Calvin : 4 principes d’interprétation de la Bible

Calvin croyait fermement que le fait de s’en tenir à la vérité de l’exégèse est, à long terme, le moyen le plus efficace d’édifier l’Eglise.
Il souffrait de ne pas voir souvent l’Ecriture “détaillée droitement“, mais déformée par des commentaires erronés.

Voici donc quatre principes qui ont forgés son herméneutique.

 

1- Il faut d’abord apporter tous les soins à l’exégèse grammaticale et historique du texte

Calvin prétendait que la seule tâche du commentateur était de déclarer et découvrir l’intention de l’auteur dont on souhaite sonder les écrits.

Il a donc apprit le grec et l’hébreu auprès d’un des grands savants de son temps. Il fit porter son étude sur les mots, sur l’articulation des phrases entre elles et sur les circonstances historiques, pour autant qu’elles avaient pertinence en la matière.

Dans son approche du texte de l’Ecriture, il appliquait les méthodes des spécialistes de la littérature profane grecque et latine.

Il estimait que ces méthodes lui permettaient de saisir le sens “vrai et naturel“ du texte.
Et ce sens menait à Jésus. Il savait que les auteurs bibliques rendaient dans tous les écrits un témoignage au Christ.

 

2- L’étude de la théologie est une discipline indispensable à l’interprétation de l’Ecriture

A propos de la lettre aux Romains, Calvin écrit : “Si nous comprenons cette épitre, nous aurons un accès au sens de toute l’Ecriture.“

Calvin était convaincu que la Bible dans son ensemble rend un témoignage cohérent et fidèle à la révélation de Dieu, et d’autres part, que le témoignage qu’apporte chaque auteur est véritablement bien compris quand il est reçu et interprété à la lumière de l’ensemble de la Bible.

C’est ce qu’il appelait “l’analogie de la foi“.

Il désirait offrir à tous “une clef et une ouverture pour donner accès à bien et droitement entendre l’Ecriture Sainte“.
Ainsi, même cet article contribue à son désir…

 

3- Dans notre travail d’interprétation de l’Ecriture, la Parole elle-même doit pouvoir contrôler et réformer toutes nos présuppositions

A aucun moment, il n’aurait songé que nous puissions élaborer une théologie ou un système doctrinal nous permettant de “maîtriser“ la Bible, et de comprendre le sens de chaque partie des Ecritures.

Il était honnête et admettait ne pas comprendre certains passages, et renonçait à les traiter publiquement. Il révisait au fur et à mesure l’Institution Chrétienne, et sa propre théologie était constamment affinée par la lumière de l’Ecriture.

Il fustigeait l’Eglise Romaine parce que justement, elle considérait que l’Eglise avait donné naissance à la Parole, et lui était première, et supérieure.

Il fallait donc redonner à la Parole sa primauté, ce que Calvin a accompli avec brio.

 

4- On ne comprend vraiment un passage qu’en percevant sa pertinence pour la situation toujours pressante de l’Eglise dans le monde

L’interprète ne doit jamais oublier que l’Ecriture est donnée au peuple de Dieu pour que dans sa situation présente, il vienne à l’obéissance de la volonté divine.

La tâche du prédicateur est de permettre à l’Ecriture de parler aux hommes en termes concrets de la volonté de Dieu et de les armer pour combattre le bon combat.

Il n’interprète correctement l’Ecriture que s’il s’intéresse intensément à ce que vivent les destinataires ; c’est pour eux qu’il explique la Parole.

 

Nous pouvons conclure avec Karl Barth : “Portons nos effort sur le texte ; le véritable exégète y trouvera toujours des profondeurs rafraichissantes et de nouveaux mystères, comme un enfant dans un jardin magnifique, il sera émerveillé.“

 

NB

Adapté d’un article de Fac réflexion de Janvier 1987, de Roland Wallace.

 

Nicolas B. est marié, contrôleur de gestion et co-responsable du Cercle d'Affaires pour Christ.

  • Jonhb

    Karl Barth ne croyait pas que la Bible était la Parole de Dieu. L’Ecriture n’est considérée par Barth comme étant la Parole de Dieu que lorsqu’elle se révèle que lecteur. En langage évangélique cela signifie que pour lui le Logos n’est pas la Parole de Dieu, mais uniquement le Rhema.

    • Cette distinction entre rhema et Logos est pour le moins arbitraire. Barth va bien plus loin qu’un simple distingo entre les deux. C’est la notion de la nature qui est en jeux ici, pas simplement d’un distingo sémantique.

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