La doctrine de la repentance – Théologie systématique #15

Repentance et foi vont de pair (Mc 1.15 ; Ac 20.21). Elles sont comme les deux faces d’une même pièce. La repentance est l’aspect négatif ; lorsque le pécheur se détourne de ses péchés, tandis que la foi est l’aspect positif ; lorsque le pécheur se tourne vers Christ. Sans la foi dans l’Évangile, la repentance conduirait au désespoir en montrant au pécheur que tout est perdu, mais en ne lui offrant aucun secours. Sans la repentance, la foi conduirait à l’illusion en montrant le Sauveur au croyant, mais sans lui faire comprendre la nature du salut offert et la façon de l’obtenir.

En somme, séparées l’une de l’autre, la repentance et la foi ne sont pas la vraie repentance ni la vraie foi ; réunies ensemble, elles conduisent à la vie et au salut.

 

 

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La première chose qui frappe, lorsqu’on commence à faire l’étude du chapitre 15 de la confession de foi, est l’écart substantiel de celle-ci avec la Confession de foi de Westminster. L’explication courte est qu’ici les baptistes ont simplement décidé de suivre les congrégationalistes en adoptant les modifications de la Déclaration de Savoie. Mais pourquoi les congrégationalistes ont-ils ainsi modifié le chapitre 15 des presbytériens?

Vraisemblablement, les baptistes et les congrégationalistes répondaient aux accusations de conversionnalisme que suscitait leur ecclésiologie. En effet, comme ils rejetaient le modèle d’Église nationale composée de la multitude et défendaient l’idée que la vraie Église est composée uniquement de ceux qui professent personnellement la foi, certains accusaient les baptistes et les congrégationalistes d’enseigner la nécessité de faire une expérience particulière de conversion pour être sauvé. Ainsi, plutôt que de reprendre telle quelle la doctrine de la repentance présentée dans la Confession de Westminster, les congrégationalistes, et les baptistes après eux, ont présenté leur propre formulation en y intégrant les points distinctifs requis par leur ecclésiologie.

 

 

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Nous oublions parfois que beaucoup d’Églises dans l’histoire, même parmi celles qui sont issues de la Réforme protestante, étaient de grandes Églises nationales composées des masses souvent incultes à propos de la foi. Cette ecclésiologie multitudiniste avait tendance à formaliser la repentance dans un rituel de pénitence faussant ainsi la repentance biblique. Les tenants de l’ecclésiologie congrégationaliste combattaient ce formalisme en prêchant la nécessité d’une repentance avec des fruits (Lc 3.8), d’une repentance qui consiste à déchirer son cœur et non à pratiquer des rituels de pénitence (Jl 2.13).

 

Bien que le chapitre 15 contienne 5 paragraphes, nous les regrouperons en trois questions et nous réorganiserons légèrement l’ordre dans lequel le matériel est présenté.

  1. Qu’est-ce que la repentance pour la vie et le salut?
  2. La repentance est-elle la même chose que la conversion?
  3. Dois-je continuer à me repentir après avoir été pardonné?

 


CHAPITRE 15 – LA REPENTANCE POUR LA VIE ET LE SALUT

§ 1 – Quant aux élus convertis à un âge plus mûr, après avoir vécu un certain temps dans un état de corruption dans lequel ils étaient assujettis à divers passions et plaisirs : par Son appel efficace, Dieu leur donne une repentance qui mène à la vie1.

1. Tt 3.2-5

§ 2 – Il n’y a personne qui fasse le bien et ne pèche point2, et le meilleur des hommes peut, sous le pouvoir et la tromperie de la corruption qui les habitent, par l’impulsion de la tentation, tomber dans des péchés graves et scandaleux. Dans l’alliance de grâce, Dieu a miséricordieusement fait que des croyants qui pèchent ainsi et tombent soient renouvelés par la repentance en vue du salut3.

2. Ec 7.20
3. Lc 22.31-32

§ 3 – Cette repentance salutaire est une grâce évangélique4, par laquelle une personne, rendue sensible par le Saint-Esprit à la grande méchanceté de ses péchés, par la foi en Christ, s’en humilie, dans une tristesse qui vient de Dieu, une haine pour ces péchés et une extrême aversion de soi5, priant pour le pardon, la force et la grâce, avec la résolution et la détermination de marcher devant Dieu, de façon qui lui soit agréable en toutes choses6.

4. Za 12.10 ; Ac 11.18
5. Ez 36.31 ; 2 Co 7.11
6. Ps 119.6, 128

§ 4 – Tout comme la repentance doit être continuée pendant tout le cours de notre vie, en raison du corps de mort et de ses actions, ainsi, il est du devoir de chaque homme de se repentir spécifiquement de ses propres péchés connus7.

7. Lc 19.8 ; 1 Tm 1.13, 15

§ 5 – Dieu a pris, par Christ dans l’alliance de grâce, des dispositions telles pour la préservation des croyants pour le salut, que malgré qu’il n’est pas de péché si petit qui ne mérite pas la damnation8, il n’est pas de péché si grand qui puisse attirer la damnation sur ceux qui se repentent9. La proclamation constante de la repentance est de ce fait nécessaire.

8. Rm 6.23
9. Es 1.16-18, 55.7

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Pascal Denault est pasteur de l’Église évangélique de St-Jérôme. Il est titulaire d’une Licence (BA) et d’un Master en théologie (ThM) de la Faculté de théologie évangélique de Montréal. Pascal est l’auteur des livres Une alliance plus excellente (2016, Impact Académia), Solas, la quintessence de la foi chrétienne (2015, Cruciforme), et The Distinctiveness of Baptist Covenant Theology (2013, Solid Ground Christian Books).