Les chrétiens doivent-ils corriger physiquement leurs enfants ?

Oubliez tout ce que vous croyez sur ce que la Bible dit de la correction physique des enfants… enfin peut-être serez-vous intéressés d’entendre un avis différent concernant la Bible et la fessée ! Voici l’avis éclairé du pasteur Matthieu Caron.

Quelques unes des questions que nous lui avions posées :

  • Quelles sont les positions traditionnelles défendues par les évangéliques en la matière ?
  • Que penser des six passages régulièrement invoqués dans le livre des Proverbes ?
  • Que penser du passage de Hébreux 12:5-11 (qui cite d’ailleurs Prov. 3:11-12) ?
  • Que penser de Pascal Denault qui tape ses enfants ? 😂😂😂 (écoutez le long bêtisier après le jingle de fin pour comprendre).

 

Matthieu Caron est pasteur à l’église baptiste de Shawinigan-Sud et également professeur au Séminaire SEMBEQ à Montréal et à l’école biblique PROFAC. Matthieu est spécialiste de la relation d’aide biblique, notamment des problématiques de dépression, d’anxiété, de problèmes maritaux, de dépendances.

Il est titulaire d’un doctorat en chiropratique (UQTR), de trois certifications en relation d’aide (CCEF) et il complète actuellement sa maîtrise en théologie (M.Div.) au Reformed Theological Seminary de Jackson (Mississippi, USA).

 

>> Musique : Jeanne Cherhal, Un papa, une maman
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Coram Deo est l'émission hebdomadaire de Pascal Denault et Guillaume Bourin pour CFOI-FM, dont les podcasts sont retransmis sur Le Bon Combat tous les mardis.

  • Gilles GEORGEL

    Je n’ai pas encore écouté ce post. Mais je suis toujours étonné de ces nouvelles interprétations qui font de ce qui a toujours été compris d’une manière une réalité caduque. On dirait que c’est une mode. Et puis culpabiliser des parents qui ont usé avec justesse de la fessée ne me semble pas très opportun.

    • Et bien tu aurais dû écouter, cher Gilles, car en aucun cas la pratique de la discipline physique n’est rejetée. Les conclusions se portent sur la traduction des passages si souvent invoqués. Or, en la matière, il y a bel et bien une histoire de l’interprétation, et c’est ce que Matthieu Caron reprend ici. Rien de nouveau, les commentateurs présentent les deux options possibles depuis belle lurette. En réalité, la « nouveauté » (si tant est que l’on puisse s’exprimer de la sorte), c’est plutôt de comprendre « chevet » comme un bâton de correction.
      Point de tentative de culpabilité non plus, je t’assure. Par contre, nous voulons bien croire que tu as usé avec justesse de la fessée 🙂
      A bientôt,
      Guillaume

      • Pascal Denault

        Surtout lorsqu’on voit les résultats! Maxime est un parangon de l’enfant bien corrigé devenu vertueux 🙂

  • Jean-Luc Burnod

    Excellente réflexion sur la notion d’éducation qui remet le pendules à l’heure avec une compréhension hébraïque de ces Textes des Proverbes qui sont malheureusement devenu dans la chrétienté le prétexte à beaucoup de violence envers les faibles et en particulier envers les enfants. On pourrait même parler d’un véritable apprentissage de légitimation de la violence abusive qui passe au travers des coups donnés au enfants.

    Il existe un livre de Olivier Maurel (en français) qui parle de ce sujet : « Vingt siècles de maltraitance chrétienne des enfants » aux éditions Encretoile. C’est un terrible exposé historique sur la notion de « violence éducative », mais l’auteur ne connaissant pas l’hébreu est un peu empêtré par rapport à ces Textes mal compris. Personnellement, après avoir usé de la méthode violente, j’en suis totalement revenu et en ai vu les résultats positifs bien au-delà de ma progéniture. L’image du Bon Berger qui guide son troupeau avec sa houlette et son bâton aurait pourtant dû m’interpeller bien plus tôt… Car c’est par sa Parole et son Esprit que Dieu nous corrige, mais pas à coup de bâton. Les chiropracteurs comme Matthieu Caron connaissent bien les nombreux problèmes qui surviennent après des chocs dans le dos…

  • Pascal Denault

    LOL! surtout quand il flirt avec les pédobaptistes!

