Dieu peut-il vraiment tout?

Quand on parle de l’omnipotence de Dieu, plusieurs passages bibliques viennent à l’esprit, notamment les fameux “notre Dieu est au ciel, il fait tout ce qu’il veut” (Ps. 115:3) et “rien n’est impossible à Dieu” (Luc 1:37). (1)

Oui mais voilà : dans les faits personne ne croit que Dieu puisse mourir ou pécher.
L’Ecriture elle-même établit clairement que Dieu ne peut pas mentir (Ti. 1:2 ; Hé. 6:18) ou se renier lui-même (2 Tim. 2:13).

Les philosophes athées se sont généralement empressés de pointer l’incohérence de la doctrine de l’omnipotence divine, notamment au moyen du célèbre “paradoxe du rocher”, sur lequel nous allons revenir plus bas.

Commençons par définir l’omnipotence, avant d’aborder cette objection courante.

 

1- Qu’est-ce que l’omnipotence?

Ce terme vient du latin omnipotentia (litt. “tout pouvoir”, “toute puissance”). Comme nous l’avons vu, s’en tenir au sens littéral est erroné, et ce serait un raccourci que d’attribuer à Dieu la capacité absolue de tout faire.

Néanmoins, on peut définir l’omnipotence en deux temps :

1- “Dieu peut tout faire”, affirmation soumise à certaines restrictions.

2- “Dieu possède tout pouvoir”, affirmation elle aussi soumise à certaines restrictions.

Pourquoi parler de “restrictions” ? Parce que, dans les faits, il y en a au moins deux :

A- Dieu n’a pas besoin d’être capable de faire ce qui est logiquement inconsistant pour être omnipotent (par logique, j’entends une vérité nécessaire)

B- Dieu n’a pas non plus besoin d’être capable d’opérer ce qui est contraire à sa nature essentielle, en particulier sa nature morale essentiellement bonne et son existence nécessaire.

Ce qui nous conduit à une définition de l’omnipotence formulée ainsi :

Dieu peut amener à l’existence n’importe quel état de fait qui est (a) logiquement possible et (b) en accord avec sa nature essentielle. 

Voilà pourquoi Augustin déclare : “c’est précisément parce qu’il est omnipotent que certaines choses lui sont impossibles.” (2)

 

2- Le paradoxe du rocher

Cette objection bien connue est généralement formulée ainsi :

Si Dieu est tout-puissant, pourrait-il créer un rocher si lourd qu’il ne puisse pas lui-même le porter ?

– S’il le peut, il cesserait d’être tout-puissant
– S’il ne le peut pas, c’est qu’il n’est pas tout-puissant.

Comment répondre ? En réalité cette objection est basée sur une mauvaise compréhension de la doctrine de l’omnipotence et de la notion de pouvoir. (3)

Si l’on s’en tient à ce que nous avons formulé ci-dessus, une réponse en cinq points est possible :

1- Dieu est infini (4)

2- Un roc que Dieu ne puisse porter doit obligatoirement être égal ou supérieur à l’infini

3- Tout ce que Dieu crée est fini et dépendant de son créateur 

4- Un roc infini est donc une impossibilité logique

5- Par conséquent, Dieu ne peut pas créer un rocher si lourd qu’il ne puisse le porter, justement parce qu’il est omnipotent. 

 

D’autres objections de ce type existent, notamment celle de la tentation du Christ incarné. Nous aurons certainement l’occasion d’aborder cette problématique lors d’un autre article.

 

 

GB

 

 

 

Notes et références :

(1) Voir également Ps. 24:8 ; Gen. 17:1 ; Gen. 18:4 ; Matt. 19:26 ; Rom. 1:20 ; Ac. 4:13 ; 17:26 etc.

(2) Augustin, La cité de Dieu, V.10.

(3) Pour Thomas d’Aquin, dire que Dieu ne peut pas mourir ni mentir ne revient pas à refuser à Dieu quelque puissance réelle. C’est plutôt une impuissance, une faiblesse qui est écartée. Cf. Thomas d’Aquin, Questions Disputées sur la Puissance de Dieu, Art. 5 et 7.

