La Bible contient-elle des fables ?

Jésus, entre autres, emploie à certains moments des expressions métaphoriques qui associent une caractéristique à une plante, ou un type de personnage, association que l’on retrouve dans les fables d’Esope. Par exemple, dans l’Évangile de Matthieu, comme dans celui de Luc :

Jésus se mit à dire à la foule, au sujet de Jean: Qu’êtes-vous allés voir au désert ? Un roseau agité par le vent ? Mais, qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d’habits précieux ? Voici, ceux qui portent des habits précieux sont dans les maisons des rois. Qu’êtes-vous donc allés voir ? Un prophète ? Oui, vous dis-je, et plus qu’un prophète. (…)
– Évangile de Matthieu (11.7-9) et de Luc (7.24-26).

Le roseau et l’olivier disputaient de leur endurance, de leur force, de leur fermeté. L’olivier reprochait au roseau son impuissance et sa facilité à céder à tous les vents. Le roseau garda le silence et ne répondit mot. Or le vent ne tarda pas à souffler avec violence. Le roseau, secoué et courbé par les vents, s’en tira facilement ; mais l’olivier, résistant aux vents, fut cassé par leur violence. Cette fable montre que ceux qui cèdent aux circonstances et à la force ont l’avantage sur ceux qui rivalisent avec de plus puissants.
– Le roseau et l’olivier.

Ou encore :

A qui comparerai-je cette génération ? Elle ressemble à des enfants assis dans des places publiques, et qui, s’adressant à d’autres enfants, disent: Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ; nous avons chanté des complaintes, et vous ne vous êtes pas lamentés. Car Jean est venu, ne mangeant ni ne buvant, et ils disent: Il a un démon. Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et ils disent: C’est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie.
– Évangile de Matthieu (11.16-19) et de Luc (7.32-33).

Un pêcheur, habile à jouer de la flûte prenant avec lui ses flûtes et ses filets, se rendit à la mer, et, se postant sur un rocher en saillie, il se mit d’abord à jouer, pensant que les poissons, attirés par la douceur de ses accords, allaient d’eux-mêmes sauter hors de l’eau pour venir à lui. Mais comme, en dépit de ses longs efforts, il n’en était pas plus avancé, il mit de côté ses flûtes, prit son épervier, et, le jetant à l’eau, attrapa beaucoup de poissons. Il les sortit du filet et les jeta sur le rivage; et, comme il les voyait frétiller, il s’écria: « Maudites bêtes, quand je jouais de la flûte , vous ne dansiez pas ; à présent que j’ai fini, vous vous mettez en branle« . Cette fable s’applique à ceux qui agissent à contre-temps. (…)
– Le pêcheur qui jouait de la flûte.

Mais parfois les parallèles sont plus troublants, comme ici dans l’Ancien Testament :

Quelque temps après, à l’époque de la moisson des blés (…) Samson s’en alla. Il attrapa trois cents renards, et prit des flambeaux; puis il tourna queue contre queue, et mit un flambeau entre deux queues, au milieu. Il alluma les flambeaux, lâcha les renards dans les blés des Philistins, et embrasa les tas de gerbes, le blé sur pied, et jusqu’aux plantations d’oliviers. Les Philistins dirent : Qui a fait cela ? On répondit : Samson, le gendre du Thimnien, parce qu’il lui a pris sa femme et l’a donnée à un de ses compagnons.
Livre des Juges (15.1,4-6).

Un homme avait de la rancune contre un renard qui lui causait des dommages. Il s’en empara, et pour en tirer une vengeance, il lui attacha à la queue de l’étoupe imbibée d’huile, et y mit le feu. Mais un dieu fit aller le renard dans les champs de celui qui l’avait lancé. Or c’était le temps de la moisson, et l’homme suivait, en déplorant sa récolte perdue. Il faut être indulgent, et ne pas s’emporter sans mesure; car il arrive souvent que la colère cause de grands dommages aux gens irascibles.
– L’homme et le renard.

Que doit-on en penser ? Les auteurs bibliques auraient-ils plagié les Fables d’Esope ? N’y aurait-il aucune réalité historique derrière ces récits ? Bien au contraire ! Et c’est ce que nous comptons démontrer dans un article dédié :

 

 

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Seul chrétien de ma famille, converti à 21 ans, puis étudiant en Théologie et désormais apologète à mes heures, je m'intéresse particulièrement aux rapports entre la foi, les visions du monde et la culture populaire (voir "Visio Mundus", site partagé avec Y. Imbert, professeur d'apologétique).

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