Le Bon Combat Réflexions théologiques et ressources d'édification centrées sur Dieu 2017-04-20T12:31:29Z http://leboncombat.fr/feed/atom/ WordPress Pascal Denault http://www.unherautdansle.net <![CDATA[Dieu nous induit-il en tentation ?]]> http://leboncombat.fr/?p=7850 2017-04-20T12:31:29Z 2017-04-20T12:31:29Z Dieu nous induit-il en tentation ? Certains passages bibliques utilisent un langage qui a pu surprendre certains. Laissons le puritain Thomas Manton répondre :

Dans la tentation nous devons distinguer entre la mise à l’épreuve et l’incitation à pécher ; l’épreuve vient de Dieu, mais l’incitation à pécher vient de Satan et de nous-mêmes. Dieu n’incite aucun homme à pécher. Il est cependant vrai que Dieu peut nous éprouver, nous faire souffrir, nous mettre sous tension, éprouver notre foi, notre espérance et notre patience.

Dieu ne nous pousse pas à commettre ce qui est contraire à sa nature. Souvenons-nous que “Dieu ne peut être tenté par le mal, et il ne tente lui-même personne”. (Jacques 1:13)

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Coram Deo http://www.leboncombat.fr <![CDATA[500 ans après, la Bible est-elle encore pertinente ?]]> http://leboncombat.fr/?p=7844 2017-04-18T09:32:40Z 2017-04-18T09:32:40Z

downloaded_7_16364Voici venue l’heure du 27e épisode de Coram Deo. Nous accueillons cette semaine nos amis Florent Varak et Jamel Attar, qui nous parlent de leurs contributions respectives à l’ouvrage Merci la Bible: 11 auteurs racontent comment la Bible change le monde (Édition CLÉ 2017).

Cet ouvrage est une façon originale et utile de souligner les 500 ans de la Réforme protestante en rappelant la pertinence des Écritures saintes aujourd’hui.
Procurez-vous cet ouvrage: editionscle.com/vie-chretienne/24…782358430470.html

Voici quelques unes questions que nous avons posées à nos invités :

(1) L’ouvrage fait état de l’accusation d’obscurantisme contre la Bible. Quelle est la nature de cette accusation et comment y répondez-vous?

(2) Votre ouvrage avance le principe de la non-violence comme étant un principe biblique, pouvez-vous élaborer et répondre au fait que l’on accuse souvent le christianisme d’avoir été violent au cours de son histoire?

(3) Comment la Bible est-elle pertinente pour le parent, l’époux, l’employeur/l’employé, le politicien ou le scientifique? La Bible est-elle suffisante pour diriger l’homme dans tous ces rôles?

(4) Quel est, selon vous, le meilleur argument susceptible de démontrer la pertinence de la Bible pour les hommes et les femmes d’aujourd’hui?

Écoutez sans tarder cet épisode de Coram Deo, et retrouvez nous sur les ondes ou sur votre application podcast préférée ! 

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Pascal Denault http://www.unherautdansle.net <![CDATA[Qu’entend-on par “Sola Scriptura” ?]]> http://leboncombat.fr/?p=7840 2017-04-17T12:59:02Z 2017-04-17T10:39:43Z La Réforme protestante n’est pas arrivée avec la découverte du principe sola Scriptura, mais avec la découverte de la justification par la foi seule (sola fide). C’est un peu plus tard que les protestants Solas-couverturesont arrivés à la conclusion inévitable du sola Scriptura. En étudiant la Bible, Martin Luther a redécouvert que l’homme n’est pas justifié grâce à ses bonnes oeuvres, mais uniquement par la foi en Jésus-Christ…

Lorsqu’il a commencé à prêcher cet Évangile, l’Église catholique romaine s’est farouchement opposée, car l’enseignement catholique romain était contraire. Luther, et tous ceux qui étaient de son avis se sont retrouvés devant un dilemme : ou bien l’Église catholique romaine a raison ou bien la Bible a raison, mais les deux ne peuvent pas avoir raison. Voici ce que Luther a répondu aux autorités ecclésiastiques et civiles qui l’ont sommé de se rétracter et de revenir à l’enseignement de Rome :

Puisque Votre Majesté Impériale et Vos Seigneuries me demandent une réponse nette, je vais vous la donner sans cornes et sans dents. Non! Si l’on ne me convainc par les témoignages de l’Écriture ou par des raisons décisives, car je ne crois ni au Pape ni aux conciles seuls, puisqu’il est clair comme le jour qu’ils ont souvent erré et qu’ils se sont contredits. Je suis dominé par les  Saintes Écritures que j’ai citées, et ma conscience est liée par la Parole de Dieu. Je ne peux ni ne veux me rétracter en rien, car il dangereux d’agir contre sa propre conscience. Me voici, je ne puis autrement. Que Dieu me soit en aide!

Sola Scriptura signifie que l’Écriture seule est la Parole de Dieu et qu’elle est la seule norme de la foi et de l’Église.

LISEZ LA SUITE SUR LE SITE DE PUBLICATIONS CHRÉTIENNES

]]> 0 Guillaume Bourin http://www.leboncombat.fr <![CDATA[Si vous colportez les fautes des autres, vous ne faites pas mieux qu’eux…]]> http://leboncombat.fr/?p=7836 2017-04-13T23:23:58Z 2017-04-14T06:05:07Z

Glané au détour de ma lecture du classique de Jacques Buchold, Le pardon et l’oubli (p. 114) :

Il existe des procédures fort « spirituelles » de divulgation des difficultés ou des péchés d’autrui dont nous devrions nous garder. Certains les présentent comme des sujets de prière lors de réunions feutrées d’intercession. D’autres, sous prétexte qu’il faut vivre dans la clarté, dévoilent, lors de rencontres de membres, les péchés passés, confessés et pardonnées, de ceux qui demandent à adhérer à leur communauté.

