Et si nous lisions la Bible… sans les numéros de versets ?

En lisant la Bible, il est facile d’oublier que le format des premières copies de la Bible était bien différent de celui que nous avons aujourd’hui. La Bible au temps de Jésus était constituée de 22 ou 24 rouleaux, écrits à la main par des scribes. C’est uniquement vers la fin du 1er siècle ou vers le début du 2ème siècle que les premiers codex (ancêtres du livre) ont été inventés. Et il faut attendre le 6ème siècle pour que l’utilisation de codex devienne majoritaire pour les copies de la Bible et autres textes chrétiens. Mais, là encore, les copies étaient faites à la main.

La Bible a donc une histoire. L’introduction des chapitres que nous avons aujourd’hui vient par exemple de l’homme d’Eglise Steven Langdon, au début des années 1200, car il en avait besoin pour ses commentaires. Les versets sont apparus 300 ans plus tard, par l’imprimeur français Robert Essien, qui travaillait alors sur une concordance biblique et qui avait donc besoin d’un découpage plus précis que le chapitre.

Les fameuses deux colonnes de nos Bibles viennent du fait que cela permet d’économiser de la place dans les codex, ce qui était assez précieux aux siècles que nous évoquons. Puis, progressivement, pour aider le lecteur à mieux comprendre et se repérer dans le texte, des notes de traduction, de variantes, de commentaires, des passages parallèles et des entêtes et titres de sections sont apparus.

Toutes ces choses peuvent être réellement utiles pour celui qui veut étudier la Bible. Mais tous ces éléments rendent aussi la lecture moins confortable et agréable. La police est petite, les 2 colonnes coupent le texte et les notes distraient celui qui veut simplement lire le texte. Les passages parallèles nous incitent par exemple à stopper notre lecture pour aller lire d’autres textes.

C’est pourquoi, des éditions anglaises ont développées des Bibles de lecture, au format épuré. Plus de numéro de versets, de chapitres, plus rien de ce que l’on a mentionné plus tôt. Juste le texte, mis en valeur par une belle police pour aider le chrétien à lire avec attention le texte et rien que le texte. Pour nous pousser à lire des sections importantes des Écritures.

Nous aimerions présenter quelques avantages de ces formats « Bibles de lecture ».

 

1) Le confort

C’est la raison principale qui a poussé les éditeurs à publier de telles Bibles. Il semblerait que, pour une lecture idéale, il faille que les lignes possèdent de 10 à 12 mots. Or les Bibles à deux colonnes en ont généralement 8 par ligne. De plus, la police des Bibles classiques est très petite en raison des colonnes. Enfin, le papier fin laisse voir les pages suivantes et gêne de plusieurs manières la lecture. Une Bible de lecture est donc avant tout une Bible confortable à lire.

Plusieurs articles recommandent aux chrétiens de lire, d’un coup, l’ensemble d’un livre biblique pour en avoir une vision globale. Mais un tel exercice peut prendre plusieurs heures pour certains livres et le confort de lecture y jouera pour beaucoup sur la concentration et la fatigue du lecteur. Les yeux peuvent même être abimés par une longue lecture inconfortable.

 

2) L’herméneutique

On répète souvent aux chrétiens de ne pas sortir un verset de son contexte. On les encourage à considérer le livre biblique comme un tout et à lire les livres dans leur ensemble. Mais, chaque jour, on leur propose des Bibles avec des divisions internes, pas toujours cohérentes avec la structure du texte (par exemple Colossiens 4:1 est séparé, par les chapitres, de 3:18-25 alors qu’il est le dernier verset de cette section). Une Bible de lecture aiderait les chrétiens qui la lisent à penser non plus en terme de verset et de chapitre mais de livre, d’argument, de thème.

C’est à dire à penser d’une façon qui favorise une bonne herméneutique (interprétation). Un autre exemple, Luc 15:11-32 a longtemps été intitulé « le fils prodigue » dans nos Bibles, ce titre oriente le lecteur vers une interprétation de la parabole qui se concentre sur ce fils, au mépris du contexte qui nous montre que Jésus s’adressait autant aux gens de mauvaise vie qu’aux pharisiens et donc que les deux fils ont leur importance (Voir Luc 15:1,2 et 15:11). Lire simplement et entièrement le texte semble ainsi profitable pour celui qui veut l’étudier par la suite.

Les passages parallèles, que j’ai souvent utilisé, peuvent aussi avoir un côté négatif. En effet, il peut sembler parfois qu’en ayant lu les passages parallèles, on a fait une étude approfondie du texte. Alors qu’il faudrait étudier chacun de ces textes dans son contexte, ce qui prend du temps mais récompense celui qui s’y essaye. On ne prend pas non plus le temps, souvent, de regarder le genre littéraire, l’auteur ou les destinataires de ces passages parallèles.

 

3) S’approprier le texte

Quand je parle de « s’approprier » je pense principalement aux non-croyants qui n’ont jamais lu la Bible. Mon père me rapportait qu’avant de se convertir, suite à ce que lui disait son frère récemment converti, il s’était mit à lire le Nouveau Testament. Et, n’étant pas habitué à la Bible, il a trouvé bien étrange tous ces numéros qui flottent au milieu du texte.

Des grands et des plus petits. Cela n’a pas empêché l’Esprit de travailler son coeur et de l’amener à la connaissance de la Vérité. Mais cela révèle que, pour les incroyants, lire une Bible dans son format habituel peut paraître étrange. Une Bible de lecture pourrait ainsi être un bon cadeau pour nos amis incroyants à qui nous pensons offrir une Bible.

