6 raisons pour lesquelles le chrétien devrait s’abstenir de fumer

Je m’appelle Guillaume, j’ai 35 ans, et mis à part les pots d’échappement des voitures dans la rue, je suis abstinent de toute forme de fumée depuis janvier 2004.

Pour tout vous dire, je pense avoir un peu d’expérience en la matière : j’ai fumé quotidiennement des cigarettes pendant plus de 10 ans, consommé à très haute dose différentes formes de cannabis pendant environ 8 ans, et j’ai même inhalé de la fumée de cocaïne et d’héroïne ponctuellement.

En toute honnêteté, je ne pense pas que fumer soit intrinsèquement un péché, mais j’estime pourtant que les chrétiens ne devraient pas y toucher.

Voici donc 6 raisons pour lesquelles, à mon sens, tout chrétien devrait chercher à s’abstenir de fumer.

 

 

1- Parce que c’est dangereux pour la santé

Hors de question de vous faire le sempiternel rappel sur la dangerosité de la cigarette, les pouvoirs publics  s’en chargent très bien. Consommateurs de cigares, n’espérez pas vous cacher derrière un produit différent et réputé plus “sain”, il n’en est rien : les risques de cancers et de maladies cardiovasculaires sont de nature différente, certes, mais ils sont bien réels et parfaitement documentés.

Les débats autour des vertus thérapeutiques de la consommation médicale de cannabis ne sont pas réglés, mais je peux témoigner des nombreuses hospitalisations et internements psychiatriques de certains de mes amis à la suite de consommations excessives. Moi-même, je reste marqué par ces quelques années de consommation intensive, par exemple dans ma capacité de concentration.

Comme toujours quand on aborde cette question, il est important de se rappeler que nous avons un corps donné par Dieu, que celui-ci ne nous appartient pas en propre, et qu’en tant que croyant nous sommes “le temple du Saint-Esprit” (1 Cor. 3:16; 6:19).

Dans cette perspective, la manière dont vous gérez votre capital santé importe, et ce n’est certainement pas pas la fumée qui va vous y aider.

 

 

2- Parce que le danger d’addiction est grand

Lors d’une visite chez mon médecin, celui-ci s’est enquis depuis combien de temps j’avais arrêté de fumer. Lorsque je lui ai répondu “11 ans”, il s’est empressé de me féliciter : “Bravo monsieur Bourin ! Vous faites partie des 7% de fumeurs qui sont parvenus à cesser de s’arrêter plus de 5 ans.”

Je confesse ne pas avoir vérifié le réalité de ces statistiques, mais je pense qu’elles en sont bien le reflet.

A titre personnel, je n’ai rencontré que deux véritables fumeurs occasionnels de cigarettes, j’entends par là des personnes ne fumant pas quotidiennement. La plupart des consommateurs de tabac en sont esclaves.

Le risque d’addiction, bien que différent, est également réel en ce qui concerne la résine de cannabis ou les drogues réputées plus “dures”.

Là encore, l’avertissement de Corinthiens résonne dans nos coeurs : “Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile; tout m’est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit” (1 Cor. 6:12)

 

 

3- Parce que, mine de rien, ça coûte cher

Lorsque j’ai arrêté de fumer, le paquet de cigarettes coûtait 3,90 €. Aujourd’hui, certaines marques se situent au-délà des 7 €. Le jour viendra peut-être où il vous faudra faire un choix entre fumer et manger…

Quel que soit votre point de vue sur la politique fiscale menée par les pouvoirs publics, reconnaissez que l’argent que vous dépensez dans les cigarettes (ou dans la drogue) pourrait être investit bien plus utilement pour le royaume.

Et si, au lieu de verser des centaines d’euros aux multinationales du tabac (et à l’État, voire aux réseaux criminels), vous souteniez un ou plusieurs missionnaires ?

 

 

4- Parce que la gloire de Dieu n’en a pas besoin

Le célèbre prédicateur baptiste Charles Spurgeon a un jour déclaré : “J’ai l’intention de fumer un bon cigare pour la gloire de Dieu avant d’aller au lit ce soir”.

Néanmoins, si Spurgeon s’était couché sans fumer, la gloire de Dieu n’en aurait pas souffert.

Des générations de fumeurs chrétiens se sont depuis revendiquées de l’héritage du “prince des prédicateurs” et ont dissimulé leur addiction derrière son exemple. C’est regrettable.

Encore une fois, je pense que Spurgeon avait raison de ne pas considérer la fumée comme un péché en soi, mais il faut reconnaitre que cette phrase aura été bien malheureuse.

 

 

5- Parce qu’au final, quelle est la plus-value ?