(4) Ou plutôt, disons comme Anselme “Dieu est ce qui est tel que rien de plus grand ne puisse être conçu”. Une partie de ce qui est connu comme “l’argument ontologique.” Cf. Proslogion II. => Par conséquent, puisque l’homme peut éventuellement concevoir l’infini en formulant cette question, alors Dieu est plus grand encore que cette conception de l’infini.

Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l’un de ses administrateurs actuels. Il s’intéresse particulièrement à l’intertextualité et à l’exégèse de l’Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est titulaire deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat à l’Université d’Aberdeen (Ecosse).

  • Un cartésien pourra toujours demander : « Si Dieu ne peut pas faire quelque chose d’impossible, est-il tout-puissant ? S’il est tout-puissant, il devrait pouvoir réaliser même l’impossible. » À cela, on peut répondre que l’impossible ne désigne justement rien, car un énoncé contradictoire ne peut pas avoir d’objet. Il faut préciser aussi, contrairement à ce que dit la pub « Coca-Cola », l’impossible n’est pas l’improbable, mais ce qui est logiquement inconsistant, contradictoire.

    Pour la question du péché, on peut dire qu’en ce qui concerne sa puissance prise isolément, Dieu à la capacité de pécher, mais que sa volonté est contre le péché. Par conséquent, Dieu peut pécher mais ne veut pas pécher.

    • Yes, merci Alexis pour ce commentaire.

      A vrai dire, j’estime avec Anselme que si Dieu devait être capable de faire quelque chose qui soit logiquement inconsistant ou contraire à sa nature, cela reviendrait à diminuer son omnipotence. Et par conséquent, sa perfection serait atteinte.

      Oui, je suis d’accord avec toi pour le deuxième argument.

  • Les paradoxes logiques sont toujours stimulants pour la pensée, et utiles pour la clarifier. Au fond, ils se réduisent tous à une contradiction perpétuelle :

    Ce que je dis est faux.

    Un barbier rase tous ceux qui ne se rasent pas eux-mêmes. Doit-il se raser ?

    Les paradoxes logiques peuvent-ils nous apprendre quelque chose sur la nature de Dieu ? Non, car d’après leur formulation il est évident qu’ils ne concernent que la logique purement abstraite du langage, indépendamment de toute réalité ; ainsi dans le paradoxe du rocher on pourrait remplacer le mot Dieu par n’importe quel autre sans rien changer à la nature du paradoxe. Or à la moindre tentative de vouloir l’appliquer à la théologie, on s’aperçoit immédiatement qu’il ne fait plus aucun sens. L’infini de Dieu et l’infini mathématique sont d’ordres totalement différents, ils ne peuvent pas se comparer. Même si Dieu crée un univers infini, contenant une quantité d’énergie et de matière infinies, il est absurde d’en déduire une limitation quelconque de sa toute-puissance sur cet univers.

    Si les paradoxes logiques ne nous apprennent rien sur Dieu, ils peuvent à l’occasion derrière le pupitre nous apprendre quelque chose sur les pièges dans lesquels tombent parfois nos pensées. C’est le cas du fameux paradoxe du pendu, dont l’application eschatologique échappe à beaucoup d’évangéliques. En voici une formulation assez simple :

    Un professeur à ses élèves :

    Je viens de décider du jour de la semaine prochaine où je vous ferai passer une interrogation surprise. Vous devrez être prêts toute la semaine durant, car vous n’aurez aucun moyen d’en connaître la date à l’avance.

    Les élèves raisonnent ainsi : cette interrogation n’aura pas lieu. Voici pourquoi : il est impossible que l’interrogation ait lieu Vendredi, car arrivant Jeudi soir sans avoir été interrogés nous saurions infailliblement qu’elle aurait lieu le lendemain. L’interrogation ne peut donc survenir qu’entre Lundi et Jeudi. Cependant elle ne peut avoir lieu Jeudi, car arrivant Mercredi soir sans avoir été interrogés nous saurions infailliblement qu’elle aurait lieu le lendemain Jeudi. Et ainsi de suite… les élèves sont donc complètement rassurés.

