A quoi donc sert la loi de Dieu ?

Beaucoup de chrétiens connaissent la division tripartite de la Loi de Dieu : cérémonielle, civile et morale. Moins de chrétiens connaissent le triple usage de la Loi de Dieu. À quoi sert la Loi si elle ne peut nous sauver? Pourquoi Dieu l’a-t-il donnée si le salut a toujours été accordé en vertu de la promesse de l’Évangile?

Avant que la foi vînt, nous étions enfermés sous la garde de la loi, en vue de la foi qui devait être révélée. Ainsi la loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi.
(Ga 3.23-24)

La Loi a pour but de conduire à Christ. Elle accomplit ce but de différentes façons, mais principalement en exigeant du pécheur une justice qu’il ne peut exécuter. L’exigence de la Loi devrait conduire le pécheur, non pas à se croire juste devant Dieu, mais à espérer en sa miséricorde (Lc 18.9-14). « Donnez ce que vous ordonnez et ordonnez ce que vous voulez! » – disait Augustin à Dieu. Par la foi en Jésus-Christ, Dieu donne au pécheur la justice qu’il ordonne de lui (Rm 3.20-22).

La Loi conduit également à Christ en révélant le sens de son œuvre. Essayez d’imaginer comment vous comprendriez l’œuvre de Jésus-Christ, sa vie parfaite et sa mort, sans la dispensation de la Loi l’ayant précédé. Comment comprendre son sacrifice sans les sacrifices? Comment comprendre sa mort pénale, sans les notions de rétribution dans la Loi? Comment comprendre la substitution, sans les victimes innocentes? Comment comprendre la nécessité de son œuvre, sans le Temple et l’accès fermé au Saint des Saints (Hé 9.8)? Ainsi, la Loi a été un précepteur pour nous conduire à Christ.

Pourquoi donc la loi ? Elle a été donnée ensuite à cause des transgressions, jusqu’à ce que vînt la postérité à qui la promesse avait été faite…
(Ga 3.19)

Le but de la Loi n’est pas uniquement de conduire à Christ, mais elle est nécessaire à cause des transgressions. Ceci était vrai avant la venue de la Postérité à qui la promesse a été faite, mais encore après son ascension auprès du Père. Le péché parmi le peuple de Dieu rendait nécessaire la Loi de Dieu pour garantir l’exécution de la promesse.

La Loi, en restreignant le mal, garantissait la préservation de la lignée messianique en interdisant l’amalgame avec les nations païennes. Ainsi, l’Ancienne Alliance a imposé un joug sur Israël plus sévère que les simples exigences de la Loi morale de Dieu, afin de mettre cette nation à part. Israël était comme un enfant sous tutelle (Ga 4.1-5). Beaucoup d’exigences de la Loi sont tombées (circoncision, lois alimentaires, etc.) après que la Postérité soit venue, car leur fonction était alors désuète.

Cependant, il ne faut pas croire que ce deuxième usage de la Loi a complètement disparu. La Loi morale de Dieu est le seul principe universel et normatif de toute justice. Les lois des sociétés humaines, pour être justes, doivent refléter la Loi morale de Dieu. En restreignant le mal dans la société, cet usage de la Loi de Dieu est au service de la mission de l’Église dans le monde (1 Tm 2.1-4).

Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes.
(Mt 22.37-40)

Comment pouvons-nous aimer Dieu ou aimer notre prochain si nous ne connaissons pas la Loi? C’est elle qui nous apprend ce qu’est l’amour (1 Jn 5.2-3 ; Rm 13.10 ; Ga 5.14 ; Jc 2.8). Pour nous rendre capables d’aimer Dieu et notre prochain, voici la première chose que l’Esprit saint fait aux enfants de Dieu : il grave la Loi sur leur cœur (Jr 31.33 ; Hé 8.13). De quelle Loi s’agit-il sinon de la même Loi qui fut jadis gravée sur des tables de pierre et déposée dans l’arche de l’alliance (Dt 10.1-5)? Cette disposition de Loi sous l’Ancienne Alliance représentait la réalité spirituelle qui est accomplie pour tout membre de l’alliance de grâce : il a la Loi gravée sur son cœur; il peut aimer Dieu et son prochain. Nous avons donc besoin de la Loi écrite pour nous apprendre à mettre en pratique la Loi de l’Esprit.

Récemment, j’ai eu la joie de m’entretenir avec le pasteur Alexandre Sarran de l’Église réformée évangélique de Lyon concernant ces trois usages de la Loi de Dieu. Je vous recommande vivement cette discussion que j’espère édifiante pour le peuple de Dieu.

 

Ecouter l’émission ici 

 

 

 

 

Pascal Denault est pasteur de l’Église évangélique de St-Jérôme. Il est titulaire d’une Licence (BA) et d’un Master en théologie (ThM) de la Faculté de théologie évangélique de Montréal. Pascal est l’auteur des livres Une alliance plus excellente (2016, Impact Académia), Solas, la quintessence de la foi chrétienne (2015, Cruciforme), et The Distinctiveness of Baptist Covenant Theology (2013, Solid Ground Christian Books).

  • C’est dommage que la Q15 du New City Catechism, « Since no one can keep the law, what is its purpose ? », mentionne les usages pédagogique et sanctificatif de la loi, mais omet l’usage de restreinte du mal…

    « That we may know the holy nature and will of God, and the sinful nature and disobedience of our hearts; and thus our need of a Savior. The law also teaches and exhorts us to live a life worthy of our Savior. »

    • Ahmed Takilt

      La loi est aussi, aujourd’hui, comme un aiguillon qui nous stimule à l’obéissance qui provient de la foi. La Loi, par elle-même,ne peut changer nos cœurs pervertis mais nous conduit, en tant que peidagogos,vers Christ le Sauveur.

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