    • + THéonomistes et un idéalisme physique quantique chelou !

  • Gilles GEORGEL

    Guillaume fait remarquer que la version Segond ne rendrait pas bien le mot et influencerait son interprétation dans le sens moderne. Mais toutes les traductions vont dans ce sens. Je ne serais pas absolu en ne prenant que le sens de sceptre et d’autorité. Pour être concret, je n’ai jamais pris un bâton pour corriger ms enfants. Mais je crois que la discipline peut aller jusqu’à la fessée. Je suis d’accord aussi sur le fait qu’il y a d’autres formes de correction et d’apprentissage.

    • Non mais le raisonnement es simple :
      1) Les deux traduction sont possibles
      2) Le présupposé exégétique détermine si le texte est compris dans le sens de correction ou de d’instruction
      3) Le “consensus” protestant francophone est celui de l’instruction. Mais cela est dit d’entrée dans le podcast.

      Néanmoins Matthieu Caron note :
      1) Que le présupposé “correction” pose des problèmes de cohérence exégétique (on ne parle pas « d’enfants » mais de jeunes adultes ou d’esclaves, les coups de bâton étaient strictement réglementés, l’interprétation rabbinique ancienne ne va pas dans la direction de la correction, etc.)
      2) Que l’histoire de l’interprétation est fortement déconnectée du contexte initial des Proverbes
      3) Qu’il serait bon de question les présupposés du consensus, car il est probable qu’ils soient peu étayés.

      J’ajoute à cela que tous les commentaires exégétiques sérieux références les deux positions de longue date.
      A titre personnel, je pense que les deux sont viables, mais l’approche de l’instruction a le mérite de bien mieux cadrer avec le thème de la poursuite de la sagesse, et surtout elle évite quasiment tous les problèmes exégétiques que pose l’autre.

  • Gilles GEORGEL

    Pour Proverbes 22,6, là encore toutes les traductions que j’ai pu consulter vont dans le même sens. Je n’ai lu aucune variante qui va dans le sens de ce que dit votre invité

    • Proverbes 22:6 ? Mais il est clairement question d’instruction ici, pas de correction

  • Solveig

    Ne sachant comment joindre Guillaume qui est pause fb, je passe par ce biais non pour commenter la dernière émission mais pour proposer un nouveau sujet à propos de l’évangélisation. On pense souvent à l’évangélisation de rue, tandis qu’évangéliser devrait être une manière de vivre au quotidien. De plus, il existe de multiples « méthodes », qui mériteraient d’être mises en valeur (ou du moins abordées/discutées). C’est un vaste sujet qui ne pourra être traité en une fois, donc je limiterais la question à cet aspect : « Devrait-on culpabiliser de privilégier (ou de n’utiliser que) une manière d’évangéliser plutôt qu’une autre (ou certaines et pas d’autres) ? » Personnellement, je suis très mal à l’aise avec le fait d’aborder des inconnus dans la rue pour leur parler de Jésus, je trouve que ça manque de naturel et de relationnel. Je préfère créer une relation avec les gens et l’évangélisation vient d’emblée. J’ai déjà pratiqué l’évangélisation de rue, mais par la force des choses. Il y a du bon dans cette méthode, ça m’a été très profitable, mais est-ce qu’on devrait se forcer à l’évangélisation de rue pour autant ?

    • Yes Solveig. On a déjà différentes émissions sur l’évangélisation. Les as-tu écouté ? Il est vrai que nous n’avons pas réellement parlé de “méthodes”, mais il est évident que l’évangélisation est un mode de vie.
      Je vais intervenir à un camp de jeunes adultes fin août sur le thème de la mission. Il y a un thème libre sur la fin, je me demande si je ne vais pas aborder ce sujet, ça me parait important. Je vais voir pour qu’on l’enregistre.
      Sinon, tu peux toujours me contacter via messenger, je l’ai laissé actif, mais je vais t’envoyer un mail 🙂
      #labiz

