6 erreurs doctrinales que le brigand réfute en mourant sur la croix

Jésus lui répondit: Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. (Luc 23:42)

On associe souvent le nom d’Athanase d’Alexandrie à la lutte contre l’hérésie doctrinale.
Et c’est légitime : Athanase a consacré sa vie toute entière à combattre l’arianisme, doctrine qui nie l’existence éternelle du Fils de Dieu.

Mais il est des champions de l’orthodoxie doctrinale qui le sont devenus sans le savoir, et sans même l’avoir spécialement désiré.

L’exemple le plus frappant est sans nul doute celui du brigand sur la croix qui, dans sa mort, réfute par avance au moins 6 erreurs qui allaient se développer dans les siècles qui allaient suivre.
Examinons-les un peu plus en détail.

1- Sa mort réfute la doctrine du sommeil de l’âme

La doctrine du sommeil de l’âme prétend que, lorsqu’une personne meurt, son âme “dort“ jusqu’à la résurrection et au jugement final.
Cette position trouve son origine dans une compréhension littérale du verbe “dormir“, lorsqu’il est appliqué aux morts (cf. par exemple Daniel 12:2, 1 Corinthiens 15:6).

Cependant, elle est absolument inconciliable avec la promesse que Christ fait au brigand : “aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis“.

Pas un seul instant Christ ne semble envisager que l’âme du brigand puisse attendre avant de jouir de la présence de Christ dans les cieux éternels.

Et cela est cohérent avec l’ensemble des Ecritures.
C’est au moment même de la mort que les hommes et les femmes sont confrontés au jugement de Dieu (Hébreux 9:27).
Pour le croyant véritable, quitter son enveloppe charnelle c’est entrer dans la présence de Dieu (2 Corinthiens 5:6-8 ; Philippiens 1:23).
Pour l’incroyant au contraire, la mort signifie le châtiment éternel en enfer (Luc 16 : 22-23).

Lorsque le terme “dormir“ est utilisé pour désigner la mort, il s’agit d’une métonymie : l’apparence d’un mort (qui, en l’occurrence, semble dormir) est utilisée pour désigner son état.

2- Sa mort réfute la doctrine de la descente aux enfers de Christ

L’un des plus anciens textes chrétiens, le Symbole des Apôtres, déclare que Christ “a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers“.

Le terme original rendu par “enfer“ dans le Symbole des Apôtres a été l’objet de bien des discussions. Faut-il le prendre littéralement, comme certains le font, ou lui donner un sens davantage figuratif, comme d’autres le préfèrent ?
Faut-il y voir une référence au “séjour des morts“ en général (sens que la version des Septantes tend parfois à lui donner, comp. Actes 2:27, 31 et Ps. 16:10) ?

Certains sont allés plus loin dans la spéculation, imaginant que ce texte fait référence à une possibilité de salut après la mort, offerte par Christ venant faire une visite dans le lieu de perdition éternelle.

Quel que soit ce que le Symbole des Apôtres entend par cette formule, la promesse de Christ au brigand est sans équivoque : “aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis.

Cette promesse est double :

  • la réunion avec Christ dans le paradis de Dieu : le brigand allait, dès après sa mort, rencontrer celui-là même qui venait de lui faire la promesse
  • l’immédiateté de son accomplissement : “aujourd’hui“, dit Christ, “tu seras avec moi dans le paradis“. Il n’est pas question de différer : la réunion du brigand avec Christ allait avoir lieu immédiatement après leurs morts respectives.

La doctrine de la descente aux enfers de Christ est parfois appuyée – bien à tort – sur 1 Pierre 3:19.
Mais la promesse précédant mort du brigand sur la croix ne laisse aucune place au doute : Christ n’est aucunement descendu dans un lieu de damnation après sa mort sur la croix.

3- Sa mort réfute la doctrine de la régénération baptismale

En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu.“ déclare Jésus à Nicodème, lorsque ce dernier vient de nuit le consulter (Jean 3:3).

Cette parole de Christ, plus que tout autre, met en évidence l’absolue nécessité d’être né de nouveau (régénéré) pour être sauvé et jouir éternellement de la présence de Christ dans le paradis.

C’est un principe spirituel normatif : “si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature“ (2 Corinthiens 5:17). Il est impossible d’appartenir à Christ sans avoir été régénéré, sans avoir reçu le Saint-Esprit : “Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas.“ (Romains 8:9)

Le brigand sur la croix ne pouvait faire exception : “Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis“ revient à dire “Aujourd’hui, tu es passé de la mort à la vie. Aujourd’hui tu es une nouvelle créature. Aujourd’hui tu es né de nouveau.

Cependant, comment concilier cette réalité biblique avec la doctrine de la régénération baptismale, qui enseigne que c’est au travers des eaux du baptême que se produit la nouvelle naissance ?

Les débats théologiques autour de cette doctrine, s’ils veulent être exhaustifs, nécessitent de prendre en compte  bien des éléments.
Mais relevons simplement ici que le brigand sur la croix a été sauvé sans avoir été baptisé : sa nouvelle naissance n’a donc pas procédé de quelque eau que ce soit, mais uniquement de l’action de l’Esprit, conformément à ce qu’enseigne le texte de Jean 3:1-21.

4- Sa mort réfute la doctrine des oeuvres méritoires

Qui était ce brigand ? Nous ne savons, au final, que bien peu de choses sur lui. Luc en parle comme un kakourgos (κακοῦργος), un criminel,  tandis que Matthieu et Marc utilisent le mot lēstēs (λῃστής) qui peut également avoir le sens de révolutionnaire.

Faisait-il partie de la bande de Barabbas, comme quelques uns le pensent (cf. Marc 15:7) ? Difficile de l’affirmer avec certitude.