Des pasteurs ou des responsables d’Eglise se rendent parfois coupables de ce genre de manque de discrétion. Parler des problèmes d’autrui les aident à justifier l’emploi de leur temps et leur fonction dans une société qui ne la reconnaît plus guère. Et comme certains médecins, ils éprouvent quelque fois un plaisir malsain à discuter entre eux des cas difficiles qu’ils ont été conduits à « soigner ».

Il faut noter à cet égard combien l’apôtre Paul a su être discret ; ses lettres ne livrent que quelques allusions aux iniquités passées de ceux qu’il avait amenés à l’Evangile…

Précisons que, dans le contexte, Buchold parle de la discrétion nécessaire pour qu’une personne offensée puisse reprendre son offenseur.

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Que dit la Bible ? http://www.leboncombat.fr <![CDATA[Pourquoi y a-t-il des contradictions entre les témoignages de Paul dans le livre des Actes ?]]> http://leboncombat.fr/?p=7832 2017-04-13T10:00:16Z 2017-04-13T09:57:07Z Cette semaine, pour notre 70ème épisode, nous répondons à la question d’Efisio, un cher ami du blog :

En lisant le livre des Actes, je note des divergences dans les différents récits du témoignage de Paul. Ceux qui l’accompagnaient voient ou ne voient pas le phénomène miraculeux, entendent ou n’entendent pas la voix venant du ciel… On a l’impression que le récit d’Actes 22 dit l’inverse d’Actes 9. Que faut-il en penser ?

C’est en effet un argument classique que les théologiens critiques opposent à l’inerrance. Dans cet épisode, Guillaume donne son opinion :

(1) Il est peu probable que l’auteur des Actes ait commis une erreur
(2) Il est peu probable qu’il s’agisse d’une erreur de copiste
(3) Deux grandes explications sont possibles : celle de F.F. Bruce et celle de I.W. Marshall

 

Découvrez les en écoutant ce 70ème épisode de #QDLB !!

Bonne écoute !

 

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Guillaume Bourin http://www.leboncombat.fr <![CDATA[Peut-on diviser la loi en trois catégories, ou est-ce une erreur qu’il faut rejeter ?]]> http://leboncombat.fr/?p=7817 2017-04-14T21:21:14Z 2017-04-12T14:50:08Z S’il est une doctrine “réformée” objet de controverses, c’est bien celle de la division tripartite de la loi. Nous sommes régulièrement sollicités afin de justifier notre position en la matière, et nous ne l’avons jamais fait sur ce blog jusqu’alors. Nos amies Elodie Y. et Julie-Claire L. se posant la question de manière insistante à mesure qu’elles étudient l’épître aux Galates, nous avons enfin décidé de prendre la plume. Cet article leur est dédié. 🙂

Nous commencerons par examiner une idée reçue : celle que la division tripartite de la loi serait une construction dogmatique du Moyen Âge tardif. Nous rappellerons ensuite que “la loi” peut désigner différents concepts, en particulier dans le Nouveau Testament. Enfin, nous proposerons quelques-uns des arguments qui nous conduisent à retenir une telle division de la loi.

 

 

1- La division tripartite n’est pas une construction Thomiste

Selon Don Carson et Richard Bauckham, la division tripartite de la loi “n’existait probablement pas avant Thomas d’Aquin”. (1) Nous ne sommes cependant pas du même avis, et nous pensons que plusieurs exemples historiques militent contre cette position.

 

Un antécédent contemporain à d’Aquin

Vingt ans avant que la Somme théologique ne commence à être diffusée, Jean de la Rochelle distinguait déjà les aspects moraux, cérémoniels, et judiciaires de la loi dans un traité qui était certainement connu de Thomas d’Aquin. (2) Preuve s’il en est que cette doctrine n’est pas une invention thomiste.

LIRE AUSSI >> En quoi Thomas d’Aquin peut-il aider les évangéliques ?

 

La distinction rabbinique entre commandements “légers” et “lourds”

Sans constituer un précédent direct à la division tripartite, la distinction entre commandements “lourds” et “légers” ou celle entre les 613 mitsvots témoignent d’une forme traditionnelle de catégorisation des ordonnances du Pentateuque. La tradition rabbinique ne considère donc pas la loi comme une unité indivisible et ouvre la porte à un processus de subdivision.

 

La patristique et le principe d’une segmentation de la loi

Dans sa discussion sur la loi, d’Aquin s’appuie très largement sur Augustin (Contra Faustum Manichaeum, X.2) qui distingue très clairement entre l’usage cérémoniel (qu’il appelle “symbolique”) et moral de la loi. Il est également très probable qu’une telle distinction existait chez Justin Martyr, Origène, Irénée, Clement d’Alexandrie, et Tertullien. (3)

En conséquence, il parait difficile d’attribuer à Thomas d’Aquin la paternité de la division tripartite de la loi. On notera néanmoins l’influence de son argumentation sur les théologiens ultérieurs, notamment Calvin.

 

 

 

2- “La loi” : un terme qui recouvre plusieurs sens

Il faut également noter la “plasticité” du concept de loi, qui recouvre différents sens dans les Ecritures, comme l’indiquent les quelques exemples ci-dessous :