Quand je dis « s’approprier » je pense aussi aux chrétiens, qui connaissent plus ou moins des portions bibliques mais qui ne se sont jamais vraiment lancés dans une lecture, régulière et sur de longues portions, de la Bible. Cela leur permettrait de redécouvrir ces saints Écrits que l’on croit parfois trop bien connaître.
Mais il n’existe pas de Bible de lecture en français. Pas encore. Toutefois vous pouvez, aujourd’hui, montrer aux éditeurs chrétiens français que vous désirez la publication d’une telle Bible.

Je précise qu’il ne s’agit pas de rejeter les Bibles classiques qui permettent de se repérer facilement, proposent des commentaires réfléchis et des notes qui aident vraiment le chrétien à saisir le sens du texte. Ces formats ont leur place et nous devons être reconnaissants envers nos pères en la foi qui nous ont donné tous ces précieux outils qui doivent nous encourager à étudier la Bible de manière approfondie.

 

Vous pouvez donc, en effet, montrer votre intérêt pour de telles Bibles en signant cette pétition ici.

Il s’agit d’une pétition, mais non pas pour râler, protester, réclamer justice comme la plupart des pétitions mais pour peser, mesurer facilement l’interêt potentiel que les chrétiens francophones ont pour ces éditions des Écritures. Cette pétition sera adressée aux maisons d’édition chrétiennes françaises.

 

 

Divine Parole
Qui soutient ma foi,
Ta clarté console,
Viens briller en moi.
Lorsqu’un voile sombre,
S’étend sur mon coeur,
Tu dissipes l’ombre,
D’un rayon vainqueur.

– Sur les Ailes de la foi, n°147 –

<p>Maxime, étudiant en Fac de Médecine, passionné parce tout ce qui ressemble à de la théologie.</p>

  • Francine

    Une solution plus radicale, plus économique et plus immédiate que d’attendre des éditions de la Bible en français sans numéros de versets, consiste à appliquer Deutéronome 17.18 :

    Et dès qu’il sera assis sur le trône de son Royaume, il écrira pour soi dans un livre un double de cette Loi, laquelle il prendra des Sacrificateurs qui sont de la race de Lévi.

    C’est ce qu’avait fait aussi Zwingle avec le Nouveau Testament : il l’avait copié de sa propre main, puis appris par coeur pour finir… Maintenant si on écrit comme un crabe, il y a toujours la solution de s’enregistrer en audio, où chacun est libre d’omettre les numéros au cours de la lecture.

    Non seulement les premiers chrétiens n’avaient pas de numéros de versets, de chapitres et de pages, mais ils n’avaient pas non plus de « blancs » entre les mots, ni de minuscules, TOUTÉTAITENMAJUSCULESENGROSBLOCSCOMPACTS ; la lecture était si difficile qu’il y avait un gars dans l’Église bien entraîné et chargé de lire à haute voix, on l’appelait l’anagnoste, le liseur. C’est pourquoi dans l’Apocalypse, il est dit : Heureux celui qui lit et ceux qui entendent…

    Toutes les enquêtes montrent par ailleurs que les gens lisent de moins en moins de grands paragraphes de texte ; il faut à notre génération des textes courts, un vocabulaire limité et facile à lire. Par contre, le livre-audio connaît aujourd’hui une forte croissance : vous pouvez offrir la Bible en mp3, quand vous aurez trouvé quelqu’un qui lit bien à haute voix, (ce qui n’est pas donné à tous) ; et ce changement nous rapproche effectivement des premiers siècles.

  • Je ne sais pas si cette article attire encore des lecteurs 6 mois après sa publication. Mais pour ceux qui s’intéressent à une bible sans fioritures et ajouts non inspirés, je vous signale qu’on a créé une version sans numéros de chapitres et versets et sans titres ici: https://app.convertkit.com/landing_pages/104159?ref=lbc

    Sur le blog ToutPourSaGloire.com on réfléchit sérieusement à ce qu’on pourrait faire pour créer une telle Bible. On a besoin d’être le plus grand nombre possible pour qu’un tel projet réussisse. Signalez-vous ici: https://app.convertkit.com/landing_pages/104159?ref=maxg en téléchargeant la Bible sans versets et chapitres.

    • Tsing H

      GÉNIAL Stéphane ! Merci! Si si je m’y intéresse et suis heureuse de le faire après ton post sinon je l’aurai loupé! Hihi je vais tester votre version mais si je décroche, je vaus devoir me rabattre sur les versions anglaises car si j’ai bien compris, il n’existe pas encore de versions « travaillées » et éditées et français.

      • Salut Tsing! Ça fait longtemps!

        Si le temps n’était pas si précieux et rare, ça fait longtemps que j’aurais sorti cette édition de la Bible. Si tu t’es inscrite, on te tiendra au courant.

  • Mariette

    Bonjour,
    Je vois que l’article date d’il y a plus d’un an. Je voulais savoir si finalement il y a une version papier de la bible sans chapitres ni versets…

    Je l’ai téléchargé en ebook mais je préfère largement avoir une version papier….
    Comment faire?

    • Oui Mariette, je pense que la Société Biblique de Genève a étudié le sujet, mais je pense que ce serait une impression à la demande

  • Mariette

    Merci pour l’information, je vais voir cela avec eux.

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