Cependant, une chose est sure : sous des vues humaines, il était loin d’avoir le profil de l’homme vertueux.
Les termes sont sans équivoque : il était un criminel, un homme de mauvaise vie méritant la mort, comme il le reconnait d’ailleurs lui-même : “pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos crimes“ (Luc 23:41).

La doctrine des oeuvres méritoires pour le salut est tenue avec quelques variations par différents groupes se revendiquant du christianisme.
Mais la grâce obtenue par le brigand sur la croix ne laisse aucune place au mérite.

Car il était certainement la dernière personne à pouvoir espérer que ses propres oeuvres puissent concourir d’une manière ou d’une autre à son salut.

 

5- Sa mort réfute la doctrine du purgatoire

Plus qu’un simple lieu, le purgatoire est un processus de purification de l’âme après la mort.

Elément clé de la théologie catholique romaine, le purgatoire concerne tous ceux “qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés“.
Par conséquent, selon cette doctrine, ces derniers “souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel.“ (cf. Cathéchisme de l’église catholique, art. 1030).

En d’autre terme, le purgatoire serait un lieu où ceux que Dieu a déclaré être ses amis souffriraient une “peine temporelle“ pour des péchés déjà pardonnés par Christ (!).

La remarque que nous avons faite plus haut s’applique aussi ici : le brigand sur la croix n’était certainement pas un homme exempt de péché, et il n’était pas crucifié aux côtés de Christ en raison de ses bonnes oeuvres.
Si une personne était ce jour là “imparfaitement purifié“, c’était bien cet homme agonisant.

Cependant, aucune place n’est laissée à quelque lieu d’attente que ce soit, lorsque Jésus lui dit : “aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis.“

Le brigand sur la croix aurait été le premier concerné par le purgatoire, si le purgatoire avait réellement existé.
Mais sa réunion immédiate avec Christ immédiatement après sa mort prouve que le purgatoire n’est que le fruit de l’imagination humaine.

 

6-  Sa mort réfute la doctrine des indulgences

Intimement liée à celle du purgatoire, la doctrine catholique des indulgences promet la rémission -pleine ou partielle- de la “peine temporelle“ due pour les péchés qui nécessiteraient un passage par le purgatoire.

Dans un certain sens, cette doctrine marque le point de départ de la Réforme, puisque que c’est contre elles et leur vente que Luther a écrit ses fameuses 95 Thèses.

La mort du brigand sur la croix prouvant l’inexistence de toute peine temporelle et de tout lieu de transition post mortem, à combien plus forte raison fait-elle tomber comme un château de cartes l’ensemble des doctrines qui y prennent appui.

Le brigand n’avait aucunement besoin d’indulgence pour être sauvé : Christ le lui assure en lui promettant un salut immédiat.
Sa mort même est la démonstration de l’inutilité des indulgences.

C’est avec raison que Martin Luther écrivait en 1517 : “Les indulgences dont les prédicateurs vantent et exaltent les mérites, ont le très grand mérite de rapporter de l’argent. Les grâces qu’elles donnent sont misérables si on les compare à la grâce de Dieu et à la piété de la  croix.“ (Thèses de Wittemberg n°67 et 68)

Conclusion

Qui qu’ait été le brigand sur la croix, sa mort est d’une grande instruction, pour nous qui sommes parvenus à la fin des siècles.

Elle nous instruit sur la nature de la vraie conviction de péché, de la repentance, et de la conversion à Jésus-Christ.
Mais elle nous avertit surtout de biens des écueils dans lesquels notre coeur déchu pourrait naturellement nous conduire.

Comme il est bon de méditer sur la mort du brigand sur la croix…

 

 

 

Réflexions et ressources d'édification centrées sur Dieu

  • Guillaume,

    Tu vas un peu vite concernant le baptême. Ton argument est incorrect, car ce n’est parce qu’il existe des moyens de régénération sans passer par le baptême, que le baptême n’est pas lui aussi un moyen de régénération. Dire qu’on peut être régénérer sans le baptême ne prouve rien. Cette démonstration a autant de valeur que celle-ci : Marie a été mouillé alors qu’elle est allée sous la pluie, c’est la preuve qu’une douche ne mouille pas, puisque c’est bien l’eau de pluie qui l’a mouillé.

    Pour que ton argument soit juste, il faudrait plutôt affirmer qu’il est possible d’être baptisé sans être régénéré. Ainsi, le baptême ne serait pas un moyen (une cause suffisante) de régénération.

    Alexis.

    • Alexis,
      Pour info, je rédige actuellement un article contra régénération baptismale. Je te notifierai dès qu’il sera publié.
      A très vite.

  • Salut Alexis,

    Et bonne année ! 🙂

    Alors, je te donne un point ici, même si tu penses bien que j’ai anticipé ton commentaire.
    C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai écrit : “Les débats théologiques autour de cette doctrine, s’ils veulent être exhaustifs, nécessitent de prendre en compte bien des éléments.“

    A vrai dire, on ne devrait pas parler de la doctrine, mais des doctrines de la régénération baptismale.

    En effet, ce faisceau de positions a considérablement évolué au fil des siècles, et aujourd’hui il est appliqué par différents groupes avec plus ou moins de variations.

    Les églises traditionnelles (catholiques romaines, orthodoxes, etc…) qui tiennent la régénération baptismale enseignent que le baptême est nécessaire pour le salut. (cf. par exemple : Catéchisme de l’Eglise Catholique, II.I.1-6, art. 1257).

    Ces groupes n’ignorent généralement pas la difficulté que pose leur approche, à savoir la question de la mort de croyants n’ayant pas reçus le baptême (typiquement, le cas du brigand sur la croix).
    Mais pour eux, le brigand sur la croix a bien été baptisé d’un “baptême de sang“ (cf. Catéchisme, art. 1258).

