Comment recevoir une critique ?

Cet article, initialement écrit par Ed Stetzer pour Christianity Today, fait partie d’une série sur la critique. 
Le billet original (en anglais) est disponible ici

 

Il s’agit d’un équilibre difficile : on souhaite recevoir des critiques, mais pas de n’importe qui.
De fait, en étant un leader on attire les critiques; si vous désirez être apprécié de tous, allez plutôt vendre des glaces.

Toutefois, j’aimerais vous encourager à considérer non seulement les critiques de ceux qui vous aiment, mais aussi celles de ceux qui ne vous apprécient pas.
En d’autres termes, il est bon de recevoir des critiques amicales et antipathiques.

Attendu qu’il s’agit des plus difficiles, je commencerais par parler de ce qu’on peut tirer de celles qui ne sont pas amicales.
Dans de nombreux cas, ces critiques ne sont pas adressées à vous, mais parlent de vous. D’une façon ou d’une autre, Dieu peut utiliser des critiqueurs antipathiques pour votre bien.

 

1- Les critiques antipathiques

Les critiques antipathiques m’ont enseigné bien des leçons au travers de leur contenu, même quand elles ne m’étaient pas adressées directement.

Prenons un exemple, relatif au fait d’être sûr de bien comprendre les Ecritures : au début de mon ministère, j’avais tendance à dire des phrases comme “Nous devons rendre la Bible pertinente”. Et jà vrai dire, je pense qu’il s’agit d’une affirmation pertinente, mais qui peut parfois être mal interprétée.

Or, une personne que beaucoup auraient qualifié d’antipathique m’a encouragé à changer de terminologie, et de passer de “Nous devons rendre la Parole pertinente” à “La Parole est déjà pertinente. Elle l’est à chaque instant et au sein de chaque culture, mais nous devons faire comprendre aux gens à quel point elle est pertinente”.

La différence est subtile, mais m’a aidé à recadrer correctement mon discours; j’étais parvenu à apprendre d’une personne antipathique (que je considère aujourd’hui comme amicale).
Lorsque j’ai eu vent de sa critique, je me suis mis à réfléchir puis me suis dit: “Il a raison. J’ai tort”.
Et bien que ma fierté s’y opposait, j’ai accepté la critique.

Je pourrais encore citer une douzaine d’autres exemples (et je suis certain qu’il y en a des centaines d’autres) où quelqu’un qui n’aimait pas quelque chose que j’aurais pu dire, faire, ou cru, m’a pourtant aidé à communiquer plus clairement, à corriger une erreur, ou à simplement réfléchir plus profondément sur des paroles que j’avais prononcées.

 

2- Les critiques amicales

Les critiques amicales sont celles desquelles il est le plus facile d’apprendre, parce ceux qui vous les adressent ont à coeur votre intérêt.

Pour citer un exemple biblique, nous voyons Apollos apprendre de Priscille et Aquilas en Actes 18:26: “Il se mit à parler librement dans la synagogue. Aquilas et Priscille, l’ayant entendu, le prirent avec eux, et lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu”.

Notez particulièrement que, bien que nous ne connaissions pas l’ensemble des détails, ce texte nous présente un prédicateur éloquent et puissant instruit par deux chrétiens qui n’étaient pas nécessairement de “grands orateurs”.

Je me demande donc combien d’entre nous accepteraient de recevoir des critiques et conseils d’un membre d’église qui pense qu’on a besoin d’être plus précis sur un sujet.
Et c’est bien là le type de personnes que nous devons chercher à être : radicalement ouvert envers ceux qui ont notre intérêt à coeur.

Avoir des amis comme Priscille et Aquilas, qui nous aiment et ont suffisamment à cœur notre intérêt pour aller jusqu’à nous reprendre est d’une grande aide et ne peut qu’honorer Dieu.

 

3- Sont-elles justifiées?

Le point clé, lorsqu’on reçoit une critique amicale ou antipathique, est de se demander si elles sont fondées en quelque point.
En vous posant continuellement cette question, vous transformerez les critiques qui vou sont adressées en enseignements.

Si la réponse est clairement, “Non, elles font fausse route” il n’est alors pas nécessaire de les considérer davantage. Toutefois, si en arrivez à la conclusion que TOUT LE MONDE est stupide et fait erreur, le problème ne vient sûrement pas des autres, mais de vous!

A titre d’exemple, l’une de mes critiques préférée provient d’un site web fondamentaliste qui recommandait de ne plus m’écouter car j’avais probablement nié la doctrine de la naissance virginale, puisque j’enseignais dans une faculté dont le président tenait ce type de position.

Cependant, le président comme l’université étaient formels sur le fait qu’ils croyaient bel et bien en la naissance virginale de Jésus. Ces critiques n’avaient donc aucune preuve de leurs dires.

Mais ce genre de critique est courant, bien que rarement aussi énorme. Les critiqueurs “professionnels” qui sont perpétuellement mécontents, tendent à rester vagues sur les éléments factuels.
C’est un flot continu d’accusations qui contiennent des parfois quelques vérités, mais bien peu de pertinence. Continuez d’être à l’écoute de la vérité, mais veillez à mesurer la pertinence et les antécédents de ceux qui vous critiquent.

Là où c’est le plus surprenant, c’est lorsque certaines critiques viennent du camp supposément “chrétien” -souvent un conservateur- et plaident en faveur d’un point de vue théologique quelconque.
Il semble parfois que ceux qui insistent le plus fermement sur l’autorité des Ecritures oublient que ces mêmes Ecritures contiennent le neuvième commandement: tu ne porteras pas de faux témoignage.

C’est pourquoi, dans un tel cas, la critique ne comporte pas d’intérêt. Il s’agit simplement des divagations de quelqu’un qui cherche à dénaturer les faits au nom de la vérité.

Ceci étant, dans la plupart des cas, aussi bien les critiques amicales que celles qui sont antipathiques, SONT fondées.
Et je pense que nous avons besoin de faire de ceux qui nous critiquent des enseignants en recherchant à en retirer une leçon. Ensuite, demandons-nous comment le point soulevé par la critique peut être le mieux compris et combattu dans notre vie.

Par conséquent, je me pose constamment la question suivante, même si le critique n’a pas été totalement ou correctement développée : “Y aurait-il ici une vérité, quelque chose dont je dois me préoccuper?”.

Je prends par la suite le temps de considérer ce que Dieu pourrait être en train d’essayer de m’apprendre. Finalement, je découvre que la majorité des personnes qui me critiquent sont au moins partiellement dans le vrai, bien que la majorité des critiques en elles-mêmes ne sont pas justifiées. (Pourquoi un tel constat? Parce que, de mon expérience, une minorité de critiqueurs émettent la majorité des critiques, et ce sont les critiqueurs les moins adonnés à la critique qui tendent à être dans le mille.)

Si nous sommes humbles et que nous ne méprisons pas les personnes que Dieu a disposé sur notre chemin, nous serons au final capable de recevoir ce qui doit l’être et d’ignorer ce qui ne le doit pas.

Ceux qui nous critiquent sont un don. Je sais bien que ce n’est pas le cas de tous, mais si vous rejetez toute critique à cause de quelques personnes, vous passez à coté de ce don.

 

Ed Stetzer

 

 

 

 

 

 

 

Réflexions et ressources d'édification centrées sur Dieu

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