La doctrine de la foi – Théologie systématique #14

Le chrétien n’est pas premièrement quelqu’un qui fait, mais quelqu’un qui croit. Les œuvres et l’éthique ne sont qu’en second plan dans le christianisme biblique ; la foi et la doctrine sont au tout premier plan et sont la source d’où les œuvres de la vie chrétienne découlent. Puisque nous ne sommes pas sauvés par ce que nous faisons, mais par ce que nous croyons, il est impératif de définir quelle est la foi qui sauve. Tel est le but du chapitre 14 de la Confession de foi de Londres de 1689.

 

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Jusqu’à présent, nous avons souvent mentionné la foi dans nos études. Nous allons maintenant définir ce qu’est la foi à salut et préciser la nature d’une foi vraie et vivante puisqu’une foi n’est pas nécessairement la Foi (Ep 4.5 ; Jc 2.17).

La scolastique médiévale identifiait deux sortes de foi : fiducia et fides. La première est la foi qui comprend ce qu’elle croit, tandis que la seconde est l’adhésion à l’enseignement de l’Église sans avoir nécessairement compris cet enseignement. Fiducia était vue comme la foi explicite et fides comme la foi implicite. Cette distinction permettait d’affirmer le salut, par une foi minimale, des masses chrétiennes non instruites. Puisque la foi, qui est nécessaire au salut, est l’appropriation de la vérité, il n’était pas obligatoire que les multitudes maîtrisent la doctrine chrétienne, dans la mesure où elles adhéraient à l’enseignement de l’Église. Ainsi, le plus important pour un chrétien ordinaire c’était d’être relié à l’Église dans laquelle se trouvait la vraie foi.

Avec la réappropriation de la justification par la foi seule, la Réforme a rejeté ce concept catholique romain de la foi par l’Église. Tout en reconnaissant que la foi à salut n’est pas toujours mature, instruite et affermie, la théologie protestante enseigne qu’une simple foi d’assentiment est insuffisante pour sauver. La vraie foi, bien sûr, est appelée à grandir et à mieux saisir la vérité qu’elle confesse, mais elle n’est jamais qu’un simple assentiment mental ou une adhésion formelle à la foi chrétienne. Elle est nécessairement une confiance du cœur dans les promesses de l’Évangile et une appropriation de celles-ci.

 

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Ainsi, ce n’est pas le lien organique entre le croyant et l’Église qui sauve, mais le lien spirituel de la foi qui relie à Christ et l’Évangile. C’est sur cette base que nous retrouvons la différence entre un christianisme fondé sur les sacrements (le catholicisme), et un christianisme fondé sur la prédication (le protestantisme). Puisque l’homme est sauvé par la grâce de Dieu au moyen de la foi (Ep 2.8) et puisque « la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ » (Rm 10.17), il a donc plu à Dieu « de sauver les croyants par la folie de la prédication » (1 Co 1.21).

 

Nous poursuivrons l’étude de la doctrine de la foi dans ses angles subjectif et objectif à partir des trois questions suivantes :

  1. Comment Dieu crée-t-il et maintient-il la foi chez les élus?
  2. Que faut-il croire pour être sauvé?
  3. Une foi faible et chancelante peut-elle me sauver?

 

 


CHAPITRE 14 – LA FOI QUI SAUVE

Par. 1 – Le don de la foi, par lequel les élus sont rendus capables de croire pour le salut de leurs âmes, est l’œuvre de l’Esprit de Christ dans leur cœur1 ; la foi, d’ordinaire, façonnée par le ministère de la Parole2, s’accroît et s’affermit par ce dernier, de même que par l’administration du baptême et du repas du Seigneur, par la prière et par les autres moyens établis par Dieu3.

1. 2 Co 4.13 ; Ep 2.8 2. Rm 10.14,17 3. Lc 17.5 ; 1 Pi 2.2 ; Ac 20.32

Par. 2 – Par cette foi, un chrétien croit que tout ce qui est révélé par la Parole est vrai, sur la base de l’autorité de Dieu lui‑même4 ; Il y saisit une excellence supérieure à celle de tout autre écrit ou réalité dans le monde5, en ce qu’elle déclare la gloire de Dieu dans ses attributs, l’excellence de Christ dans sa nature et ses offices, la puissance et la plénitude du Saint-Esprit dans son travail et ses opérations. Le croyant peut ancrer son âme dans les vérités ainsi crues6. Il se comporte de façons différentes, en fonction de la nature des textes variés que la Parole contient : il obéit aux commandements7, il tremble devant les menaces8, il fait siennes les promesses de Dieu pour cette vie et la vie à venir9. Les actes principaux de la foi qui sauve ont cependant une relation immédiate à Christ : l’accepter, le recevoir, se reposer sur lui seul pour la justification, la sanctification et la vie éternelle, en vertu de l’alliance de grâce10.

4. Ac 24.14 5. Ps 19.8-11, 119.72 6. 2 Tm 1.12  7. Jn 15.14  8. Es 66.2

9. Hé 11.13 10. Jn 1.12 ; Ac 16.31 ; Ga 2.20 ; Ac 15.11

Par. 3 – Bien que cette foi puisse être diverse en degrés, être faible ou forte11, cependant, en son degré le plus petit, elle est différente en son espèce ou sa nature de la foi et de la grâce commune des croyants temporaires12. Ainsi, elle peut être souvent assaillie et affaiblie, mais elle obtient la victoire13 ; chez beaucoup, elle grandit jusqu’à atteindre une pleine assurance par Christ14, qui en est à la fois l’auteur et celui qui la mène à la perfection15.

11. Hé 5.13-14 ; Mt 6.30 ; Rm 4.19-20 12. 2 Pi 1.1 13. Ep 6.16 ; 1 Jn 5.4-5

14. Hé 6.11-12 ; Col 2.2  15. Hé 12.2

 

 

 

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Pascal Denault est pasteur de l’Église évangélique de St-Jérôme. Il est titulaire d’une Licence (BA) et d’un Master en théologie (ThM) de la Faculté de théologie évangélique de Montréal. Pascal est l’auteur des livres Une alliance plus excellente (2016, Impact Académia), Solas, la quintessence de la foi chrétienne (2015, Cruciforme), et The Distinctiveness of Baptist Covenant Theology (2013, Solid Ground Christian Books).