simple concession à l’ignorance scientifique de son temps, tout en sachant beaucoup mieux à part lui ? Outre ce que ce procédé aurait de malhonnête, son argument aux pharisiens contre le divorce n’aurait ici plus aucune valeur.

          En résumé, la place de la femme dans le monde ne peut pas être déterminée par l’ordre créationnel, parce que le monde ne croit pas que la femme ait été créée après l’homme ; l’Église n’a ni le devoir ni les moyens de lui d’imposer cette croyance. Par contre, les preuves scientifiques de l’unicité d’un premier couple humain seront les bienvenues ; on les attend.

          • Caillou

            En toute rigueur, le texte d’1 Ti n’interdit pas à la femme d’être pasteur, mais il lui interdit d’enseigner (mais les podcasteurs s’appuient sur ce texte pour dire que la femme ne peut donc pas être pasteur) et de prendre autorité (à moins de n’employer que des femmes, une femme cheffe d’Entreprise devra prendre autorité sur des hommes, quelque soit ses compétences et qualités relationnelles). Et Paul utilise un argument basé sur le récit de la création de la Genèse pour appuyer cette interdiction (et on se moque bien des théories scientifiques aussi valables soit elles, je ne m’intéresse qu’à l’argumentation de Paul dans 1 Ti 2).

            Ensuite, bien évidemment, je parle des femmes chrétiennes qui veulent obéir à l’Écriture, Paul, s’adresse à des chrétiens de toute façon.

            Donc si l’interdiction est universelle et non circonstancielle (comme le défendent Guillaume et Pascal), une femme ne peut pas enseigner des hommes, point, quelque soit les circonstances. Donc aussi quelque que soit le sujet : la trinité, la biologie moléculaire, la cuisine, et tout ce qu’on peut imaginer. Et une femme ne peut pas prendre autorité sur un homme non plus quelque soit les circonstances (cheffe d’entreprise, présidente d’association etc. ). Ma question est donc : Guillaume et Pascal sont-ils d’accord avec les implications que je tire de leur raisonnement ?

            Est-ce plus clair ?

          • Francine

            …on se moque bien des théories scientifiques aussi valables soit elles…

            Je ne vois pas comment vous pouvez vous moquer d’une théorie « valable », qui contredit complètement le récit biblique, puis poser des questions sur un « ordre créationnel », qui n’a pour le coup aucune réalité, si la théorie scientifique de l’apparition de l’homme est « valable ».

            Est-ce plus clair ?

            Ce qui est clair, c’est que vous ne posez la question que pour souffler au lecteur la réponse suivante : S’il faut interdire l’accession des femmes à des postes d’autorité dans l’Église, parce que la création de la femme est postérieure à celle de l’homme, alors il faut limiter de même leurs activités en dehors de l’Église ; ce que vous ne pouvez raisonnablement pas faire sans bloquer toute la société actuelle, et vous mettre au ban de l’opinion publique.

            Argumentation tout-à-fait spécieuse, puisqu’elle ne tient aucun compte de la réalité : la société actuelle ne croit pas à l’ordre créationnel de la Genèse, et vous ne pouvez pas savoir ce qu’elle aurait été si elle y avait cru. La révolte de l’humanité contre Dieu, n’est pas une abstraction mais une étendue concrète, l’Église doit naviguer au milieu de cette mer hostile sans prétendre au pouvoir de la réguler.

            En toute rigueur, le texte d’1 Ti n’interdit pas à la femme d’être pasteur…

            Vous savez fort bien que Paul n’a jamais envisagé que les femmes puissent être pasteur (Il faut donc que l’évêque soit irréprochable, mari d’une seule femme…). Ces trois mots, « en toute rigueur », en disent suffisamment long sur vos intentions, et sur votre propre rigueur morale et intellectuelle.

          • ii

            Mais le simple fait qu’une femme était apôtre ne devrait-il pas réduire ces débats à néant et opter pour la contextualisation précise ?

          • Francine

            On ne peut pas présenter comme un fait ce qui nourrit autant de débats contradictoires :
            https://en.wikipedia.org/wiki/Junia
            Il est par contre absolument certain que dans tout le N.T. la position de pasteur est réservée à des hommes, et que cela a été la pratique universelle de l’Église des premiers siècles. Quoiqu’il en soit, l’os de la dispute se situe dans l’ordre créationnel : si la femme n’a pas été, physiquement, de fait, en réalité, créée après l’homme, tout le raisonnement de Paul s’effondre. S’il en a été ainsi, il s’agit là d’un miracle absolu, dont jamais aucune théorie scientifique ne pourra rendre compte.