On raconte que Jacques Chirac, l’ancien président de la République Française, se serait arrêté de fumer en se posant cette question : “Mais pourquoi fais-je cela ?”

Je n’ai jamais pu vérifier cette information (et de toute façon il a recommencé à fumer !), mais la question est pertinente : qu’est-ce que fumer apporte ?

A part le plaisir d’un bon cigare (ou celui d’un joint ?), pas grand chose… D’ailleurs, si c’est l’hédonisme seul qui nous motive, il serait peut être bon d’évaluer nos motivations.

Et si le renoncement auquel nous sommes tous appelés passait par l’abandon d’une pratique qui pose tant de problèmes par ailleurs ?

 

 

6- Parce que même Spurgeon a fini par arrêter

Vers la fin de sa vie, Spurgeon, qui avait maintenu contre vents et marées sa consommation modérée d’alcool, avait fini par en devenir abstinent. Alors qu’il avait à juste titre souvent invoqué la liberté chrétienne pour justifier son “usage d’un peu de vin”, c’est au nom même de cette liberté qu’il décida d’arrêter totalement. Il avait en effet appris que plusieurs, en suivant son exemple, avaient été plus loin et étaient devenus alcooliques.

Considérant que, dans son contexte culturel, sa liberté était devenue une occasion de chute pour les autres, il prit la décision de cesser de boire, et il l’annonça dans un de ses sermons :

Je n’ai jamais dit ou sous-entendu que boire du vin est un péché… mais je fais remarquer que, si d’autres sont conduits par mon exemple à boire davantage et à en être intoxiqué, je n’y toucherai jamais plus. 

Pour la cigarette, cependant, ce fut une autre paire de manches…

On raconte souvent que Spurgeon cessa de fumer le jour où il s’aperçu qu’un cigarettier avait repris sa fameuse formule et s’en servait comme d’un argument publicitaire. Il n’en est rien : si l’histoire de ces cigarettiers (car ils étaient plusieurs…) est bien vraie, Spurgeon n’arrêta pas à cette occasion.

Il ne s’arrêta pas non plus lorsque s’intensifièrent les critiques des mères de familles dont les enfants fumeurs se fendaient d’un “même Spurgeon le fait”.

Dans les années 1880, alors que sa santé déclinait, il prit conscience des conséquences négatives de sa consommation de tabac. Et là, il s’arrêta.

 

 

 

En conclusion, et après maintes réflexions, je ne crois pas que le chrétien fasse un bon usage de sa liberté en fumant, même modérément. Dans le contexte culturel dans lequel nous vivons, je pense même que la consommation de tabac est un contre témoignage.

Lorsque j’ai arrêté de fumer, au tout début de ma vie chrétienne, cela a été l’occasion d’une puissante remise en question pour plusieurs de mes proches amis qui cherchaient sans succès à être délivrés de l’emprise de la cigarette.

Si vous souffrez d’une addiction au tabac, je ne peux que vous encourager à la traiter comme telle, et à chercher la face de Dieu et sa délivrance. Je serais très heureux de prier pour vous et ainsi de combattre à vos côtés.

 

 

GB

 

 

Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l'un de ses administrateurs actuels. Il s'intéresse particulièrement à l'intertextualité et à l'exégèse de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Il est titulaire d'un master en théologie (M.Div.) et d'un autre en Ancien Testament (Th.M.) obtenus à la faculté Southwestern Baptist Theological Seminary (Fort Worth, USA).

  • BasDel

    Sans oublier que notre corps est le Temple du Saint Esprit (1 Corinthiens 6:19), cette raison seule devrait nous pousser à prendre soin au maximum du corps qui nous est offert. Merci pour vos articles souvent très enrichissants.

    • BasDel

      Pardon, ce verset est cité dans le premier point, j’étais passé à côté.

  • Hippolyte Dandonougbo

    La difficulté pour ceux qui désirent arrêter une addiction est à mon avis en cette question : par quoi remplacer l’objet de leur addiction.
    A celui qui est dans cette situation je réponds : la présence de Dieu. Des moments de qualité dans la présence de Dieu sont un moyen infaillible pour combler à débordement le vide laissé par l’abandon d’une addiction.

    • BasDel

      Tout à fait d’accord mon frère. Ça peut s’apparenter à un jeûne pour quelqu’un qui essaye de lutter contre sa gourmandise.

  • Adou Alvin

    soyez bénis mes bine-aimés frère en Christ. tout à faire d’accord!
    pour toutes personnes assez de volonté pour résister à une addiction ou l’abandonner (2 Timothée 3:16, 17).

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