    Ceci étant, pour les catholiques romains, ce “baptême de sang“ n’est pas un sacrement, et il n’est pas explicitement dit que ce baptême là régénère.
    En effet, la notion de régénération est intimement lié à celle de sacrement, au moins dans l’église catholique (cf. Catéchisme Catéchisme de l’Eglise Catholique, II.I.1-7 in extenso), mais je pense également dans la grande majorité des églises orthodoxes (à vérifier toutefois).
    En d’autres termes, la régénération ne se ferait que par le sacrement du baptême d’eau, mais il serait possible d’être sauvé sans être régénéré….

    Au passage, il est intéressant de noter que cette doctrine amène directement les catholiques romains à affirmer qu’un individu peut être sauvé sans avoir la foi en Jésus-Christ mort sur la croix (cf. Catéchisme, art. 1260).
    Un point de départ vers l’universalisme affiché par le pape François ?

    Je suis bien au fait que d’autres groupes tiennent une position similaire (anglicans, luthériens, église du Christ de Boston, certains groupes réformés, etc…).
    Je sais bien que Luther ne voyait pas la régénération baptismale comme un moyen unique de régénération, ce que tu avais peut être en tête en écrivant ton commentaire.

    Mais peu, chez les Luthériens, gardent aujourd’hui cette approche particulière du réformateur, et d’une manière générale l’écrasante majorité des tenants de la régénération baptismale considèrent le sacrement du baptême comme seul et unique moyen d’accès à la Nouvelle Naissance.
    Et dans ce cas précis, qui représente l’opinion de la très grande majorité, la mort du brigand sur la croix leur donne tort.

    J’espère que tu vas bien.
    Guillaume

    • Ah oui, et j’ai oublié de mentionner : bien sur qu’il est possible d’être baptisé sans être pour autant régénéré.
      C’est certainement le cas de Simon le Magicien (Actes 8).

      Nous en avons largement discuté avec Alexandre Sarran dans certains commentaires en marge de notre débat sur le baptême.

      gb

    • Theodore

      Quelaues remarques sur ce commentaire :
      – Le brigand sur la croix n’a pas ete baptise de sang, mais de desir.
      – Ensuite, concernant le fait d' »etre sauve sans avoir la foi », c’est faux, au moins si je suis la comprehension lutherienne de ce au’est a Foi et de ce qu’est Bapteme, qui fait naitre par grace la Foi chez l’enfant baptise – foi sous tous les regards differente d’une foi adulte, et sur laquelle on ne peut se prononcer, mais qui existe, du reste, Jean-Baptise ne fut-il pas rempli de l’esprit des le sein maternel ?
      La divergence fondamentale entre reformes et lutheriens, sur la question du lien foi/sacrement, ainsi que les differences pratiques que cela implique, sont, a mon avis, bien resumees ici : http://www.scribd.com/doc/2215011/Why-Luther-is-not-quite-Protestant-by-Phillip-Cary

      Je dirai que le bapteme est le sacrement divinement institue du pardon des peches et de l’entree dans l’Alliance/adoption, mais qu’il existe des « passerelles de secours » 😀 Tout cela passant evidemmment par la Foi.

      • Bonsoir Théodore.

        Qu’entends tu par « baptisé de désir » ? Quel est l’argument scripturaire ?

        Pour ta deuxième affirmation, oui certains Luthériens croient à cette formulation de la régénération baptismale. Mais pas tous !

        J’espère avoir l’occasion d’écrire sur ce sujet dans un futur proche.

        Guillaume

        • Theodore

          Alors, je parlais evidemment de lutheriens fideles au Livre de Concorde, pas de ceux qui se croient autorises a revenir sur les articles de la Foi 😉

          Le ‘bapteme de desir » est ce qui arrive si quelqu’un meurt sans etre rene par eaux du bapteme, mais desirait tout de meme cette renaissance ; typiquement, dans l’Eglise ancienne, le cas d’un cathechumene aui mourrait avant son bapteme. C’est une notion en fait admise par tous les chretiens acceptant l’autorite des huit conciles oeucumeniques (catholiques, orthodoxes, lutheriens), malgre des formulations divergentes liees a des emphases theologiques differentes,
          Quant a l’exemple biblique, justement, le Bon Larron le demontre amplement ; sa conversion cree en lui le desir de regeneration, et il desire donc en quelque sorte le bapteme, qui est cette regeneration. D’ou la promesse du Christ.

          De plus, la mort du bon larron ne peut etre un bapteme de sang, car s’il meurt, ce n’est pas a cause du temoignage chretien ; ce n’est pas un martyre.

          • J’entends cette position, mais quel est l’argument scripturaire ?
            Où peut-on conclure qu’il existe un tel “baptême de désir“ dans les écritures ?

            Pour ton argument sur le baptême de sang, j’approuve. Tu as raison.

          • Théodore

            L’argument scripturaire principal est justement le bon larron 🙂

          • Ok Théodore, mais dans ce cas c’est un argument circulaire : on tourne en rond.

            Le brigand sur la croix a été baptisé d’un “baptême de désir“, et la preuve que tu invoques pour prouver qu’il existe un tel baptême de désir est que… le brigand sur la croix a été baptisé d’un baptême de désir…

            Je t’avoue ne pas trop saisir ce que tu veux dire ni où tu veux en venir.

          • Théodore

            Non ;
            La position catholique est la suivante ; l’ensemble de l’Écriture indique que le baptême est nécessaire pour le salut.
            Néanmoins, le bon larron n’a visiblement pas été baptisé, mas il est sauvé en raison de fa foi et de son désir de regénération, donc il existe une porte de salut pou ceux qui meurent sans avoir été baptisé d’eau. C’est le « baptême de désir ».