            Ne pas vouloir regarder en face cette alternative est la nouvelle grande hypocrisie d’une partie de la mouvance évangélique : on veut bien accepter que Jésus ait été conçu sans un père humain, car sinon on ne pourrait plus être appelé chrétien ; mais on ne peut pas admettre que Dieu ait créé Adam de la poussière de la terre et Ève d’une côte, car sinon on passerait pour arriéré aux yeux du public. Comme toujours la vraie question est celle du surnaturel : Dieu fait-il des miracles ? Si oui, ces miracles entraînent nécessairement des conséquences permanentes dans l’ordre naturel : les atomes des pains et des poissons sont toujours parmi nous.

          • ii

            Moi j’attend toujours de savoir ce qu’il y a dans ce deuxième chromosome X qui permet à la femme d’enseigner l’école du dimanche ou en groupe de maison mais qui ne lui permet pas d’enseigner le dimanche.

          • Francine

            En eux-mêmes les chromosomes sont insuffisants à définir le genre d’une personne humaine. Il existe des femmes XY (syndrome de Swyer), https://en.wikipedia.org/wiki/XY_gonadal_dysgenesis
            et des hommes XX (syndrome de la Chapelle)
            https://en.wikipedia.org/wiki/XX_male_syndrome

            Supposons qu’un homme XX (Monsieur de la Chapelle) épouse une femme XY (Mademoiselle de Swyer), les deux ignorant tout de leur anomalie génétique respective. Monsieur de la Chapelle (au nom prédestiné), devient pasteur et prêche tous les dimanches, tandis que son épouse enseigne les enfants. Au bout de quelque temps, le couple éprouvant de la difficulté à concevoir (puiqu’il est en fait doublement stérile), consulte un médecin, qui leur fait faire un caryogramme. Oh stupeur ! ils apprennent que monsieur est en réalité madame, et madame monsieur. En toute conscience chrétienne, et face à l’Écriture que doivent-il faire ? D’abord remercier la Providence de constituer malgré tout un couple hétérosexuel (XY-XX) ; en effet si seul l’un d’eux eût été porteur de son syndrome, ils auraient chromosomiquement parlant formé un couple homosexuel (XX-XX ou XY-XY) ; ce qui aurait quand même été embarassant si l’affaire venait à s’ébruiter…

            Maintenant monsieur de la Chapelle doit il céder le pupitre à madame, et madame son flanellographe à monsieur ? Je ne le pense pas, car ici l’apparence compte plus que l’essence. En effet, par principe toute autorité est déléguée et publique ; le pasteur représente aux yeux des humains et des anges une charge qui lui a été remise de Dieu ; sa masculinité est avant tout un symbole, celui de la souveraineté de Jésus-Christ sur son Église. De même la féminité n’est en Christ qu’un symbole de soumission et d’adoration de l’Église envers son Seigneur. Le « couple pastoral » sera donc bien avisé de garder privé leur caryotype un peu spécial et de continuer à assumer leurs rôles publics. Du reste nous savons bien que dans beaucoup de couples évangéliques et pastoraux, au demeurant tout-à-fait ordinaires quant à leurs chromosomes, c’est en réalité madame qui porte la culotte.

          • dan

            Chère Francine,
            Ce que nous voyons comme un miracle n’est qu’une limite de notre connaissance. Ce que vous désignez comme « la science » n’est qu’une toute petite partie du savoir. Et Adam est bien fait de terre et la femme créée d’une côte d’Adam. Avant Junia, il y a Marie, pas besoin d’aller si loin.
            Pour revenir à la création, le fruit vient-il de l’arbre ou l’arbre du fruit ?

            Du point de vue de l’apparence, la branche est l’origine du fruit autrement dit « le fruit provient de l’arbre ») : mais en réalité, la branche est venue à l’existence dans le but de produire le fruit.
            C’est pourquoi la réalité éternelle est que l’arbre est né du fruit, même si en apparence le fruit est engendré par l’arbre. Voyez-vous maintenant quelle est la bonne question ?