  • Une période historique : c’est probablement ce que Paul a en tête en Galates 3:23–21.
  • Tout l’Ancien Testament : en 1 Cor. 14:21, Paul cite Esaïe 28:11–12 mais localise sa source dans “la loi”. Nous utilisons nous aussi un même procédé métonymique lorsque nous parlons d’Ancien Testament : un élément du corpus de livres sert alors à qualifier l’ensemble. Cette identification est importante en 1 Cor. 14, car Paul l’utilise un peu plus loin dans un passage très controversé (1 Cor. 14:34), probablement en référence à l’ordre créationnel.
  • Les “livres de Moïse” : lorsque Jésus utilise l’expression “la loi et les prophètes” pour désigner l’ensemble de l’Ancien Testament (Matt. 5:17 ; 7:12), il se réfère d’une part au Pentateuque et de l’autre au corpus prophétique. Voir aussi Luc 24:44 ; Jean 1:45 ; Rom. 3:21.
  • L’intégralité du système législatif : c’est probablement à la loi tout entière que Paul fait référence dans son témoignage aux Philippiens (Phil. 3:5, 6, 9) et dans sa défense devant Festus (Actes 25:8).
  • Une partie du corpus légal seulement : au jeune homme riche, Jésus présente “les commandements” mais semble les limiter aux deux tables de la loi (Marc 10:19) ; lorsqu’il échange avec un docteur de la loi, son appel à la torah est immédiatement compris comme une référence à des commandements “apodictiques” (=“universels”, “absolus”; cf. Luc 10:25–28) ; de même, en Romains 2–7 et dans l’épître aux Hébreux, il est peu probable que “la loi” désigne l’intégralité des commandements du système mosaïque ; enfin, en Eph. 2:15, “la loi des ordonnances dans ses prescriptions” que Christ “anéantit” fait très probablement référence aux commandements céremonniels de la loi.

 

Certes, de nombreuses difficultés divisent les spécialistes. Par exemple, comment comprendre l’expression “oeuvres de la loi” (Rom. 3:27–28 ; Gal. 2:16; 3:2–5, 10) ? Autre exemple : l’articulation du motif de la loi dans l’épître de Jacques, qui semble pointer vers une multitude de sens. (4)

 

ECOUTER AUSSI >> Pourquoi Dieu a-t-il donné des règles de pureté rituelle ?

 

Ces difficultés doivent être gardées à l’esprit, mais elles ne s’opposent pas à une entreprise de catégorisation des commandements.

 

 

 

3- La loi n’est pas un bloc monolithique

En rejetant le principe d’une division tripartite de la loi, la plupart des défenseurs du dispensationnalisme et de la théologie de Nouvelle Alliance militent pour une compréhension monolithique de la loi. C’est l’une des raisons pour lesquelles Le Bon Combat continue de défendre une approche plus traditionnelle des alliances bibliques.

 

ÉCOUTER AUSSI >> Que penser de la “théologie de la Nouvelle Alliance” ?

 

La taille de cet article ne nous permet pas d’aborder l’ensemble des arguments en faveur de la division tripartite. Nous nous bornerons à en lister les principaux.

 

Jésus accepte le principe d’une subdivision de la loi

En acceptant la priorité de certains commandements par rapport à d’autres (Luc 10:25–28 ; cf. Matt. 22:34–40; Marc 12:28–34), Jésus reconnaît une forme de catégorisation des commandements.

Walter Kaiser estime que celle-ci s’enracine dans la priorité accordée aux “commandements de miséricorde” sur ceux règlementant les sacrifices (Osée 6:6 ; Jer. 7:21–23; Mich. 6:8 ; 1 Sam. 15:22–23 ; Ps. 51:17). Selon lui, ces fréquents appels témoignent d’une “priorité délibérée dans le classement des injonctions légales données par Moïse”. (5)

 

Le Nouveau Testament dans son ensemble affirme l’obsolescence d’une partie de la loi

C’est l’un des sujets les plus controversés : lorsque Jésus déclare être venu pour “accomplir” et non pour “abolir” la loi (Matt. 5:17–20), veut-il dire que tout ou partie de celle-ci demeure ? Ou bien veut-il dire que cette “ancienne” loi est remplacée par une “nouvelle” qui serait bien meilleure ?

Pour Don Carson et les théologiens de la Nouvelle Alliance, c’est la seconde option qui est la bonne. Selon lui, “Jésus a accompli les prophéties de l’Ancien Testament en sa personne, et de même il a accomplit les lois de l’Ancien Testament par son enseignement”. (6) Son commentaire sur ce point, peu détaillé d’un point de vue exégétique, a fait l’objet de vives critiques (7) mais est généralement accepté sans réserve par les tenants de la théologie de la Nouvelle Alliance.

Il parait cependant improbable que Jésus introduise une nouvelle forme de loi dans le Sermon sur la Montagne. Tout d’abord, on comprend mal comment un tel ”accomplissement” pourrait s’opérer sans qu’une certaine forme d’abolition en soit la conséquence. Or, c’est exactement contre cette compréhension que Jésus s’exprime. D’autre part, le Sermon sur la Montagne s’inscrit dans la perspective du Royaume des cieux (v. 19), un thème qui implique une certaine continuité entre l’Ancien et le Nouveau Testament.

Enfin, ces enseignements s’inscrivent dans le contexte d’une polémique à l’encontre des scribes et les pharisiens (v.20) dont la tradition interprétative de la loi est régulièrement dénoncée dans Matthieu (“observez tout ce qu’ils vous disent ; mais n’agissez pas selon leurs œuvres”, Matt. 23:3). Les pharisiens, en effet, utilisaient la “tradition des anciens” comme le principe herméneutique fondamental s’appliquant à la loi mosaïque et fonctionnant comme un supplément à celle-ci. (8) Or, les six antithèses de Matthieu 5 semblent justement faire référence à cette tradition plutôt qu’à la loi elle-même (“vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens”, Matt. 5:21). En d’autres termes, Jésus n’introduit pas une nouvelle loi dans le Sermon sur la Montagne, mais il rétablit plutôt l’esprit originel de la loi mosaïque. (9)

Christ, donc, n’abolit pas la loi dans son caractère moral. Par contre, son attitude contre d’autres aspects de la loi parait davantage en ligne avec une volonté “d’abolir”. Par exemple, l’affirmation que “ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme; mais ce qui sort de [sa] bouche” (Matt. 15:11) contraste avec les règles alimentaires de Lév. 11. C’est probablement ce qui est en jeu lorsque Paul parle de l’abolition de “la loi des ordonnances dans ses prescriptions” (Eph. 2:15) qui séparait juifs et païens. Selon Paul, juifs et païens percevaient la moralité de Dieu au travers de la révélation générale (cf. Rom. 2:14–15) ; si donc un mur de séparation légale s’érigeait entre les deux, c’était bien celui des ordonnances cérémonielles mettant à part le peuple juif au sein des autres nations.