            La position luthérienne est un peu plus protestante, mais aboutit en fait aux mêmes conséquences : le baptême n’est pas absolument nécessaire pour le salut ; comme Marc XVI, 16 semble le sous-entendre, c’est l’absence de foi qui damne, pas l’absence de baptême. Ce qui n’empêche pas le baptême d’avoir une action sacramentelle particulière, même administré à un adulte.

          • Théodore,

            Ca ne règle rien, on cherche encore les justifications scripturaires.

            Par contre, je suppose plutôt que les catholiques justifient son salut par Catéchisme II.1.1VI.1258 : “Depuis toujours, l’Église garde la ferme conviction que ceux qui subissent la mort en raison de la foi, sans avoir reçu le Baptême, sont baptisés par leur mort pour et avec le Christ. Ce Baptême du sang, comme le désir du Baptême, porte les fruits du Baptême, sans être sacrement.“

            Est-ce que, par hasard, ce que tu appelles baptême de désir ne serait pas ce que le catéchisme Catholique Romain explique en II.1.1VI.1260 : “Tout homme qui, ignorant l’Évangile du Christ et son Église, cherche la vérité et fait la volonté de Dieu selon qu’il la connaît, peut être sauvé. On peut supposer que de telles personnes auraient désiré explicitement le Baptême si elles en avaient connu la nécessité.“
            Si c’est le cas, on est en présence ici de ce que Karl Rahner appelle le christianisme anonyme. Thèse très controversée qui semble d’office disqualifiée par Romains 1-2.

            Bonne journée !
            Guillaume

          • Théodore

            J’ai donné une justification scripturaire ! Le brigand sur la croix montre qu’on peut être sauvé sans baptême, la simple foi vivante suffisant alors. Mais comme le reste de l’Écriture indique que nous sommes sauvés dans le baptême (vision orthodoxe, catholique, luthérienne), il s’agit d’une exception, non d’un démenti.

            Le baptême de désir correspond à ta première citation. Ce que le Catéchisme décrit dans ta seconde citation est une extension, douteuse à mon sens, de la notion de baptême de désir (c’est la notion d’ignorance invincible).

  • Adrien Gaillard

    Salut Guillaume et bonne année !

    Mon point de vue perso est que le passage que tu as choisi est difficile à utiliser pour fonder une doctrine car il pose trop de problèmes. On pourra aussi dire que, pour Dieu, un jour est comme mille ans.
    De même, l’exemple d’Elie pose problème car Jésus n’était toujours pas venu. Pourrait-on pourtant dire qu’il n’y a pas nécessairement besoin de Jésus pour être sauvé ? Certainement pas.
    Je pense donc que les morts (bons ou mauvais) vont tous au shéol jusqu’au retour de Jésus.

    1 thessaloniciens 4 15-16
    Voici, en effet, ce que nous vous déclarons d’après la parole du Seigneur: nous les vivants, restés pour l’avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui sont morts.
    Car le Seigneur lui-même, à un signal donné, à la voix d’un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement.

    Ce passage semble dire explicitement que la résurrection des morts ne se fait qu’au retour de Jésus.

    Comment tu justifies ton avis par rapport à ce passage ?

    Adrien

    • Salut Adri,

      Bonne année à toi aussi. 🙂

      Je prends ton commentaire dans l’ordre :

      1- Je ne vois pas trop en quoi ce passage pose “trop de problème“, ni le lien que tu fais avec le Ps. 90.
      Peux-tu expliciter où tu veux en venir exactement ?

      2- A quoi fais-tu référence également dans l’exemple d’Elie ? A Jean-Baptiste ? Ecrit ainsi je ne vois pas trop où tu veux en venir non plus.

      3- Concernant ce que tu dis ensuite, à savoir “Je pense donc que les morts (bons ou mauvais) vont tous au shéol jusqu’au retour de Jésus“, tout dépend ce que tu veux dire par là.
      Veux-tu dire que jusqu’au retour de Jésus, il n’y a aucune séparation entre les croyants justifiés et ceux qui ne le sont pas ?
      Si c’est ce que tu essaies de dire, dans ce cas l’histoire du riche et de Lazare devrait te convaincre du contraire, car c’est de plus Jésus lui-même qui la rapporte (cf. Luc 16:19-31).
      De plus tu vas être obligé d’intégrer une possibilité de salut post-mortem, dans ce cas.

      4- Oui la résurrection des morts ne se produira qu’au retour de Jésus, bien sur !
      Je ne pense pas avoir dit le contraire dans l’article ci-dessus, si ?

      A très vite Adri !
      Guillaume

      • Adrien Gaillard

        Salut,
        Je n’ai peut-être pas été clair, mais mon propos ne porte que sur ton premier point.
        « La doctrine du sommeil de l’âme prétend que, lorsqu’une personne meurt, son âme “dort“ jusqu’à la résurrection et au jugement final. »
        Tu semble indiquer que l’âme passe en jugement juste après la mort, sauf que je pense qu’il y a d’abord le shéol puis, le jugement et enfin le paradis ou l’enfer.

        1. Je pense juste qu’il est difficile de s’appuyer sur ce passage pour fonder une doctrine.

        2. je fais référence au fait qu’Élie n’est pas mort mais est monté directement au ciel.

        3. L’exemple de Lazare appuie au contraire ma position car il est indiqué que Lazare est dans le sein d’Abraham, c-a-d non pas au paradis, mais dans le shéol. Les bons est les mauvais vont tous au shéol, mais sont apparemment séparés. Les bons sont dans le sein d’Abraham qui se trouve dans le shéol.
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Sein_d%27Abraham

        4. Tu sembles dire le contraire en disant que le brigand ira directement au paradis. J’ai certainement loupé quelque chose…

        Adrien

        • Ok j’ai compris !