          • Jean-Luc Burnod

            A Dan : cette histoire de l’origine me semble bien mal posée ! Dans le discours anti créationnisme, on demande toujours si le premier c’était l’oeuf ou la poule, mais pour avoir travaillé à un moment de ma vie dans un élevage de poules pondeuses, je peux t’affirmer que pas un seul poussin n’est sorti des 60 000 œufs produits quotidiennement. Pour la simple raison qu’il leur manquait les chromosomes d’un coq pour être féconds et engendrer une progéniture…

            En conclusion, pour qu’il y ait une descendance, il est indispensable qu’un couple original (mâle ET femelle) ait été créé en premier. Donc, dans le cas de ton arbre, il est difficile d’affirmer que la « réalité éternelle » ce serait le fruit d’abord (puisque la production d’un fruit implique préalablement une « fécondation croisée » de la fleur qui va le produire), mais bien le(s) arbre(s) en premier(s), comme c’est précisément décrit dans le récit de la Genèse, qui ne fait apparemment pas que dans la symbolique…

          • dan

            Salut Jean-Luc, ce que je veux signifier – sans entrer dans le débat de savoir qui a raison ou tort – c’est que si l’on pense que l’homme est le but de la création (microcosme), alors l’homme est forcément d’abord, en totalité, le macrocosme. Après, pour les histoires de chromosomes je te laisse méditer sur le blob https://www.youtube.com/watch?v=47qiwqKRef0 (pour apprendre à apprendre, il faut commencer par apprendre à désapprendre)

  • Jean-Luc Burnod

    Si nous restons dans la simple « logique créationnelle » développée ici, nous devons admettre que si l’enseignement est interdit aux femmes, Déborah (qui en tant que juge enseignait Israël) n’était pas dans la volonté de Dieu. Ce que la Bible ne nous dit absolument pas… Ou alors il s’agirait d’une exception qui infirmerait la « règle » (instituée par qui ?…)

    Il me semble que 1 Timothée 2:12 (sur lequel beaucoup appuient cette interdiction) mériterait d’être bien étudié avant de lui faire dire autre chose que ce que Paul avait en tête. Rien que l’expression grecque que Paul a choisi et qui est malheureusement traduite par :« prendre autorité » devrait nous mettre sur la voie d’un enseignement qui « met à mort de sa propre main » (traduction littérale de « authenteo »). Si nous suivons le raisonnement de l’apôtre, nous ne sommes pas ici dans l’interdiction de l’enseignement de la bonne nouvelle du salut, mais dans celui de « l’arbre de la connaissance du bien et du mal » que Ève a donné à Adam et qui a fait entrer le péché et la mort dans le monde… Il ne s’agirait pas à ce moment là d’interdire tous les enseignements aux femmes, mais seulement ceux qui viennent de l’arbre interdit. A comparer avec les deux enseignements opposés des deux femmes de Proverbes 9 (encore des femmes qui enseignent !). ( :-))

    De plus, avec nos (mauvaises) habitudes ecclésiales du XXI° siècle nous décontextualisons Paul qui ne développe jamais l’idée d’une église avec un pasteur unique à sa tête. Dans le Nouveau Testament, « pasteur » n’est au singulier que pour parler du Christ. Autrement le terme « pasteurs » est toujours au pluriel, pour nous parler d’une équipe pastorale composée de plusieurs ancien(e)s qui, selon les Textes, étaient désignés par un vote de l’assemblée pour paître le troupeau sans le dominer mais en étant des exemples.

  • lordjoys

    1 Timothée 6:5
     » Et les vaines discussions de gens qui ont l’esprit corrompu ( Non nés de nouveau et baptisé du St-Esprit) , qui sont privés de la vérité, et qui regardent la piété comme une source de gain. Sépare-toi de ces gens-là. » Vos commentaires sont creux et sans connaissance ! Inutile

  • Noemie

    Bonne émission mais détails: les femmes ne prêchent pas vraiment dans les églises
    CAEF, ou c’est plutôt de l’ordre de l’exception ou de l’occasionnel.
    Le positionnement officiel des CAEF est « que Dieu attribue à l’homme une autorité spécifique ». Mais étant donné les difficultés d’interprétations de 1 Cor et 1 Tim « il appartient à chaque église de se déterminer sur ce point » (pour plus d’infos lire les textes de références sur le site caef.net).
    Et pour le coup, la majorité de nos églises locales (et la mienne) ont le même avis que celui que vous avez dans l’émission, pour ce que j’ai pu constater dans nos rencontres nationales.