8 raisons pour lesquelles j’ai du mal à évangéliser

Cet article a été initalement posté sur le blog de Chuck Lawless, le doyen des programmes de Master de la Faculté Théologique Southeastern, l’une des plus importantes des États-Unis. Chuck est également professeur d’évangélisation et responsable du pôle Éducation Théologique à l’International Mission Board, l’un des organismes missionnaire les plus importants au monde.

Le professeur Lawless est donc un spécialiste de l’évangélisation… qui pourtant lutte contre sa sa tendance naturelle à refuser d’évangéliser… Et quand il analyse les raisons de ses difficultés, cela donne les lignes qui suivent.

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Je suis certes professeur d’évangélisation, mais en aucun cas cela signifie que je trouve l’évangélisation facile à pratiquer. Ces derniers mois j’ai prié dans le but d’identifier -et de combattre- les différentes causes de cette lutte.

Bien que je sache que la peur est souvent la cause des difficultés à évangéliser, je ne crois pas qu’il s’agisse de mon souci premier.

J’ai eu le privilège de d’enseigner les techniques d’évangélisation au plus haut niveau académique, et je ne pense pas que ce soit un problème. Non, mes obstacles sont bien plus subtils.

 

1- Je vis dans une bulle chrétienne. J’ai identifié cette tendance depuis longtemps, et voilà où j’ai failli : j’ai pensé que je la traitais bien mieux que je ne le fais en réalité. Je continue à trouver ma zone de confort au milieu des autres chrétiens.

2- J’ai tendance à assimiler mon ministère de prédicateur avec l’évangélisation. Quand je prêche l’Evangile chaque dimanche, j’ai tendance à penser que je fais de l’évangélisation chaque week end, et dans les faits je peux évangéliser un bon nombre de personnes par ce moyen-là. [Néanmoins, ce n’est pas ce que la Bible appelle “évangélisation”.]

3- Je continue à prendre Jésus pour acquis. [C. Lawless parle de cette attitude consistant à croire que je n’ai rien à faire pour accomplir ma vie chrétienne, Christ ayant déjà “tout accompli”]. J’ai écrit le livre Nobodies for Jesus (Anonymes pour Jésus) dans le but d’adresser ce problème, mais j’ai appris que combattre cette tendance est un travail quotidien. Aucun d’entre nous, quelle que soit notre position, n’entre automatiquement vient automatiquement dans la volonté de Dieu.

4- Je suis tellement occupé qu’il m’est difficile prendre du temps pour les autres. Je travaille plus que l’équivalent d’une seule fonction – et tous constituent des ministères de la Parole. Je dois admettre que j’ai laissé mon ministère prendre le pas sur la nécessité de connaitre les gens que je suis appelé à atteindre.

5- Je peux facilement laisser le travail missionnaire prendre le pas sur l’évangélisation. Je suis toujours heureux de visiter des missionnaires [Chuck Lawless est consultant pour l’International Mission Board] et je suis toujours dans l’attente de partager l’Evangile partout dans le monde. Je ne peux pas, cependant, laisser ce travail me donner la permission de négliger ma responsabilité d’évangéliser ceux que Dieu a placé près de moi.

6- Je mets en oubli la réalité de l’enfer. Très tôt dans mon ministère pastoral, Dieu a brisé mon cœur au sujet de la mort d’un ami non-croyant. Cet événement a eu lieu il y a longtemps. Trop longtemps apparemment…

7- Je suis naturellement introverti. Je ne suis pas de ceux qui entament les conversations. Ma tendance naturelle est d’attendre que quelqu’un commence à parler. Et les non-croyants le font rarement !

8- J’ai tendance à me convaincre moi-même que multiplier les ouvriers est bien meilleur que d’évangéliser personnellement. “Si je forme des centaines d’étudiants chaque année, c’est bien plus efficace que quoi que je puisse faire d’autre”, me dis-je. D’un point de vue général, je pense que cette affirmation est vraie, mais elle se devient trompeuse si je me mets à l’utiliser comme prétexte pour ne pas évangéliser personnellement.

 

 

 

– Chuck Lawless

 

 

 

Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l'un de ses administrateurs actuels. Il s'intéresse particulièrement à l'intertextualité et à l'exégèse de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Il est titulaire d'un master en théologie (M.Div.) et d'un autre en Ancien Testament (Th.M.) obtenus à la faculté Southwestern Baptist Theological Seminary (Fort Worth, USA).

  • Peps Cafe

    Bonjour Guillaume,

    merci pour cet article, et pour cette prise de conscience de nos faiblesses en matière d’évangélisation.

    A ce sujet, Becky Pippert parle de l’évangélisation comme d’une « façon de vivre », et non d’un « devoir » (cf « La saveur partagée »-réédité sous le titre de « Sortir de sa bulle ». Ed. Emmaüs, 2015. GBU. Voir aussi « une vie qui parle » de Jim Petersen. Ed. Navpress-épuisé).

    D’autre part, nous « perdons » peut-être « notre temps » en cherchant à « défendre » l’Evangile (ce qui est le propre de l’incrédule cf Kierkegaard). Or, la Bible rappelle que l’Evangile, que nous annonçons ou prêchons, est « une puissance pour le salut de quiconque croit »(Rom.1v16). Le croyons-nous ? Car si nous y croyons vraiment, « l’enthousiasme de (notre) foi n’est jamais une défense, c’est toujours une attaque, une victoire ; un croyant est un vainqueur »(dit encore Kierkegaard), qui proclame et affirme l’Evangile de façon victorieuse, comme une bonne nouvelle exigeant une réponse immédiate ! Voir : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2015/09/16/croyons-nous-vraiment-en-l-evangile-que-nous-annoncons/

    Fraternellement,

    Pep’s

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