          Alors non, je ne pense pas que tu es confronté au jugement de Dieu dans le sens de « jugement dernier » immédiatement après la mort.
          Cependant, tu es déjà sous l’effet du jugement de Dieu dès après ta mort, et c’est dans ce sens là -je pense- que l’auteur de l’épitre aux Hébreux parle d’un jugement consécutif à la mort (Hébreux 9:27). Tout ceci est cohérent avec le reste des Ecritures, par exemple Jean 3:18.

          Pour le reste :

          1- C’est la raison pour laquelle je cite d’autres passages pour appuyer ce que je dis…

          2- Oui je comprends, tu aurais pu citer également Hénoc dans ce cas. Mais je ne vois pas en quoi cela pose une difficulté. La promesse de Jésus faite au brigand et le passage de Luc 16 permet d’avoir un aperçu de ce qu’Elie ou Hénoc ont pu expérimenté. Justement, leur enlèvement respectif constitue un clair témoignage de l’existence d’un lieu de repos et de joie dans la présence de Dieu pour les croyants de leur époque.

          3- Mais c’est ça que je t’écris : il y a une séparation des justes et des injustes, et ce dès l’AT.
          Par contre, je n’irai pas jusqu’à dire que « le sein d’Abraham se trouve dans le shéol. ». Je prends plutôt Shéol comme un terme générique pour indiquer une demeure pour les âmes des défunts, car je me refuse d’affirmer que ces deux endroits séparés sont dans un même lieu. Un seul terme peut très bien être utilisé pour désigner 2 lieux différents, cela ne pose aucun problème. Ceci étant cet aspect est secondaire.
          Je ne veux pas me lancer dans une longue discussion là-dessus, mais le concept de Limbe des Patriarches me convient assez bien (je ne veux pas trop m’aventurer car je ne me suis pas assez documenté sur tout ce que cette expression implique).
          Disons simplement qu’il y a deux grandes options :
          – soit “paradis“ et “sein d’Abraham“ sont deux mots différents pour désigner la même chose.
          – soit le sein d’Abraham devient le paradis quand Christ y passe.
          Je penche plutôt pour la deuxième option mais je dois reconnaître ne pas avoir assez lu sur ce point.

          En fait, le fond du problème est que dans ta compréhension, paradis = lieu après la résurrection/glorification.
          Or ce n’est pas le cas. Eden était le paradis de Dieu, par exemple (cf. Apocalypse 2:7), ce qui ne veut pas dire qu’après notre résurrection nous retournerons en Eden !! Il y a aura bien de nouveaux cieux et une nouvelle terre.
          Paradiseō peut très bien, là encore, être un terme générique qui désigne le lieu ou les croyants se délectent dans la présence de Christ, que ce soit dans l’attente de leur glorification ou après celle-ci.

          J’espère avoir pu clarifier les choses.

          A bientôt 🙂
          Guillaume

  • Adrien Gaillard

    Merci pour ta patience !

    Oui, c’est le mot paradis que je ne comprenais pas.
    Merci pour ton explication. 🙂

    Adrien

  • chatillon frank

    Bonjour Guillaume,
    Arrives tu à survivre au milieu de toutes ces productions?
    Je te souhaite bon courage dans tes activités. Dispense avec Droiture la Parole de Vérité (2 Tm 2.14-26).
    Bien à toi en Christ.

    • Ah ah 🙂 Oui je m’en sors, tout simplement parce que je ne suis pas le seul “producteur” 🙂
      J’espère que tu vas bien, ainsi que toute ta famille.
      Guillaume

  • François Dumont

    Bonjour Guillaume.
    Si le Paradis est immédiatement après la mort, et si Christ n’est pas descendu aux enfers au cours de ses trois jours, comment expliques tu dès lors le passage de Jean 20:17 « Ne me touchez point, car je ne suis pas encore remonté vers mon Père. Mais allez à mes frères, et dites-leur: Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu, et votre Dieu. »

    • Merci pour ton commentaire François.

      Tout d’abord, il faut noter que le verset que tu cites n’établit pas la descente aux enfers de Christ. Le point (2) rappelle simplement que, dès sa mort, Christ serait dans le paradis avec le brigand. Il y a eu plusieurs échanges dans les commentaires de l’article à ce sujet, notamment sur la relation entre le sein d’Abraham et le paradis. Je te laisse jeter un oeil à ce sujet, mais dans tous les cas je ne pense pas que tu puisses invoquer ce passage pour rejeter le deuxième point de cet article.
      Quant à l’interprétation de Jean 20:17, il faut avouer qu’il s’agit de l’un des versets les plus difficiles du Nouveau Testament. Même la traduction de première clause (« ne me touchez pas » dans ta version) est sujette à caution. Il existe également des difficultés syntaxiques, de sorte qu’établir la ponctuation dans notre belle langue est un exercice ardu.

      Si cela t’intéresse d’en savoir plus sur ce passage difficile, je te renvoie vers l’excellent commentaire de Don Carson sur Jean, qui présente les principales positions sur ce passage. J’adhère, en ce qui me concerne, à sa conclusion prudente.

      Bien à toi.
      Guillaume

  • Mario Lachance

    Bonjour Guillaume,
    lorsque Dieu a créé le ciel et la terre et qu’Il est écrit qu’Il l’a créé en six jours, combien de temps durait chaque jour selon les Saintes Écritures? Ce n’est pas une question piège, j’aimerais vraiment savoir ce que la Bible dit de cela. Je ne sais vraiment pas. Et cette durée de  »jour », aurait-elle pu être applicable à ce que le Seigneur dit au larron,  »Aujourd’hui, tu seras avec Moi. » ? Merci beaucoup pour ta réponse, cher frère.