    Cependant le Mardi suivant, le cœur leur manque lorsqu’en arrivant en cours le professeur prononce la phrase fatidique : « Prenez une feuille… ».

    Où était la faille dans leur raisonnement ? il n’y en a pas ! leur logique est imparable. Mais alors pourquoi Mardi ? tout simplement parce qu’ils avaient déduits que l’interrogation n’aurait pas lieu Mardi, c’était la condition suffisante pour qu’elle puisse avoir justement lieu ce jour là, d’après les conditions stipulées par le professeur.

    Mais à la limite de la semaine Vendredi ?! est-ce qu’elle aurait pu avoir lieu Vendredi ? Non ! puisque Jeudi soir ils auraient su que c’était pour demain. Ils pouvaient donc arriver en cours Vendredi tranquilles… Tout à fait, et c’est justement parce qu’ils auraient été certains que l’interrogation n’aurait pas lieu que le professeur était en droit, même le Vendredi, de leur dire : « Prenez une feuille… »

    Ceci s’applique bien sûr au retour de Jésus-Christ : une majorité de chrétiens évangéliques s’imaginent que la prophétie de Daniel ch.9 enseigne que le Seigneur reviendra en gloire 7 ans exactement ou peu s’en faut, après un traité que l’antéchrist aura signé avec le peuple juif revenu dans son territoire géographique.

    Outre que le texte ne dit rien de tel, et que l’idée d’un traité de paix de durée limitée est en soi absurde, puisque les deux parties devraient alors se préparer à la guerre, cette chronologie est en contradiction totale avec la condition même stipulée par le Seigneur : Vous ne saurez pas la date ! Tout comme dans l’histoire du professeur et des élèves, tous ceux qui assisteraient à la signature de ce traité fantaisiste, en déduiraient que le Seigneur ne reviendrait pas durant la dernière semaine. Or la seule chose dont nous sommes certains, c’est que le Seigneur reviendra et que nul ne connaîtra avant la date de son retour.

  • Fox

    Il me semble, pour ma part, que Dieu n’est pas sujet à nos contingences logiques ni à nos limitations de concepts.
    A notre échelle, un objet ne peut être une chose et son contraire à la fois.
    Pourtant, la physique quantique nous montre qu’a l’echelle subatomique, cela est courant, bien que contraire à notre raison.

    Dieu ayant tout créé, même « l’infiniment » petit, Il peut, par conséquent, créer ce rocher si lourd qu’il ne puisse le porter sans que ce soit un paradoxe et une limitation de Sa toute puissance.
    Ne confondons pas nos limitations intellectuelles de conception, avec les Siennes.

    Dieu peut Il pécher ? Je pense qu’Il peut s’Il le souhaitait et non parcequ’Il en serait incapable par nature.
    Jésus fut tenté, n’est ce pas?
    Du reste, la trinité est le parfait exemple de notre limitation intellectuelle en ce qui concerne les paradoxes logiques qui nous sont inaccessibles.

    • Etienne Omnès

      Bonjour Fox,

      C’est assez courant de voir ce genre de « Dieu n’est pas limité par la logique » et de penser que l’on glorifie et magnifie le Seigneur en affirmant cela. Après tout, on étend les limites de Dieu n’est ce pas? Pourtant je pense que loin de magnifier Dieu, dire qu’Il n’est pas limité par la logique le diminue:

      1. La logique n’est pas une convention inventée par des hommes. A l’image de la Sagesse dans Proverbes 8, elle est présente dès la création, et l’univers a été bâti selon des lois qui obéissent à la logique. La logique s’impose aux hommes. SI elle n’est pas une convention humaine, d’où provient-t-elle alors? De Dieu. Ainsi, affirmer que Dieu n’est pas limité par nos raisonnement humains ne veut absolument pas dire qu’Il n’est pas logique, au contraire! Je dirais que c’est nous qui sommes trop fous et absurdes pour le comprendre.