C’est également sur cette base que Paul a la liberté d’affirmer dans un même verset que la circoncision —un commandement— n’est “rien”, tandis que l’observation des commandements est “tout” (1 Cor. 7:19). Sans “distinction entre loi et loi”, ce passage n’a plus aucun sens.

 

Deutéronome 4 : différentes sphères d’application de la loi

De nombreux autres arguments mériteraient d’être abordés dans cet article. Nous nous bornerons à interagir avec Deut. 4, un passage qui a retenu l’attention de nombreux avocats de la division tripartite à commencer par Thomas d’Aquin lui-même. (10) L’approche essentiellement lexicographique de ce dernier nous parait difficile à défendre, mais nous notons avec lui que différents champs d’application de la loi sont mentionnés ici.

Il convient tout d’abord de noter la place spéciale que le Deutéronome accorde aux dix commandements : ils étaient écrits du doigt de Dieu et fonctionnaient comme des documents d’alliance (Deut. 4:13 ; 5:22), ils devaient être appris par coeur (Deut. 5:1), et ils avaient été proclamés à haute voix par Dieu depuis le mont Horeb, contrairement aux autres commandements, de sorte que le peuple avait pu les entendre (Deut. 5:22). De plus, Deut. 4:13-14 établit un contraste entre les dix commandements directement donnés par Dieu au peuple et ceux transmis par l’intermédiaire de l’enseignement de Moïse.

L’un des aspects les plus intéressants de ce texte concerne les sphères d’applications de ces lois. Les dix commandements, donnés à Horeb, exigeaient une observance immédiate, mais les règles enseignées par Moïse visaient une application spécifique “dans le pays” dont les Israelites d’apprêtaient à prendre possession (Deut. 4:14). Celles-ci ne pouvaient pas se référer aux régulations cérémonielles qui, centrées autour du tabernacle, étaient déjà en service dans le désert. Ces commandements semblent plutôt se référer à des règles étatiques, certaines portant directement sur la conquête à venir (cf. par ex. Deut 7:1-26), ou à des applications locales de régulations cultuelles (Deut. 12:21).

Il nous parait difficile d’en dire beaucoup plus dans un article de cette taille, une discussion individuelle de certains commandements deuteronomistes serait cependant souhaitable. Néanmoins, nous notons que Deut. 4 établit une distinction entre les dix commandements et ceux s’appliquant à une législation “dans le pays”. Implicitement, les règles cultuelles centrées autour du tabernacle sont elles aussi mises à part, de sorte qu’une division tripartite de la loi semble constituer l’arrière-plan des paroles de Moïse ici.

 

 

Conclusion : “l’oeuvre de la loi gravée dans le coeur”

Nous conclurons par les propos énigmatiques de Paul en Rom 2:14-15 :

Quand les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n’ont point la loi, une loi pour eux-mêmes; ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leur cœur, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s’accusant ou se défendant tour à tour.

Quoi que Paul ait eu en vue ici, il est évident qu’une partie de la loi, ou plutôt de l’oeuvre de la loi, est écrite dans le coeur de l’homme naturel. Là encore, l’idée d’une loi monolithique, indivisible, donnée à Israël en Horeb, ne fait aucun sens. Il semble qu’au moins une partie de la loi peut être connue en dehors de la révélation du Sinaï. C’est sans doute pour cela qu’Abraham est réputé avoir observé les ordres, les commandements, les statuts, et les lois de Dieu (Gen. 26:5).

Il existe une loi morale, absolue, dont les fondements sont éternels et l’expression créationnelle. C’est à cette loi que Paul fait référence en Romains 2:15, et c’est vers elle que pointent les dix commandements.

 

 

Notes et références

(1) Don Carson, “Matthew” dans Frank E. Gaebelein and J. D. Douglas, The Expositor’s Bible Commentary: With the New International Version of the Holy Bible. Vol. 8, Matthew, Mark, Luke (Grand Rapids: Regency Reference, 1984), 143.

(2) Voir Stephen J. Casselli, “The Threefold Division of the Law in the Thought of Aquinas,” Westminster Theological Journal 61 no. 2 (Fall 1999): 199.

(3) Pour approfondir cette discussion sur la division de la loi chez les Pères, voir O. M. T. O’Donovan, “Towards An Interpretation Of Biblical Ethics,” Tyndale Bulletin 27 (1976): 59 ; Christopher J. H. Wright, Walking in the Ways of the Lord : The Ethical Authority of the Old Testament (Downers Grove, Ill.: InterVarsity Press, 1995), 93.

(4) Mark Taylor, spécialiste de l’épître de Jacques, nous confiait récemment que l’un de ses étudiants les plus capables s’était lancé dans une recherche doctorale sur les différents niveaux de loi dans Jacques. Devant la complexité de la tâche, celui-ci a renoncé au bout de quelques mois…

(5) Walter C. Kaiser, “God’s Promise Plan and his Gracious Law,” Journal of the Evangelical Theological Society 33 no 3 (1990): 291

(6) Carson, “Matthew”, op. cit, 62.

(7) Voir notamment celle de Greg Welty, “Eschatological Fulfillment and the Confirmation of Mosaic Law (A Response to D. A. Carson and Fred Zaspel on Matthew 5:17–48),” accessible ici.

(8) Stephen Westeholm, “Pharisees” dans Joel B. Green et Scot McKnight, eds., Dictionary of Jesus and the Gospels (Downers Grove, IL: InterVarsity Press, 1992).