  • Arnaud Dumouch

    Avis catholique :

    1- SA MORT RÉFUTE LA
    DOCTRINE DU SOMMEIL DE L’ÂME

    Vrai. Le bandit est VIVANT, le soir même, au
    paradis.

    2- SA MORT RÉFUTE LA
    DOCTRINE DE LA DESCENTE AUX ENFERS DE CHRIST

    Faux. Partout où le Christ est descendu, il a
    emporté avec lui le paradis. Car son Essence divine est le cœur vivant du
    paradis.

    3- SA MORT RÉFUTE LA
    DOCTRINE DE LA RÉGÉNÉRATION BAPTISMALE

    FAUX. Le bandit est régénéré non par le baptême d’eau
    mais par son cœur, ce qu’il donne : le baptême du pardon et le baptême de
    l’Esprit Saint.

    4- SA MORT RÉFUTE LA
    DOCTRINE DES OEUVRES MÉRITOIRES

    FAUX : Le bon larron est sauvé en répondant
    par de vrais œuvres intérieures et concrètes : ses actes de repentir, d’humilité,
    d’espérance.

    5- SA MORT RÉFUTE LA
    DOCTRINE DU PURGATOIRE

    FAUX : elle réfute juste que le bandit ait eu
    à faire un purgatoire après sa mort. Lui l’a fait entièrement avant sa mort,
    sur sa croix.

    6- SA MORT
    RÉFUTE LA DOCTRINE DES INDULGENCES

    Faux. Ce pauvre bandit aurait bien aimé pouvoir
    mourir avant. Il aurait bien voulu recevoir une indulgence dans son martyre. Et
    de fait, c’est arrivé : en lui cassant les jambes, les Romains ont hâté sa
    mort.

    Quant aux indulgences de Dieu dans le
    purgatoire après la mort, elles sont essentielles de la même façon. Si on
    devait payer POUR TOUS NOS PECHES, ce serait une horreur. Ainsi, le dieu
    miséricordieux fait mentir ce texte : Luc
    12, 58 Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, tâche, en
    chemin, d’en finir avec lui, de peur qu’il ne te traîne devant le juge, que le
    juge ne te livre à l’exécuteur, et que l’exécuteur ne te jette en prison. Je te
    le dis, tu ne sortiras pas de là que tu n’aies rendu même jusqu’au dernier sou. »

    • Etienne Omnès

      Salutations en Jésus le Christ! Je relève volontiers votre défi, et que l’Eternel dieu de paix préside à nos échanges 🙂

      1: Du sommeil de l’âme
      Etant donné que je n’ai pas étudié la question, permettez moi de la passer^^.

      2:De la descente aux enfers de Christ
      Donc, j’en déduis que sur sa Croix, c’était le Paradis? Je ne suis pas sûr de comprendre votre idée: si effectivement le Paradis est avant tout la présence de Dieu, ca veut dire aussi que lorsque Christ est en enfer, l’enfer est le paradis. Euh… Pour éviter cette absurdité, soit il faut renoncer à la divinité de Christ (inacceptable) soit dire que le Paradis n’est pas défini par la présence de Dieu (très perturbant) soit que Christ n’est pas allé en enfer.

      3:De la régénération baptismale
      L’article ne dit pas que l’on ne peut être baptisé que d’eau, mais que le baptême qui sauve (le baptême efficace en un sens) est le baptême du St Esprit (cad la régénération), qui n’a rien à voir avec le baptême d’eau. Ainsi, le brigand a eu un baptême du St Esprit mais de toute évidence n’a pas eu de baptême d’eau. Que dit l’Eglise Catholique de ceci? Le brigand qui n’a pas eu le baptême d’eau est-t-il au paradis ou en enfer?

      4: Des oeuvres méritoires
      De quels actes parlons nous? Le brigand était cloué au bois, exposé au soleil. Ses seuls actes consistent en une confession: « Celui-ci n’a rien fait de mal » et une prière « souviens toi de moi quand tu viendras dans ton règne. » Où sont les dévotions, les pénitences, les indulgences? Où sont les bonnes oeuvres? Le brigand est un magnifique exemple de salut par la foi seule…

      5: Du purgatoire
      Cet homme a passé sa vie à dérober, tuer et se rendre odieux aux yeux de tout le pays, si bien qu’il a été carrément crucifié, ce qui n’est pas une exécution légère. Pensez vous vraiment que quelques heures sur une croix suffisent à « purger » le péché? La Justice de Dieu serait-t-elle satisfaite par un petit procédé d’exécution humain?
      Par ailleurs, pourriez vous me dire les justifications bibliques du purgatoire?

      6:Des indulgences
      « Si on devait payer pour tous nos péchés »… mais c’est exactement ce qui est nécessaire! Dieu est parfaitement juste et la Justice parfaite ne peut pas accepter une seule offense non punie. Pour une offense infinie envers Dieu, combien d’indulgences faut-t-il? Qu’est ce que Dieu a à faire d’un papier monnayé? A-t-il donné à ses disciples le pouvoir de pardonner et leur a-t-il donné la consigne de le publier au cas où Dieu oublierait?

      La miséricorde de Dieu ce n’est pas de remettre arbitrairement une grande partie de nos offenses: c’est de châtier avec la plus grande sévérité… Celui qui n’aurait jamais dû être châtié, afin que la Justice de Dieu soit largement satisfaite et que nous restions tous en vie.

      Que faire pour profiter enfin du Salut et de la présence de Dieu? Accepter et confesser que Jésus-Christ nous as sauvé, et d’y croire. Tout rajout par dessus est inutile et vain.

