Difficultés de la Bible : Paul et Jacques se contredisent-ils ?

Voici une question qui a fait couler beaucoup d’encre : Jacques et Paul se contredisent-ils en ce qui concerne la relation qu’entretiennent la foi et les oeuvres ?

Cette controverse est est certainement fort ancienne : les Pères de l’Eglise se posaient déjà la question, et elle a également agité la Réforme, Luther étant près de rejeter Jacques qu’il considérait comme une “épitre de paille ».

Plus récemment, les tenants de la “Nouvelle perspective” (E.P. Sanders, N.T. Wright) ont ravivé la fraîcheur du débat en proposant une ré-interprétation complète de la notion de justification.

Dans les faits, la question de ces apparentes contradictions semble corsée : Paul parle d’une justification sans les oeuvres, par la foi seule (Romains 3:28) tandis que Jacques parle d’une justification par les oeuvres, et non “par la foi seulement” (Jacques 2:18).

Et les deux en appellent à l’exemple d’Abraham pour démontrer leur point !

 

Alors, foi seule, ou foi et oeuvre ? Que doit-on retenir de ces deux passages lorsqu’ils sont mis côte à côte ?

Que faut-il en penser ? Y-a-t-il réellement contradiction ici ? Que devons-nous croire au sujet de la foi et des oeuvres ?

 

Réponses dans ce 32ème épisode de “Que dit la Bible”.

 

 

RETROUVEZ L’INTÉGRALITÉ DE NOS ÉMISSIONS ICI 

SUIVEZ-NOUS VIA VOTRE APPLICATION PODCAST PRÉFÉRÉE EN Y COPIANT CE LIEN

 

LOGO-iTunes-REAL

 

 

 

 

 

“Que dit la Bible ?” est le podcast hebdomadaire du blog Le Bon Combat. Retrouvez l'ensemble des questions posées et de nos entretiens sur l'onglet dédié, en haut et à droite de la barre de menu du site !

  • Alain Baril

    juste une question au sujet de Colossien 1 : 15 ou il est dit le premier né de toute la création
    plusieurs interprète cela comme si Jésus en fait avait été créé mais chose impossible parce qu’il est la Parole de Dieu et il est Dieu
    il est avant toute chose
    parfois difficile a expliquer
    dans le contexte de la création dans Genèse quand Dieu dit : c’est ce qui créé qui met tout a exécution et cette même parole sorti de la bouche de Dieu fut fait chair en s’incarnant dans un corps comme le nôtre mais avec beaucoup de différence non physique mais spritituellement
    donc j’aimerais avoir votre point de vue sur ce passage
    tout en Lui par Son amour et sa grâce Alain Baril

    • C’est précisément parce que ce passage de Colossiens déclare que Christ est le premier-né et non pas le premier-créé qu’il confirme la révélation que le Fils de Dieu n’est pas une créature. En effet, bien que chacun d’entre nous soyons nés dans ce monde, aucun ne conteste être essentiellement une créature. Pourquoi ? parce que nous sommes nés de parents humains, qui eux-mêmes etc, jusqu’au premier homme qui a été créé. Tous les hommes ont donc été créés en Adam. Mais il n’en va pas ainsi de Christ, qui est né… de Dieu, et qui par conséquent ne peut pas être une créature.

      Personnellement, ce que j’ai lu de plus clair sur ce verset, qui peut troubler à première lecture, se trouve chez Prosper Jalaguier, qui a été à l’époque de la crise d’un libéralisme protestant qui niait la préexistence de Christ, le formateur de pasteurs évangéliques le plus influent en France. Je colle le passage y relatif, (tiré de Dogmes purs) pour les amateurs de théologie systématique et de grec.

      ===============================

      On peut, sans doute, élever bien des difficultés à ce sujet en pressant certaines expressions scripturaires. Il en est une, au v. 15 de ce chapitre même, sur laquelle on insiste trop pour que nous puissions la passer sous silence : C’est lui qui est l’image du Dieu invisible, le premier né de toute créature (πρωτοτοκος πασης κτισεως). Quelle que soit, dit-on, la création que saint Paul attribue à Jésus-Christ dans les v. 16 et 17, il reste toujours qu’il l’a placé au verset précédent parmi les créatures.

      Qu’il y ait dans le dogme du Θεαντρωπος des incompréhensibilités et par suite des énantiophanies ; qu’il soit difficile ou même impossible d’en harmoniser toutes les faces, il fallait s’y attendre et il faut s’y résigner, car c’est le mystère des mystères. Mais est-on fondé à entendre comme on le fait l’expression dont il s’agit ? cette interprétation et la conséquence qu’on en tire présentent, de prime abord, quelque chose d’absolument contraire à l’impression que produit le passage entier. Comment voir un être créé dans le Créateur de toutes choses ? Si saint Paul, dans ce passage, et saint Jean, dans son prologue, avaient eu la pensée qu’on suppose, ils auraient dû, après avoir dit que tout a été fait par Jésus-Christ, ajouter avec l’Arianisme, dans le sens duquel ils seraient entrés : excepté Jésus-Christ lui-même. Eh bien ! loin d’impliquer le moins du monde une restriction pareille, leur large et pleine assertion la repousse visiblement. Rien de ce qui a été fait n’a été, etc. — Par lui, toutes choses ont été faites, etc.