      2. Si Dieu peut être tout et son contraire (après tout, la première loi de la logique est la non-contradiction), qu’il peut être puissant et faible, savant et ignorant, infini et non-existant… on n’est pas en train de glorifier Dieu, on est en train de le réduire à rien! Une chose tellement infinie qu’on ne peut même pas le définir ne peut pas être connue, et ne vaut pas la peine d’être connue (après tout, elle n’est jamais la même chose).

      3. Cette affirmation provient d’une mauvaise compréhension de l’incompréhensibilité de Dieu (On ne peut pas comprendre pleinement Dieu). Vous me citez la trinité, c’en est un bon exemple! Contrairement à vous, je ne pense pas que l’on ne peut pas comprendre Dieu. Je pense qu’on peut en comprendre « le principe de base », et que ce que l’on ne peut pas en comprendre, c’est le degré.

      Un exemple qui me rend personnellement fou à chaque fois que j’y plonge trop: son amour. Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son fils Jésus pour mourir à notre place. Qu’y a-t-il d’incompréhensible là dedans? Où est la difficulté à comprendre? La difficulté qui me rend fou c’est qu’on n’est pas dans le cas où l’humanité avait une dette d’un milliard et que Dieu a compensé ce milliard. On était dans le cas où l’offense à payer était inifinie, insoluble et l’homme était rebelle et en guerre contre Dieu. En plein milieu de cette guerre, Dieu offre son fils qui vaut infiniment plus que l’humanité! 14 milliards d’hommes (morts et vivants) additionnés ne valent pas un Fils aussi éternel que le Père, puissant que le Père, aimant que le Père, alors pourquoi??? Pourquoi as-t-il autant aimé le monde qu’il a sacrifié un fils infiniment plus valeureux que l’humanité toute entière?! Nous ne valions pas un Dieu…

      Dieu est aimant, ce n’est pas difficile à comprendre. Mais qu’il nous aime à ce point, c’est à vous rendre fou. De même Dieu est puissant, ce n’est pas compliqué à imaginer, mais si j’essayais de sonder sa puissance, je deviendrais aussi fou. D’autres ont essayé de sonder son éternité etc…

      Ce qui est incompréhensible ce n’est pas la Trinité, c’est l’intégralité de sa subtilité. Nous comprenons la base, et cette base est fiable, mais nous ne pouvons pas sonder de plus en plus profond sa profondeur et espérer garder notre sanité. Dieu est personnel (donc accessible) à mais il est aussi infini.

      Pourquoi la logique serait-t-elle une barrière à Dieu? Dieu est logique, il est même infiniment logique!

      • Fox

        Sans vouloir rentrer dans une polémique sans fin, Je viens de lire votre article concernant l’omniscience de Dieu sur le futur, et vous dites exactement l’inverse de ce que vous affirmez sur l’omnipotence de Dieu dans l’article ci-dessus.

        Ici, vous limitez Dieu par votre logique (quitte à ce que Dieu ne rentre pas dans la définition de l’omnipotence, du coup) alors même que concernant Son omniscience de l’avenir vous affirmez que Dieu ne peut être limité, cela allant en contradiction avec la définition (une définition toute humaine d’ailleurs) de l’omniscience.
        Je ne suis personnellement donc, pas convaincu par vos arguments qui me semblent être développées à postériori pour appuyer une conviction (ou une intuition) que vous aviez déjà précédemment.

        Ceci étant dit je vous remercie pour les articles de qualité et bien documentés dont vous nous faites toujours profiter sur votre site.

        • En fait je pense que vous comprenez nos articles d’une manière qui ne reflète pas notre intention. Nous ne disons pas « d’une part Dieu peut être limité, et d’autre part Dieu ne le peut pas ».
          Nous disons : définissez correctement ce qu’est l’ominiscience, et ce qu’est l’omnipotence.
          Nous maintenons que la « capacité » de pécher, par exemple, reflèterait une impotence, pas l’omnipotence. Ce serait la même chose si Dieu pouvait concevoir quelque chose de faux, comme David Vincent le soutenait dans l’article qu’il a supprimé de son blog : dans ce cas, ce ne serait pas l’omniscience telle qu’elle a toujours été comprise par l’Eglise.
          La même logique subsiste dans les deux cas, et le présupposé de l’être parfait va venir diriger et animer notre compréhension de ces deux attributs divins.