      Que l’Eternel prenne soin de vous,

  • gs68100

    Bonjour Guillaume,
    – a revoir svp!!!

    • Que voulez-vous dire?

      • gs68100

        voyez le réponses de arnaud dumouch qui vous a corrigé! 1 seule erreur et non 6 cela fait une difference!

        • Etienne Omnès

          Dans ce cas, je vous renvoie à la réponse que j’ai fait à monsieur Dumouch, que j’ai posté pas moins d’un heure avant vous 🙂
          (je précise: je ne suis pas derrière le Bon Combat^^)

  • Hernando Thierry

    Donc Jésus serait monté au ciel (Paradis) avant de ressusciter ? Puis il serait revenu sur terre avant de retourner au Ciel ? Pourtant en Jean 20, 17Jésus lui dit [à Marie]: « Ne me touche pas; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Luther croyait au sommeil des morts. Je partage sa croyance. Elle est beaucoup plus cohérente, même si quelques rares passages semblent donner raison à l’immortalité de l’âme, doctrine à laquelle le brigand n’adhérait pas (voir plus haut).

    • Ednarim

      Bonjour Thierry!

      Je partage votre avis sur le sommeil des morts (voir mon récent commentaire), mais j’aimerai savoir qu’est-ce qui vous fait dire que le brigand n’adhérait pas à la doctrine de l’immortalité de l’âme?

      • Hernando Thierry

        Bonsoir Ednarim. Le brigand ne demande pas à Jésus « prends-mon âme aujourd’hui dans le Ciel. » Il demande (Luc 23 : 42) : « Jésus, souviens-toi de moi QUAND TU VIENDRAS dans ton Royaume. » Il est clair qu’il associe sa résurrection (et non la survie de son âme !) à la venue du Messie et au Jugement. L’Apocalypse fait de même. Toute la Bible parle de résurrection et non d’immortalité de l’âme (voir Platon).

        • Ednarim

          Effectivement, vous avez vu juste!!

  • Ednarim

    Bonjour à toute l’équipe de Le Bon Combat !

    J’aimerai rebondir sur la première partie de votre article à propos de la doctrine du sommeil de l’âme. Vous dites que cette position trouve son origine dans une compréhension littérale du verbe « dormir » lorsqu’il est appliqué aux morts. Certes, mais pas que ! Cette doctrine tire sa source aussi et notamment de l’Ancien Testament, qui défend largement le « sommeil de l’âme » ou plutôt de l’inconscience de la mort grâce à la notion de Shéol, qui peut être synonyme de « sépulcre » (Version Martin et Ostervald) ou encore un synonyme de l’ « état de mort ». On retrouve cette doctrine généralement dans des versets tel que :

    Ecclésiaste 9:5 Certainement les vivants savent qu’ils mourront, mais les morts ne savent rien, et ne gagnent plus rien; car leur mémoire est mise en oubli.

    Ecclésiaste 9:10 Tout ce que tu auras moyen de faire, fais-le selon ton pouvoir; car au sépulcre, où tu vas, il n’y a ni occupation, ni discours, ni science, ni sagesse.

    Psaumes 94:17 Si l’Éternel n’eût été mon secours, bientôt mon âme eût habité le lieu du silence.

    Psaumes 13:4 Éternel, mon Dieu, regarde, exauce-moi; éclaire mes yeux, de peur que je ne m’endorme du sommeil de la mort;

    Psaume 6:6 : Car dans la mort on ne se souvient point de toi; qui te célébrera dans le Sépulcre?

    Voilà comment les Hébreux décrivent la mort dans l’Ancien Testament par le biais du mot « Shéol »: le néant. Pas de Paradis, pas de « Sein d’Abraham », pas de Ciel (Psaumes 115:16-17).

    La question qui se pose donc c’est : Est-ce que le Nouveau Testament suit cette ligne, en décrivant la mort comme l’inconscience de la personne ?

    Comme vous l’avez déjà remarqué, Paul utilise lui aussi le champ lexical du sommeil pour parler de la mort, comme dans 1 Thessaloniciens 4:13-14, 1 Corinthiens 15:18 ou encore Actes 13:36 . Mais pas seulement Paul, Luc utilise aussi cette figure (Actes 7:60), et surtout le Christ lui-même (Jean 11:11). D’ailleurs, quand Jésus ressuscite Lazare, Il n’a pas vraiment l’air de le « tirer » du Paradis, ni de l’enfer, mais plutôt simplement de le réveiller, comme il l’a fait avec la petite fille du notable (Matthieu 9:25).

    C’est pourquoi je pense que cette notion de « l’ inconscience de la mort » se retrouve aussi dans le Nouveau Testament, elle est notamment mise au premier plan par la résurrection des morts. En effet, cette résurrection est l’espérance d’une vie nouvelle, d’une vie après la mort, l’accès au Paradis pour les chrétiens. Elle sera marqué notamment par le Jugement dernier, qui ne suit pas directement la mort du croyant, mais plutôt la résurrection générale (Apocalypse 20:12). Je suis donc logiquement en désaccord avec votre phrase « C’est au moment même de la mort que les hommes et les femmes sont confrontés au jugement de Dieu (Hébreux 9:27). ». Jésus lui-même quand il parle du Jugement est plutôt clair, ce n’est pas au moment même de la mort que les hommes seront jugés, mais ils seront tous réunis lors de cet événement et ressuscités (Matthieu 25:32). Le passage que vous citez de la lettre aux Hébreux vient quant à lui confirmer l’inconscience des morts : La personne ne se réveillera qu’à sa résurrection, c’est alors qu’aura lieu le Jugement.