      L’induction que nous discutons pourrait être légitime si, au lieu de πρωτοτοκος πασης κτισεως, l’apôtre avait appelé Jésus-Christ πρωτοκτιστος. Cette épithète l’aurait placé en effet au rang des êtres créés. Mais le terme de πρωτοκος le sépare des κτισματα, bien loin de l’y rattacher. Tandis que tout le reste est κτιστος, il s’en distingue en tant que τεκθεις : il est engendré et non pas fait ; et nous touchons ici à ce qu’on a nommé son éternelle génération, formule qui s’est imposée en quelque sorte, malgré son étrangeté.

      Remarquons que le terme de premier-né avait chez les Juifs une acception très élevée ; il équivalait à celui de Maître, de Seigneur. Les rabbins ont nommé Dieu lui-même « le Premier né du monde ».

      Le retour, au v. 18, du terme de πρωτοκος, également appliqué à Jésus-Christ, mais dans un autre ordre d’idées ou de choses, peut jeter quelque jour sur le v. 15. L’apôtre, après avoir dit que Jésus-Christ est le chef (κεφαλη) du corps de l’Église, ajoute : ὅς ἐστιν ἀρχή, πρωτότοκος ἐκ τῶν νεκρῶν, ἵνα γένηται ἐν πᾶσιν αὐτὸς πρωτεύων. Jésus-Christ tient le premier rang dans la résurrection, non seulement parce qu’il en est les prémices (1Cor.15.20), mais aussi et surtout parce qu’il l’opère (Jean.5.29), parce qu’il est lui-même la résurrection et la vie. De même dans la création. Aux deux égards, πρωτοκος correspond à αρχη, qui marque et la priorité et le principe actif. Jésus-Christ est avant tout, et tout est de lui et par lui (Apoc.3.14 : η αρχη της κτισεως του Θεου).

      Quoi qu’il en soit, du reste, de ces observations, le point de dogme ou de fait, objet de cet article, ne saurait être douteux. D’après le Nouveau Testament, Jésus-Christ est bien le Créateur du monde. Saint Jean et saint Paul le déclarent trop formellement pour qu’on puisse le contester en bonne exégèse. Voilà ce qu’il faut reconnaître avec tout ce qu’il emporte, quelles que soient les difficultés de le concilier avec d’autres données scripturaires. Encore une fois, les obscurités ne doivent point surprendre en un tel sujet, où les ombres se mêlent à tant d’égards aux lumières de la Révélation (Cf. Héb.1.1-10 ; 3.4).

      ===============================

      • Guy Henkinet

        J’entends que vous dites que Jésus est Dieu. Il est devenu le christ au moment du baptème dans le jourdain puisque Dieu a habité en lui et l’a guidé tout au long de sa mission jusqu’au chemin de croix. Mais il est le Fils et non le Père. On dit de lui qu’il est Dieu car l’esprit de l’Eternel l’anime, mais Jésus prie son Dieu qui est celui qu’il appelle Père. Et il se rend compte lors de sa crucifixion que le Père est sorti de lui et dit  »Eli Eli (le Dieu, le Dieu) lama sabachtani (pourquoi m’as tu abandonné) Il y a plein de versets dans la bible qui témoigne de la soumission de Jésus envers le Dieu qu’il prie. Mais il est vrai qu’on le prend pour Dieu comme Thomas, mon seigneur et mon Dieu. Car Thomas sait qu’il s’adresse à l’envoyé de Dieu ainsi qu’à Dieu. Ils sont donc deux ! mais les deux sont unis comme les apôtres sont unis lorsqu’ils reçoivent le don de l’esprit saint plus tard. Tous sauf un, Paul est en désaccord avec les 12 et sera mis en prison pour apostasie et Jacques le gardien des croyants resté à Jérusalem ne plaidera pas en sa faveur.

        • @Guy Henkinet

          « Il est devenu le Christ au moment du baptême dans le Jourdain puisque Dieu a habité en lui… »

          Vous avez remarquablement résumé l’adoptianisme, croyance que Jésus n’était qu’un simple homme comme nous tous, à la différence que Dieu l’a choisi pour être le Messie. Cette hérésie est l’exacte opposée de celle du « docétisme », qui enseigne que Jésus n’avait que l’apparence d’un homme.

          Notez, si ce que vous affirmez était vrai, l’hypocrisie insupportable dont Jésus aurait fait preuve en laissant sans protester Thomas l’appeler : « mon Seigneur et mon Dieu ». Les diverses dénominations chrétiennes ont de multiples points de désaccord, mais complètement mineurs par rapport à la divinité de Jésus-Christ, que toutes reconnaissent. C’est pourquoi vous ne pouvez à l’évidence être considéré comme chrétien. Je vous souhaite de lire et de réfléchir attentivement l’extrait de Jalaguier que j’ai posté plus haut, dont le sens vous a visiblement échappé.

  • Hernando Thierry

    Et si Paul et Jacques avaient tout simplement été en désaccord là-dessus ? Je pose la question…

  • Sara Tremblay

    Je crois que les œuvres découle de la foi car sans la foi les œuvres, bien qu’elle soit de bonne intention, ne sont pas justifié de la foi et la foi viens de Dieu. Une oeuvre qui n’est pas mené par Dieu est dépourvu de sa perfection de la nous disons que les œuvres sans la foi sont des œuvres mortes. Dieu qui sait tout et voit tout par la foi mène nos œuvres à la perfection. Notre foi nous fait posé des oeuvres que nous ne connaissons pas les résultats mais par la foi en Dieu nous agissons, car nous savons que tout ce qui vient de lui est parfait.

%d blogueurs aiment cette page :