(9) Cette interprétation est parfaitement cohérente avec les exigences du Royaume : une justice qui dépasse celle des scribes et des pharisiens (v.20). Elle explique également pourquoi certaines antithèses ne semblent pas se référer directement à la loi mosaïque (par ex. Matt. 5:33, 43) : si c’est la “tradition des anciens” qui est visée, les expansions et autres transformations prennent tout leur sens. Si par contre c’est à la loi mosaïque que Jésus fait référence, comme le pense Carson, alors ces antithèses deviennent difficiles à expliquer.

(10) Thomas d’Aquin, Summa Theologica I-II. 99. 3-4.

 

 

 

 

 

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Coram Deo http://www.leboncombat.fr <![CDATA[Politicien et chrétien engagé, est-ce possible? Entretien avec le député Brad Trost]]> http://leboncombat.fr/?p=7813 2017-04-10T23:02:17Z 2017-04-11T06:05:20Z

À notre entretien avec Florent Varak suite à la parution de son livre, nous avons l’opportunité de prolonger le sujet dans une perspective différente en interrogeant un professionnel de la politique.

Opinion politique et opinion religieuse sont des sujets délicats, encore plus lorsqu’on les traite ensemble. Pour ce 26e épisode de Coram Deo, nous recevons le député conservateur canadien Brad Trost qui siège à la Chambre des communes depuis 2004. M. Trost s’est lancé dans la course à la chefferie du Parti Conservateur du Canada afin de représenter les conservateurs sociaux dans le parti.

Voici quelques-unes des questions qui ont occupé cet entretien:

1. Quels sont les enjeux sociaux qui devraient préoccuper les chrétiens et les conservateurs sociaux au niveau politique en ce moment?
2. Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de vouloir imposer votre religion, ou les impératifs moraux de votre religion au reste de la société qui n’est pas chrétienne?
3. Certains croyants pensent que Dieu n’appelle pas les chrétiens à utiliser la politique, mais uniquement l’Évangile pour garder les valeurs conservatrices de la famille et du respect de la vie. Comment leur répondez-vous d’un point de vue chrétien?
4. Le 23 mars dernier, la Chambre des communes à Ottawa a appuyé (201 pour, 91 contre) la Motion 103 condamnant l’islamophobie au Canada, l’avez-vous appuyée et pourquoi? ()
5. Pensez-vous que la montée de la droite nationaliste est une bonne chose? Y a-t-il des inquiétudes à avoir?

Écoutez sans tarder cet épisode de Coram Deo, et retrouvez nous sur les ondes ou sur votre application podcast préférée ! 

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Le Bon Combat http://leboncombat.fr/ <![CDATA[Les 95 thèses de Wittemberg]]> http://leboncombat.fr/?p=7696 2017-04-07T22:22:08Z 2017-04-08T06:05:43Z

La diffusion de “La Dispute de Martin Luther sur la puissance des indulgences” (Disputatio pro Declaratione Virtutis Indulgentiarum), plus connue sous le nom des “95 Thèses“, est l’évènement historique qui a déclenché la Réforme en Allemagne. Le document avait été placardé à la porte de l’église de Wittemberg (aujourd’hui en Saxe-Anhalt) le 31 octobre 1517. La date n’avait pas été choisie au hasard, le 31 octobre étant la veille de la Toussaint ; le vaste public devant venir le lendemain pour adorer les reliques et diminuer son temps passé au purgatoire était pour Luther la garantie d’une diffusion maximale de ses idées.

**

 

“Par amour pour la vérité et dans le désir de la mettre en lumière, nous débattrons à Wittenberg des 95 thèses ci- après sous la présidence du Père Martin Luther, Maître ès Lettres et Docteur en Théologie, Professeur ordinaire en ce lieu. Nous demandons à ceux qui ne peuvent être ici présent en ne pourront par conséquent pas prendre part oralement au débat, de le faire par écrit. Au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, Amen.”

 

1. En disant : Faites pénitence, notre Maître et Seigneur Jésus- Christ a voulu que la vie entière des fidèles fût une pénitence.

2. Cette parole ne peut pas s’entendre du sacrement de la pénitence, tel qu’il est administré par le prêtre, c’est-à-dire de la confession et de la satisfaction.

3. Toutefois elle ne signifie pas non plus la seule pénitence intérieure ; celle-ci est nulle, si elle ne produit pas au dehors toutes sortes de mortifications de la chair.

4. C’est pourquoi la peine dure aussi longtemps que dure la haine de soi-même, la vraie pénitence intérieure, c’est-à- dire jusqu’à l’entrée dans le royaume des cieux.

5. Le Pape ne veut et ne peut remettre d’autres peines que celles qu’il a imposées lui-même de sa propre autorité ou par l’autorité des canons.

6. Le Pape ne peut remettre aucune peine autrement qu’en déclarant et en confirmant que Dieu l’a remise ; à moins qu’il ne s’agisse des cas à lui réservés. Celui qui méprise son pouvoir dans ces cas particuliers, reste dans son péché.

7. Dieu ne remet la coulpe à personne sans l’humilier, l’abaisser devant un prêtre, son représentant.

8. Les canons pénitentiels ne s’appliquent qu’aux vivants; et d’après eux, rien ne doit être imposé aux morts.

9. Voilà pourquoi le Pape agit selon le Saint-Esprit en exceptant toujours dans ses décrets l’article de la mort et celui de la nécessité.

10. Les prêtres qui, à l’article de la mort, réservent pour le Purgatoire les canons pénitentiels, agissent mal et d’une façon inintelligente.

11. La transformation des peines canoniques en peines du Purgatoire est une ivraie semée certainement pendant que les évêques dormaient.

12. Jadis les peines canoniques étaient imposées non après, mais avant l’absolution, comme une épreuve de la véritable contrition.

13. La mort délie de tout : les mourants sont déjà morts aux lois canoniques, et celles-ci ne les atteignent plus.

14. Une piété incomplète, un amour imparfait donnent nécessairement une grande crainte au mourant. Plus l’amour est petit, plus grande est la terreur.

