La doctrine du libre arbitre – Théologie systématique #9

La question du libre arbitre a fait, historiquement, l’objet de beaucoup de débats. Aujourd’hui encore les philosophes sont divisés entre le déterminisme et le libre arbitre. Nous croyons qu’il n’y a que la théologie qui puisse solutionner l’impasse de cet enjeu grâce à la compatibilité de la souveraineté divine avec la liberté humaine.

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Le chapitre 9 sert de pont entre les chapitres 6-8 (l’alliance entre Dieu et l’homme) et les chapitres 10-18 (le salut de l’alliance). Le chapitre 9 permet de comprendre pourquoi l’homme a besoin de l’alliance et comment il peut y répondre.

Une des raisons pour laquelle les croyants n’arrivent pas toujours à se mettre d’accord lorsqu’il est question du libre arbitre est que nous omettons parfois de préciser de quel état de l’homme nous parlons en voulant préciser la nature de sa liberté et de sa volonté.

Il y a une différence fondamentale entre la volonté de l’homme prélapsaire et postlapsaire de même qu’il y a une différence fondamentale entre la volonté de l’homme déchu, l’homme régénéré et l’homme glorifié. Si nous parlons simplement du « libre arbitre » sans préciser de quel homme nous parlons, nous risquons fort de ne pas nous entendre quant à sa liberté et sa volonté.

Voici quatre questions essentielles pour bien saisir la doctrine du libre arbitre et les différents états de l’homme :

1. L’homme a-t-il un libre arbitre?

2. Comment Adam a-t-il pu pécher si sa volonté était parfaite?

3. Que reste-t-il du libre arbitre de l’homme après la chute?

4. Le chrétien est-il libéré des effets du péché contre son libre arbitre?

 


CHAPITRE 9 – LE LIBRE ARBITRE

Par. 1 – Dieu a doté la volonté de l’homme d’une liberté naturelle et d’une capacité d’agir par choix, qui n’est ni contrainte, ni déterminée par une quelconque nécessité de la nature, au bien ou au mal1.

1. Mt 17.12 ; Jc 1.14 ; Dt 30.19

 

Par. 2 – Dans son état d’innocence, l’homme avait la liberté et le pouvoir de vouloir et de faire ce qui est bon et agréable à Dieu2 ; il était cependant muable et pouvait donc en déchoir3.

2. Ec 7.29 3. Gn 3.6

 

Par. 3 – Par sa chute dans un état de péché, l’homme a totalement perdu toute capacité de vouloir un quelconque bien spirituel en vue du salut4 ; de sorte que l’homme naturel est complètement opposé à ce bien5 et, puisqu’il est mort dans le péché, il est incapable par ses propres forces de se convertir, ou de s’y préparer6.

4. Rm 5.6, 8.7    5. Ep 2.1, 5    6. Tt 3.3-5 ; Jn 6.44

 

Par. 4 – Quand Dieu convertit un pécheur, et le fait passer dans l’état de grâce, il le libère de son esclavage naturel au péché7, et par sa grâce seule, il le rend capable de vouloir et de faire librement ce qui est spirituellement bon8.  Néanmoins, en raison de la corruption rémanente, il ne veut ni parfaitement ni uniquement ce qui est bien, mais il veut aussi ce qui est mal9.

7. Col 1.13 ; Jn 8.36 8. Ph 2.13 9. Rm 7.15, 18-19, 21, 23

 

Par. 5 – C’est seulement dans l’état de gloire que la volonté de l’homme sera rendue parfaitement et immuablement libre en vue du bien seulement10.

10. Ep 4.13

Pascal Denault est pasteur de l’Église évangélique de St-Jérôme. Il est titulaire d’une Licence (BA) et d’un Master en théologie (ThM) de la Faculté de théologie évangélique de Montréal. Pascal est l’auteur des livres Une alliance plus excellente (2016, Impact Académia), Solas, la quintessence de la foi chrétienne (2015, Cruciforme), et The Distinctiveness of Baptist Covenant Theology (2013, Solid Ground Christian Books).