      • Solveig DV

        Je n’ai pas encore parcouru toutes les archives. Ce serait super si tu pouvais avoir l’enregistrement en effet. Merci bien Guillaume ! #labizbelge

  • Emmanuel Durand

    Je ne suis pas d’accord avec Guillaume sur la prononciation du mot sceptre. En vrai français, on prononce le p. On ne dit pas scetre. C’est peut-être parce que tu es parisien… Mais Paris n’est pas la France 😉 voir par exemple: https://www.littre.org/definition/sceptre

    Sinon, en tant que père de 4 enfants, je suis content de trouver enfin quelqu’un qui partage mon opinion sur les châtiments corporel. Si l’on écoute beaucoup d’évangélique, la fessée est le remède miracle à tous les maux de nos enfants….
    Je ne suis pas convaincu par les arguments linguistiques, mais je vais sortir mes lexiques et autres ressources pour potasser ça. Il me semble que l’argument principal est plutôt que le livre de Proverbes est un livre poétique, pas une liste de lois.

    Enfin, y a-t-il des ressources en Français et/ou Anglais qui partagent ce point de vue?

    • dan

      la vie est composée d’un fond qui ne change jamais (naissance et mort, travail, maladie-guérison, échec-succès, etc.) et d’une forme qui dépend de la culture, de l’époque, de la société, etc. C’est un peu comme au théatre, le scénario reste toujours le même (pour une même pièce, s’entend) pendant que les décors changent, au gré des metteurs en scène et des lieux-époques.
      Il se pourrait que selon ce principe, la fessée physique d’hier devienne une punition plus subtile, ou se transforme en challenge pour les plus diplomates d’entre nous (transformer la fessée en carotte) mais si la forme change le principe du paradis et de l’enfer restent toujours les mêmes. Certains enfants préféreront marcher à la carotte, d’autre à la baguette. Fondamentalement, c’est un faux débat : les goûts et les couleurs…
      L’Écriture ne peut être anéantie (Jean 10:35), c’est pour cela que le scénario de la vie ne change pas, mais sa lecture peut prendre différents degrés lorsqu’on en comprend le principe qui La sous-tend. Cette compréhension est composée de différents degrés, et c’est toute le principe des religions que de nous guider jusqu’à ce que le véritable savoir – d’autres l’appelleront Dieu, puisqu’Il est omniscient – pénètre en nous.
      Hier, j’étais intelligent et je voulais changer le monde. Aujourd’hui, je suis sage et je me change moi-même.

  • Mathieu Gonthier

    Bonjour
    Très intéressant.
    Et à propos du passage dans hébreux 12 qui parle de nos pères qui nous ont châtié. ..?
    S agissait t’il de châtiment physique ?

  • Theophile Kelly Naomie Cournim

    Pourquoi ajouter de la paille au froment: ce que la Bible nous enseignent ne vaut-il pas bien mieux que ce nous enseignent la sagesse de ce monde tordu?! Je vous rappelle que Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre. Et que vous le vouliez où ses paroles en font partie.
    Proverbes 13: 24
    Celui qui ménage sa verge hait son fils, mais celui qui l’aime cherche à le corriger.
    Proverbes 29: 15
    La verge et la correction donnent la sagesse, mais l’enfant livré à lui-même fait honte à sa mère.
    Proverbe 22v15 la folie est attachée au coeur de l’enfant; la verge de la correction l’éloignera de lui.
    Proverbe 23v13 N’épargne pas la correction à l’enfant; si tu le frappes de la verge, il ne mourra point. 14 En le frappant de la verge, Tu délivres son âme du séjour des morts. Amen voyez-vous ses paroles sont claires, il n’y a rien à y ajouter et rien à y retrancher. Toutefois si vous souhaitez échanger ses versets inspirés de Dieu pour les conseils votre propres sagesse, libre à vous. Sachez cependant que tout ce que Dieu nous enseignent à travers sa parole est pour notre bien et le bien de nos enfants, et certainement que ses paroles ne nous ont pas été donné en vain. Shalom

    • dan

      Bravo Théophile, merci pour cet élan de lucidité !
      J’ajoute gratuitement :

      Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission.

      Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme; mais elle doit demeurer dans le silence. 1 Timothée 2:11-12
      Le
      Christ est le chef de tout homme, l’homme est le chef de la femme, et Dieu le
      chef du Christ 1 Cor 11, 3
      Car si une femme n’est pas voilée, qu’elle se coupe aussi les cheveux.
      Or, s’il est honteux pour une femme d’avoir les cheveux coupés ou d’être
      rasée, qu’elle se voile 1 Cor 11,6

  • Bravo ! Il n’a pas fallut qu’un an après la loi fut-elle symbolique
    (et retoquée) pour que les évangéliques se conforment ! Ils sont forts.
    Mais une question est posée : elle est sortie au Canada aussi cette loi ?

    Ça me rappelle les sites « d’homosexuels chrétiens » qui font toute une
    argumentation doctrinale pour y justifier leurs pratiques. Je suis sûr
    que vous êtes déjà tombés sur un de ces sites là.

    On a maintenant une interprétation politiquement correcte de la Bible pour tout sujet.
    Quoi que rien de nouveau sous le soleil…

    C’est vraiment de l’aveuglement spirituel sur un sujet pourtant si clair.

    Je me demande quelle tour de passe-passe linguistique répondront les laxistes à ce verset cité par Théophile :

    Proverbe 23v13 : N’épargne pas la correction à l’enfant; si tu le frappes de la verge, il ne mourra point. 14 En le frappant de la verge, Tu délivres son âme du séjour des morts.

    En plus un chiropracteur…. Bientôt un homéopathe sur le plateau ?

    • Et bien si vous écoutiez le podcast avant de commenter, vous auriez la réponse à vos attaques qui ne servent pas à gd chose…

      • J’ai écouté le podcast AVANT de répondre, et même la musique païenne attendant de voir si il y avait quoi que ce soit de chrétien……. Ce qui était le plus choquant de tout ce podcast ? En apparence oui mais la fausse exégèse du sujet est bien plus grave, à mon sens…

        Franchement j’ai été habitué à beaucoup plus de rigueur sur LBC. Et vous ne vous rendez pas compte de la gravité de cette doctrine, qui n’est pas à prendre à la légère car elle a de graves conséquences spirituelles.

        • Et bien démontrez la « fausse exégèse » cher ami, puisque vous êtes si calé ! Matthieu Caron est un hébraïsant, et Guillaume Bourin aussi. Ce dernier n’était pas convaincu de prime abord mais l’a été en regardant les différents arguments exposés. Voir son commentaire de réponse à Gilles Georgel ci-dessous.
          Voir son commentaire ci-dessous. Quant à la musique non-chrétienne, nous avons déjà exposé le sujet ailleurs : http://leboncombat.fr/musique-non-chretienne/

          • Je suis loin d’être calé et ne prétend pas l’être. Et encore moins un hébraïsant. Simplement la défense de la Saine Doctrine n’exige pas cette qualité qui n’empêche aucunement les dérives doctrinales les plus diverses par ceux qui ont de longues études de langues.
            Beaucoup de prêtres catholiques ne sont-ils pas de « grands théologiens ? »

            Mon argument consiste à dire que je sais une chose : les mots peuvent avoir une palette de sens, mais c’est le contexte précis qui éclair ou même qui lui donne son sens (et donc au traducteur de traduire plus ou moins précisément).

            Mon exemple banal est « je bois une glace » et « je me regarde dans une glace ».

            Le premier est à comprendre comme « je mange une crème glacée » et le second « je me regarde dans un miroir ». Ici c’est plutôt une homonymie qu’une polysémie mais concrètement c’est le contexte qui permet de déterminer.

            Alors oui, parfois le contexte laisse sujet à interprétation car il n’éclaire pas parfaitement.

            Mais ce n’est pas le cas de ce sujet.

            Mais je penses que le plus grave c’est de dire qu’une telle loi que celle votée en France (puis rejeté) ou d’autres pays est une bonne chose. Si l’invité se trompe, c’est un chrétien qui « fait » envoyé d’autres chrétiens en prison car ils veulent corriger leurs enfants bibliquement.

            Je terminerai en disant que ce n’est pas parce qu’il y a un abus qu’il faut systématiquement interdire. On n’a pas interdit les couteaux de cuisine…