15. Cette crainte, cette épouvante suffit déjà, sans parler des autres peines, à constituer la peine du Purgatoire, car elle approche le plus de l’horreur du désespoir.

16. Il semble qu’entre l’Enfer, le Purgatoire et le Ciel il y ait la même différence qu’entre le désespoir, le quasi-désespoir et la sécurité.

17. Il semble que chez les âmes du Purgatoire l’amour doive grandir à mesure que l’horreur diminue.

18. Il ne paraît pas qu’on puisse prouver par des raisons, ou par les Ecritures, que les âmes du Purgatoire soient hors d’état de rien mériter ou de croître dans la charité.

19. Il n’est pas prouvé non plus que toutes les âmes du Purgatoire soient parfaitement assurées de leur béatitude, bien que nous-mêmes nous en ayons une entière assurance.

20. Donc, par la rémission plénière de toutes les peines, le Pape n’entend parler que de celles qu’il a imposées lui- même, et non de toutes les peines en généra

21. C’est pourquoi les prédicateurs des indulgences se trompent quand ils disent que les indulgences du Pape délivrent l’homme de toutes les peines et le sauvent.

22. Car le Pape ne saurait remettre aux âmes du Purgatoire d’autres peines que celles qu’elles auraient dû souffrir dans cette vie en vertu des canons.

23. Si la remise entière de toutes les peines peut jamais être accordée, ce ne saurait être qu’en faveur des plus parfaits, c’est-à-dire du très-petit nombre.

24. Ainsi cette magnifique et universelle promesse de la rémission de toutes les peines accordée à tous sans distinction, trompe nécessairement la majeure partie du peuple.

25. Le même pouvoir que le Pape peut avoir en général, sur le Purgatoire, chaque évêque le possède en particulier dans son diocèse, chaque pasteur dans sa paroisse.

26. Le Pape fait très bien de ne pas donner aux âmes le pardon en vertu du pouvoir des clefs qu’il n’a point, mais de le donner par le mode de suffrage.

27. Ils prêchent des inventions humaines, ceux qui prétendent qu’aussitôt que l’argent résonne dans leur caisse, l’âme s’envole du Purgatoire.

28. Ce qui est certain, c’est qu’aussitôt que l’argent résonne, l’avarice et la rapacité grandissent. Quant au suffrage de l’Eglise, il dépend uniquement de la bonne volonté de Dieu.

29. Qui sait si toutes les âmes du Purgatoire désirent être délivrées, témoin de ce qu’on rapporte de saint Séverin et de saint Paul Pascal ?

30. Nul n’est certain de la vérité de sa contrition ; encore moins peut-on l’être de l’entière rémission.

31. II est aussi rare de trouver un homme qui achète une vraie indulgence qu’un homme vraiment pénitent.

32. Ils seront éternellement damnés avec ceux qui les enseignent, ceux qui pensent que des lettres d’indulgences leur assurent le salut.

33. On ne saurait trop se garder de ces hommes qui disent que les indulgences du Pape sont le don inestimable de Dieu par lequel l’homme est réconcilié avec lui.

34. Car ces grâces des indulgences ne s’appliquent qu’aux peines de la satisfaction sacramentelle établies par les hommes.

35. Ils prêchent une doctrine antichrétienne, ceux qui enseignent que pour le rachat des âmes du Purgatoire ou pour obtenir un billet de confession, la contrition n’est point nécessaire.

36. Tout chrétien vraiment contrit a droit à la rémission entière de la peine et du péché, même sans lettre d’indulgences.

37. Tout vrai chrétien, vivant ou mort, participe à tous les biens de Christ et de l’Eglise, par la grâce de Dieu, et sans lettres d’indulgences.

38. Néanmoins il ne faut pas mépriser la grâce que le Pape dispense ; car elle est, comme je l’ai dit, une déclaration du pardon de Dieu.

39. C’est une chose extraordinairement difficile, même pour les plus habiles théologiens, d’exalter en même temps devant le peuple la puissance des indulgences et la nécessité de la contrition.

40. La vraie contrition recherche et aime les peines ; l’indulgence, par sa largeur, en débarrasse, et, à l’occasion, les fait haïr.

41. Il faut prêcher avec prudence les indulgences du Pape, afin que le peuple ne vienne pas à s’imaginer qu’elles sont préférables aux autres bonnes œuvres de la charité.

42. Il faut enseigner aux chrétiens que, dans l’intention du Pape, l’achat des indulgences ne saurait être comparé en aucune manière aux œuvres de miséricorde.

43. Il faut enseigner aux chrétiens que celui qui donne aux pauvres ou prête aux nécessiteux fait mieux que s’il achetait des indulgences.

44. Car par l’exercice même de la charité, la charité grandit et l’homme devient meilleur. Les indulgences au contraire n’améliorent pas : elles ne font qu’affranchir de la peine.

45. 11 faut enseigner aux chrétiens que celui qui voyant son prochain dans l’indigence, le délaisse pour acheter des indulgences, ne s’achète pas l’indulgence du Pape, mais l’indignation de Dieu.

46. 11 faut enseigner aux chrétiens qu’à moins d’avoir des richesses superflues, leur devoir est d’appliquer ce qu’ils ont aux besoins de leur maison plutôt que de le prodiguer à l’achat des indulgences.

47. Il faut enseigner aux chrétiens que l’achat des indulgences est une chose libre, non commandée.

48. Il faut enseigner aux chrétiens que le Pape ayant plus besoin de prières que d’argent demande, en distribuant ses indulgences, plutôt de ferventes prières que de l’argent.

49. Il faut enseigner aux chrétiens que les indulgences du Pape sont bonnes, s’ils ne s’y confient pas, mais des plus funestes, si par elles, ils perdent la crainte de Dieu.