          Bien à vous.

    • Xavier Catherine Penon-Campagn

      Ce qui est au-delà de nos possibilités intellectuelles est ce qu’on ignore ; Spinoza avait raison : « Dieu, cet asile de l’ignorance. ».

      C’est ainsi qu’on fonctionné tous les paresseux intellectuels :

      – La foudre ?
      « C’est dieu qu’a fait ! »

      – Le tonnerre ?
      « C’est dieu qu’a fait ! »

      – Les épidémies ?
      « C’est dieu qu’a fait ! »

      – Les nuages ?
      « C’est dieu qu’a fait ! »

      – Les arc-en-ciel ?
      « C’est dieu qu’a fait ! »

      – La vie ?
      « C’est dieu qu’a fait ! »

      – Etc..

      Si au moins c’était une explication ! Mais « C’est dieu qu’a fait ! » ne nous apprend RIEN, n’explique RIEN, ne justifie RIEN, ne résout RIEN.

      « C’est dieu qu’a fait ! » : Une non-réponse, une non-information, une hypothèse stérile.

      Jusqu’à présent, TOUS les phénomènes autrefois attribués à un ou plusieurs dieux ont été compris,
      expliqués et souvent reproduits sans avoir besoin de recourir à « dieu(x).

      D’ailleurs, pour se protéger de la foudre, même les croyants ont plus confiance en une tige de métal
      relié au sol (un paratonnerre) qu’en leur(s) Idole(s).

      « Ce système qui consiste à attendre d’un être tout puissant le bonheur, c’est le système de
      l’idolâtrie, il est aussi vieux que la corruption humaine et le progrès du temps n’a fait que changer sa forme extérieure. »
      (Johann Gottlieb Fichte)

      • Fabrice

        Non pas tous justement, par exemple:

        Physicodynamic Incompleteness – Dr David L. Abel – Mai 2015: http://www.researchgate.net/publication/275892552_Physicodynamic_Incompleteness_Scirus_Sci-Topic_Paper

        Extrait: « Si les sélections de programmation de nœud de décision sont faites au
        hasard ou par la loi plutôt qu’avec une intention délibérée, aucune
        fonction non triviale (sophistiquée) n’apparaîtra spontanément. » APRÈS
        DIX ANS DE REPUBLICATION CONTINUELLE DE L’HYPOTHÈSE NULLE AVEC APPELS A
        LA FALSIFICATION, AUCUNE FALSIFICATION N’A ÉTÉ FOURNIE. Le temps est
        venu d’étendre cette hypothèse nulle en une prévision scientifique
        formelle: « Aucune utilité algorithmique/computationnelle non triviale
        n’apparaîtra jamais par le hasard et/ou la nécessité seul(e). »

        :p

  • Maxime

    les paradoxes n’ont jamais empêché les choses d’exister, comme le paradoxe du menteur qui dit « Je ne raconte que des mensonges » dans les faits les menteurs existe bien. Dans les fait peu on concevoir l’infini avec notre esprit humain. pourtant on sais que mathématiquement l’infini existe. la Trinité peut elle être conceptualisé? Dieu peut il être conceptualisé? je croie que c’est une erreur de vouloir mettre Dieu à notre « portée logique ».

    • Yes, d’accord avec toi pour ce qui est de la trinité. On essaye tellement de rendre cette doctrine compréhensible d’un point de vue humain par de nombreux raisonnements, quitte à en édulcorer le sens, plutôt que d’admettre que Dieu est Dieu et que sa sagesse est insondable!

    • Il ne s’agit pas de mettre Dieu à Dieu à notre portée logique, mais de répondre à un argument athée : le paradoxe du rocher. La différence avec votre exemple, c’est que le paradoxe du rocher se focalise sur la nature même de Dieu, son omnipotence. Si vous leur répondez « Dieu ne peut pas être conceptualisé de manière logique » sur un paradoxe fermé comme celui là, vous leur donnez raison : Dieu n’est pas omnipotent.

