Vous avez dit “ apologétique ” ? Mais qu’est-ce donc ?

Mais qu’est-ce donc que l’apologétique ?

Tout ceux qui ont à coeur de partager leur foi la touchent nécessairement du doigt : il s’agit en effet du champ d’études théologiques visant à défendre de façon cohérente une position ou un faisceau de positions.

En d’autres termes, tous ceux qui veulent défendre l’ensemble des croyances sur lesquelles se base leur foi font appel tôt ou tard à une démarche apologétique.

Cette discipline a ses stars : par exemple Cornelius Van Til ou William Lane Craig pour les contemporains, Thomas d’Aquin ou Anselme pour les anciens. Il existe également différentes approches. Peut-être avez-vous déjà entendu parler de “présupositionalisme » ou encore « d’évidentialisme ».

Facile de se perdre dans les méandres de toutes ces positions…

Nous avons donc demandé au Dr William Edgar, professeur d’apologétique à la Faculté Westminster (Philadelphie, USA) et professeur associé à la Faculté Jean Calvin (Aix-en-Provence), de nous aider à y voir plus clair.

 

Bonne écoute de cette 29ème émission de “Que dit la Bible ?

 

 

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William Bill Edgar est un apologiste américain, professeur à Westminster Theological Seminary et professeur associé à la Faculté Jean Calvin. Spécialiste de l’apologétique et de l’Histoire de la Réforme, musicien accompli, W. Edgar est également membre de l’American Musicological Society, de l’Evangelical Theological Society, du Forum on Music and Christian Scholarship, de l’American Historical Association and de la Society for Ethnomusicology. Il est membre du comité de La Revue Réformée et du European Leadership Forum

 

 

 

 

 

“Que dit la Bible ?” est le podcast hebdomadaire du blog Le Bon Combat. Retrouvez l'ensemble des questions posées et de nos entretiens sur l'onglet dédié, en haut et à droite de la barre de menu du site !

  • La question de la classification, au début de l’entrevue, est essentielle. On peut considérer toutes les écoles d’apologétique comme étant distinctes (dont l’évidentialisme et le présuppositionalisme), ou au contraire comme étant deux grands groupes (les évidentialistes subsumant alors les classiques et les « cumulative case » par exemple).

    Dans ce dernier cas de figure, il est réducteur d’affirmer que l’évidentialisme se fonde sur l’empirisme (alors que c’est plutôt vrai dans le premier cas), le rationalisme étant à l’origine de l’apologétique classique (cf. Anselme, Thomas d’Aquin, Descartes, Leibniz, Malebranche…).

    La perception n’est pas une faculté absolument neutre (cf. W. Sellars) parce qu’elle implique généralement une part d’interprétation, qui implique un système d’interprétation (cf. Duhem-Quine et plus généralement T. Kuhn). Mais ce fait ne réfute pas l’existence de faits bruts dans la mesure où l’on peut tout à fait reconnaître l’équivocité d’un fait et le caractère accidentel d’une interprétation particulière. Putnam constate que s’il n’y avait pas de faits bruts, il n’y aurait aucune comparaison possible entre les systèmes, aucun moyen de les réfuter ou d’en changer. Si ce débat est dépassé en épistémologie, pourquoi n’est-ce pas le cas en apologétique ? Surtout, le rationalisme échappe à ce problème, puisqu’il se fonde sur une base a priori et univoque, il n’est pas nécessaire d’adhérer au présuppositionalisme.

    En soutenant une telle argumentation, le présuppositionalisme prend justement le risque de tomber dans un subjectivisme ou dans un relativisme et de contredire sa propre prétention à la vérité.

    • Vincent Marty-Terrain

      Salut Alexis,

      Je te suis tout à fait sur l’existence de faits bruts, après tout il existe bien du point de vue chrétien une réalité objective. Il me semble que le propos des présuppositionalistes (ou des fédéraux, devrait-on dire, puisque c’est la traduction de covenantal en français, mais ça fait penser au FBI…) n’est pas de nier l’existence de faits bruts, mais de nier que quiconque puisse pleinement interpréter un fait brut sans un système d’interprétation qui, lui, n’est pas neutre.

      Les visions du monde, quelles qu’elles soient, ont nécessairement des choses en commun puisqu’elles s’attachent à la même réalité objective. D’ailleurs, si elle n’avaient rien en commun, les présuppositionalistes se fatigueraient en vain à « jeter des ponts », établir un dialogue entre les différentes visions du monde.

      Ce que je ne comprends pas par contre, c’est ce que tu entends par « le rationalisme se fonde sur une base a priori et univoque », et pourquoi cela lui permet d’échapper au problème. Par ailleurs, rappelle-toi du débat que tu as eu, toi le philosophe rationaliste, face à un scientifique empiriste : vous en veniez finalement plus à un débat sur rationalisme vs empirisme plutôt que sur l’existence de Dieu. Evidemment, chacun prêche pour sa paroisse, si je puis dire, mais l’avantage du présuppositionalisme, s’il faut l’appeler ainsi, c’est qu’il s’adapte à n’importe quel système d’interprétation.

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