50. 11 faut enseigner aux chrétiens que si le Pape connaissait les exactions des prédicateurs d’indulgences, il préférait voir la basilique de Saint-Pierre réduite en cendres plutôt qu’édifiée avec la chair, le sang, les os de ses brebis.

51. 11 faut enseigner aux chrétiens que le Pape, fidèle à son devoir, distribuerait tout son bien et vendrait au besoin l’église de Saint-Pierre pour la plupart de ceux auxquels certains prédicateurs d’indulgences enlèvent leur argent.

52. Il est chimérique de se confier aux indulgences pour le salut, quand même le commissaire du Pape ou le Pape lui- même y mettraient leur âme en gage.

53. Ce sont des ennemis de Christ et du Pape, ceux qui, à cause de la prédication des indulgences interdisent dans les autres Eglises la prédication de la Parole de Dieu.

54. C’est faire injure à la Parole de Dieu que d’employer dans un sermon autant et même plus de temps à prêcher les indulgences qu’à annoncer cette Parole.

55. Voici quelle doit être nécessairement la pensée du Pape : si l’on accorde aux indulgences qui sont moindres, une cloche, un honneur, une cérémonie, il faut célébrer l’Evangile qui est plus grand, avec cent cloches, cent honneurs, cent cérémonies.

56. Les trésors de l’Eglise, d’où le Pape tire ses indulgences, ne sont ni suffisamment définis, ni assez connus du peuple chrétien.

57. Ces trésors ne sont certes pas des biens temporels; car loin de distribuer des biens temporels, les prédicateurs des indulgences en amassent plutôt.

58. Ce ne sont pas non plus les mérites de Christ et des saints; car ceux-ci, sans le Pape, mettent la grâce dans l’homme intérieur, et la croix, la mort, l’enfer dans l’homme extérieur.

59. Saint-Laurent a dit que les trésors de l’Eglise sont ses pauvres. En cela il a parlé le langage de son époque.

60. Nous disons sans témérité que ces trésors, ce sont les clefs données à l’Eglise par les mérites de Christ.

61. Il est clair en effet que pour la remise des peines et des cas réservés, le pouvoir du Pape est insuffisant.

62. Le véritable trésor de l’Eglise, c’est le très-saint Evangile de la gloire et de la grâce de Dieu.

63. Mais ce trésor est avec raison un objet de haine; car par lui les premiers deviennent les derniers.

64. Le trésor des indulgences est avec raison recherché; car par lui les derniers deviennent les premiers.

65. Les trésors de l’Evangile sont des filets au moyen desquels on pêchait jadis des hommes adonnés aux richesses.

66. Les trésors des indulgences sont des filets avec lesquels on pêche maintenant les richesses des hommes.

67. Les indulgences dont les prédicateurs vantent et exaltent les mérites, ont le très grand mérite, de rapporter de l’argent.

68. Les grâces qu’elles donnent sont misérables si on les compare à la grâce de Dieu et à la piété de la croix.

69. Le devoir des évêques et des pasteurs est d’admettre avec respect les commissaires des indulgences apostoliques.

70. Mais c’est bien plus encore leur devoir d’ouvrir leurs yeux et leurs oreilles, afin que ceux-ci ne prêchent pas leurs rêves à la place des ordres du Pape.

71. Maudit soit celui qui parle contre la vérité des indulgences apostoliques.

72. Mais béni soit celui qui s’inquiète de la licence et des paroles impudentes des prédicateurs d’indulgences.

73. De même que le Pape excommunie justement ceux qui machinent contre ses indulgences.

74. Il entend à plus forte raison excommunier ceux qui, sous prétexte de défendre les indulgences, machinent contre la sainte charité et contre la vérité.

75. C’est du délire que d’exalter les indulgences du Pape jusqu’à prétendre qu’elles délieraient un homme qui, par impossible, aurait violé la mère de Dieu.

76. Nous prétendons au contraire que, pour ce qui est de la coulpe, les indulgences ne peuvent pas même remettre le moindre des péchés véniels.

77. Dire que saint Pierre, s’il était pape de nos jours, ne saurait donner des grâces plus grandes, c’est blasphémer contre saint Pierre et contre le Pape.

78. Nous disons au contraire que lui ou n’importe quel pape possède des grâces plus hautes, savoir: 1’Evangile, les vertus, le don des guérisons, etc… (d’après 1 Corinthiens 12).

79. Dire que la croix ornée des armes du Pape égale la croix du Christ, c’est un blasphème.

80. Les évêques, les pasteurs, les théologiens qui laissent prononcer de telles paroles devant le peuple, en rendront compte.

81. Cette prédication imprudente des indulgences rend bien difficile, aux hommes même les plus doctes, de défendre l’honneur du Pape contre les calomnies ou même contre les questions insidieuses des laïques.

82. Pourquoi, disent-ils, pourquoi le Pape ne délivre-t-il pas d’un seul coup toutes les âmes du Purgatoire, pour les plus justes des motifs, par sainte charité, par compassion pour leurs souffrances, tandis qu’il en délivre à l’infini pour le motif le plus futile, pour un argent indigne, pour la construction de sa basilique?

83. Pourquoi laisse-t-il subsister les services et les anniversaires des morts ? Pourquoi ne rend-il pas ou ne permet-il pas qu’on reprenne les fondations établies en leur faveur, puisqu’il n’est pas juste de prier pour les rachetés ?

84. Et encore : quelle est cette nouvelle sainteté de Dieu et du Pape que, pour de l’argent, ils donnent à un impie, à un ennemi le pouvoir de délivrer une âme pieuse et aimée de Dieu, tandis qu’ils refusent de délivrer cette âme pieuse et aimée, par compassion pour ses souffrances, par amour, et gratuitement ?

85. Et encore: pourquoi les canons pénitentiels abrogés de droit et éteints par la mort se rachètent-ils encore pour de l’argent, par la vente d’une indulgence, comme s’ils étaient encore en vigueur?