    • dan

      oui Maxime, le paradoxe du rocher peut se résumer ainsi : « puis-je faire quelque chose que je ne peux pas faire »
      Ça n’a rien à voir avec Dieu. C’est une question de l’esprit, et ce genre de question montre précisément les limites des capacités de l’esprit. Et si l’esprit est le chemin, ce n’est pas avec l’esprit qu’on appréhende Dieu. Je vous laisse poser la question suivante.

  • Xavier Catherine Penon-Campagn

    Belles tentatives pour étouffer la Raison sous des raisonnements 🙂

  • Xavier Catherine Penon-Campagn

    Il n’y avait pas besoin d’aller si loin, il suffisait de ça :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_d'explosion

    • Que voulez vous dire par là : que l’on devrait répondre à toute contradiction en usant d’un tel principe?

      • Xavier Catherine Penon-Campagn

        .

        Les livres « saints » seraient plutôt « Ex falso sequitur quodlibet  » : Du FAUX découle ce que l’on veut.

  • Etienne Omnès

    J’ai été confronté à ce paradoxe « en vrai » récemment, et voici ce qui a fini par sortir laborieusement.

    Premièrement, j’avais du mal à comprendre pourquoi un rocher insoulevable par un Dieu tout-puissant était logiquement impossible. Il faut comprendre que nous ne sommes pas en train de parler d’un démiurge, ni d’un dieu limité façon Zeus ou Shiva, mais bien du Dieu suprême, Celui au dessus duquel il n’y a rien de possible. Est ce qu’un rocher peut rester insoulevable par un Dieu qui soulève toute choses? Non, c’est une contradiction.

    Deuxièmement, que Dieu ne puisse pas faire une chose logiquement impossible n’est-t-elle pas une limitation insupportable? Ici, je vais donner une illustration.

    Prenez une feuille et un crayon et dessinez moi un carré à trois côtés. Attention, je veux que ce soit vraiment un carré et qu’il ait vraiment trois côtés. Pourquoi n’y arrivez vous pas? Parce que vous ne savez pas dessiner un carré? Bien sûr que si! Parce que vous ne savez pas ce que font trois côtés? Bien sûr que si! Alors où est le problème? Le problème est qu’un carré à trois côtés est logiquement impossible, il n’existe pas du tout et ne peut donc même pas être conçu.

    Est ce que ca veut dire que vous ne savez pas dessiner n’importe quel forme géométrique? Bien sûr que non!
    De même, l’omnipotence de Dieu n’est pas limitée par son « incapacité » à accomplir une chose contradictoire.

  • Laurent dv

    Je n’ai pas compris cette partie de ta phrase :  » l’impossible ne désigne justement rien, car un énoncé contradictoire ne peut pas avoir d’objet. » ; pourrais-tu développer et expliquer s’il te plaît ? Merci d’avance

  • Jean-René Moret

    Petite note formelle : attention aux anglicismes. « inconsistance » semble être utilisé ici pour dire incohérence; adresser une question n’est pas français (préférer « aborder » ou « s’attaquer à »).

    • Yes pour « inconsistance ». Pour « adresser », il me semblait que cela était passé dans le langage courant. Nous modifions ça.

  • Jean-René Moret

    Dans la présentation de la logique comme vérité nécessaire, il y a le danger de faire de la logique un égal de Dieu : la logique serait une seconde entité éternelle, nécessaire en elle-même et immuable. Le seul moyen d’éviter cela est de situer la logique à l’intérieur de
    Dieu, de faire dériver la logique de la cohérence de Dieu et de sa
    fidélité.
    Mais à ce moment, l’affirmation « Dieu peut amener à l’existence n’importe quel état de fait qui
    est (a) logiquement possible et (b) en accord avec sa nature
    essentielle.  » se réduit à la partie b), et la a) lui est tout à fait seconde.
    (Comme je l’ai indiqué en commentaire dans http://www.questionsuivante.fr/?p=1712)

    • Je crois que notre désaccord se situe probablement sur la question des objets abstraits, du coup. La logique, dans son caractère absolu n’est autre que le reflet de qui est Dieu, de sa nature.

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