    Pour en revenir au brigand sur la croix, c’est exactement le même principe qui s’applique, Jésus lui dit : Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. Il savait qu’aujourd’hui le brigand mourrait, et que, lors de sa résurrection, il sera juger digne d’entrer au Paradis avec lui.

    Mais pourquoi lui précise-t-il « aujourd’hui » ? Prenons un exemple simple: Lorsque nous éteignons une horloge en plein fonctionnement, les aiguilles s’arrêtent à l’heure où elles ont été stoppées, et quand nous la rallumons quelques temps plus tard, les aiguilles indiquent exactement l’heure à laquelle elles se sont précédemment arrêtées, comme si le temps ne s’était pas écoulé entre son arrêt et son rallumage. C’est exactement la même chose avec le brigand : à sa mort, le brigand cessera d’avoir la notion de temps, car il sera dans un état d’inconscience. A sa résurrection, il aura l’impression d’être au même jour que sa mort, comme s’il sortait d’un long sommeil, or beaucoup de temps se sera écoulé. Voilà le message du Christ et tout l’espoir qu’il a transmis au brigand dans la réponse à sa demande « Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne. ».

    C’est à la résurrection que les hommes auront leur récompense (Luc 14:14), c’était l’espérance de Paul (1 Corinthiens 15:32), et ça doit l’être pour tout chrétien.

    Comme vous le savez, cette vision de l’au-delà n’a rien de nouveau, elle était défendue par Martin Luther ou William Tyndall : « Et vous [Catholiques romains], en plaçant les âmes désincarnées au paradis, en enfer ou au purgatoire, détruisez les arguments utilisés par le Christ et Paul pour prouver la résurrection. La vraie foi accepte la résurrection, que nous devons attendre à chaque heure. En niant cela, les philosophes païens ont enseigné que les âmes immortelles continuent à vivre. Et le Pape a réuni la doctrine spirituelle du Christ et la doctrine charnelle du philosophe, deux pensées si contraires qu’elles ne peuvent s’accorder, tout comme l’esprit et la chair ne peuvent être associés dans l’homme chrétien. Et parce que le Pape ayant a accepté l’idée charnelle a consenti aux doctrines païennes, il a corrompu les Écritures pour l’imposer… et à nouveau, si les âmes allaient déjà au paradis, dites-moi pourquoi elles ne pourraient avoir la même destinée maintenant que les anges ? Et donc, pourquoi la nécessité de la résurrection ? » (An Answer to Sir Thomas More’s Dialogue, (Une réponse au Dialogue de Sir Thomas More) Book (Livre) 4, ch. 2, p. 180, 181).

    Désolé d’avoir été un peu long, mais je ne me voyais pas réfuter un de vos point sans donner une argumentation digne de ce nom, j’aurai encore des choses à rajouter, mais je pense avoir dit l’essentiel et été clair.

    Que Dieu vous bénisse !

  • Hernando Thierry

    Le brigand réfute la fausse doctrine de l’immortalité de l’âme : il ne demande pas à Jésus « prends-mon âme aujourd’hui dans le Ciel. » Il demande (Luc 23 : 42) : « Jésus, souviens-toi de moi QUAND TU VIENDRAS dans ton Royaume. » Il est clair qu’il associe sa résurrection (et non la survie de son âme !) à la venue du Messie et au Jugement. L’Apocalypse fait de même. Toute la Bible parle de résurrection et non d’immortalité de l’âme (voir Platon et son Phédon pour cette fausse doctrine, pas la Bible).

  • Jonathan Ranzieri

    J’ai une question ! 🙂 Comment interprétez-vous alors 1 Thessaloniciens 4 v :

    16
    Car le Seigneur lui-même, à un signal
    donné, à la voix d’un archange, et au son de la trompette de Dieu,
    descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement.
    17
    Ensuite, nous les vivants, qui serons restés,
    nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre
    du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le
    Seigneur.
    18
    Consolez-vous donc les uns les autres par ces paroles.

    Moi je crois que la notion de temps quand nous sommes mort n’existe plus, par conséquent, c’est comme si les morts se trouver directement au jugement dernier. Lors de l’enlèvement, les morts en christ ressusciterons pour vivre dans la gloire de Dieu puis ceux qui vivent, ainsi nous aurons tous ensemble nos récompenses. Puis, plus tard il y aura le jugement dernier avec tous ceux qui n’ont pas cru en lui qui seront jugés.

    Merci de m’éclairer 🙂 Après christ n’était pas encore ressuscité, peut-être que le verset en thessaloniciens ne concerne que l’après résurrection de Jésus, du coup le brigand aurais été sauvé à cause de sa foi, comme Abraham etc ?

    Je ne sais pas, merci à vous et soyez béni! 🙂

  • Pasteur Isé

    Je trouve qu’une grande partie de l’argumentation part de la certitude de la place de la virgule (qui n’existe pas en grec) : « Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » Autre possibilité ? : « en vérité je te le dis aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis » …non ?

    • Francine

      Le grec ancien n’a pas de virgule, mais il possède de fortes qualités de logique, c’est pourquoi il a été autrefois la langue des lettrés et des scientifiques.

      Le mot aujourd’hui (σήμερον) du verset 43, répond au mot quand (ὅταν) du verset 42, dans la demande du brigand : quand tu viendras dans ton règne, règne du Messie qui dans sa conception ne pouvait être que relativement éloigné. Un peu comme dans sa réponse à Marie, qui croyait devoir reporter la résurrection de son frère Lazarre à la fin des temps, Jésus apprend au brigand qu’il sera dans sa présence au paradis dans quelques heures seulement. Supprimez cette relation entre le σήμερον de Jésus et le ὅταν du brigand, et la logique de sa réponse disparaît, avec ou sans virgule.

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