86. Encore : pourquoi le Pape n’édifie-t-il pas la basilique de Saint-Pierre de ses propres deniers, plutôt qu’avec l’argent des pauvres fidèles, puisque ses richesses sont aujourd’hui plus grandes que celles de l’homme le plus opulent ?

87. Encore : pourquoi le Pape remet-il péchés ou rend-il participants de sa grâce ceux qui par une contrition parfaite ont déjà obtenu une rémission plénière et la complète participation à ces grâces?

88. Encore: ne serait-il pas d’un plus grand avantage pour l’Eglise, si le Pape, au lieu de distribuer une seule fois ses indulgences et ses grâces, les distribuait cent fois par jour et à tout fidèle?

89. C’est pourquoi si par les indulgences le Pape cherche plus le salut des âmes que de l’argent, pourquoi suspend-il les lettres d’indulgences qu’il a données autrefois, puisque celles-ci ont même efficacité?

90. Vouloir soumettre par la violence ces arguments captieux des laïques, au lieu de les réfuter par de bonnes raisons, c’est exposer 1’Eglise et le Pape à la risée des ennemis, et c’est rendre les chrétiens malheureux.

91. Si, par contre, on avait prêché les indulgences selon l’esprit et le sentiment du Pape, il serait facile de répondre à toutes ces objections : elles n’auraient pas même été faites.

92. Qu’ils disparaissent donc tous, ces prophètes qui disent au peuple de Christ : « Paix, paix; et il n’y a point de paix ».

93. Bienvenus au contraire les prophètes qui disent au peuple de Christ : « Croix, croix; et il n’y a pas de croix! »

94. Il faut exhorter les chrétiens à s’appliquer à suivre Christ leur chef, à travers les peines, la mort et l’enfer.

95. Et à entrer au ciel par beaucoup de tribulations, plutôt que de se reposer sur la sécurité d’une fausse paix.

]]> 1 Pascal Denault http://www.unherautdansle.net <![CDATA[La doctrine de l’appel efficace – Théologie systématique #10]]> http://leboncombat.fr/?p=7794 2017-04-07T11:42:20Z 2017-04-07T11:42:20Z Après la doctrine du libre arbitre, la confession de foi expose la doctrine de l’appel efficace. Il y a un ordre logique dans la structure doctrinale qui nous est présentée. Si l’homme est mort dans son péché, comme nous l’avons vu au chapitre précédent, rien de moins qu’un appel surnaturel et pleinement efficace sera nécessaire pour produire la conversion. C’est ce glorieux appel, aussi appelé sainte vocation dans la Bible (Rm 1.7 ; 2 Ti 1.9), que nous examinerons maintenant.

 

>>Lisez le chapitre 10 de la Confession de 1689 sur Facebook<<

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Le mot vocation vient du latin vocare qui signifie action d’appeler. Dans le cas de la vocation au salut, c’est Dieu qui appelle et non uniquement des hommes. Un appel de Dieu n’est pas une simple invitation, mais une puissance irrésistible qui produit ce que Dieu demande. Dieu « appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient » (Rm 4.17) et elles se mettent à exister (Gn 1.3 ; Ps 33.6 ; Es 40.26). C’est pour cette raison que la confession de foi ne parle pas simplement de l’appel de Dieu, mais de l’appel efficace de Dieu.

Il existe une controverse entourant la doctrine de l’appel efficace : est-il résistible ou irrésistible pour l’homme? S’il est résistible, peut-on encore le qualifier d’efficace? S’il est irrésistible, comment expliquer que plusieurs résistent à l’appel?

Une autre difficulté entourant cette doctrine concerne ceux qui ne peuvent pas recevoir l’appel de la Parole de Dieu : les jeunes enfants, les personnes mentalement handicapées et les personnes qui n’entendent jamais l’Évangile (Rm 10.14). Que leur arrive-t-il? Peuvent-ils être condamnés par Dieu sans avoir reçu son appel?

Voici le genre de questions nous nous poserons en examinant le contenu du chapitre 10. Nous tenterons de répondre aux quatre questions suivantes

1. Comment une personne est-elle convertie à Dieu?

2. Peut-on résister à l’appel de Dieu?

3. Qu’arrive-t-il aux enfants morts en bas âge?

4. Qu’arrive-t-il aux pécheurs qui n’ont jamais entendu parler de Jésus-Christ?

 


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Que dit la Bible ? http://www.leboncombat.fr <![CDATA[Mais qui est donc la femme de Caïn ?]]> http://leboncombat.fr/?p=7801 2017-04-06T14:35:31Z 2017-04-06T14:29:37Z Cette semaine, pour notre 69ème épisode, nous répondons à la question de notre cher ami Derek Sutherland, qui nous écrit depuis le nord de la France. :

Mais qui donc était la femme de Caïn ? D’où venait-elle, puisque selon les récits de la Genèse Caïn était l’un des tous premiers hommes peuplant la terre, et que seuls ses parents existaient ?

Pour y répondre, Guillaume commence par rappeler que notre approche du livre de la Genèse influence nécessairement notre réponse à ces questions. Puis il propose trois approches principales :

(1) Caïn se serait marié avec une de ses soeurs. C’est là l’interprétation juive traditionnelle.
(2) Caïn se serait marié avec une femme issue d’un autre peuple que le sien, peuple dont l’existence à l’époque d’Adam est implicitement mentionnée dans les textes
(3) Le “cycle de Caïn” serait en réalité une parabole historique, semblable à celle que l’on retrouve dans les Evangiles. Dans un tel cas, “forcer le trait” et chercher des éléments de détail absents de la narration est inutile et ne peut que générer des apories.

Ces trois positions possèdent des difficultés, et l’approche traditionnelle est de plus en plus contestée par les spécialistes (y compris dans le camp évangélique). Cependant, Guillaume continue de penser que la première option reste la bonne… 🙂

 

Découvrez pourquoi en écoutant ce 69ème épisode de #QDLB !!

Bonne écoute !

 

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